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En Russie, la réforme des retraites franchit une nouvelle étape

Par Daniel Vallot

C’est un pas important qui a été franchi dans l’adoption de cette réforme controversée : la chambre basse du parlement russe, la Douma, a voté en seconde lecture, ce mercredi 27 septembre, le texte de loi prévoyant le relèvement de l’âge de la retraite. Et cela malgré la colère quasi unanime suscitée, au sein de la population russe, par cette réforme. Décryptage avec notre correspondant en Russie, Daniel Vallot.

Que prévoit la réforme en cours d’adoption ?

L’élément central est le relèvement de l’âge de départ à la retraite, qui passera de 55 à 60 ans pour les femmes, et de 60 à 65 ans pour les hommes. À l’origine, le texte prévoyait de faire passer l’âge de départ à la retraite pour les femmes à 63 ans, mais il a été revu à la baisse à la demande de Vladimir Poutine, le président russe. La réforme doit entrer en vigueur progressivement, à compter de 2019. Selon le gouvernement russe, les économies dégagées permettront de relever le niveau des retraites de 12 000 roubles par an, soit environ 150 euros (au cours actuel). Et de les augmenter à un niveau supérieur à celui de l’inflation.

En août dernier, Vladimir Poutine est intervenu pour défendre la réforme, mais aussi pour proposer plusieurs amendements, tous avalisés par la Douma. Parmi ces « assouplissements », la possibilité pour les mères de plus de trois enfants de partir en pré-retraite, le maintien d’une série de dérogations catégorielles, et des sanctions pénales pour les entreprises licenciant des employés approchant de l’âge de la retraite.

Comment expliquer l’impopularité de cette réforme ?

Premier élément d’explication : c’est la première fois depuis les années 1930 que les autorités s’emploient à relever l’âge de départ à la retraite, devenu une sorte de tabou hérité de l’époque soviétique. Les Russes y sont d’autant plus attachés que le niveau des retraites est très faible : 13 000 roubles, soit environ 165 euros, selon Rostat, l’institut fédéral russe de statistiques. Cette somme étant insuffisante pour subvenir à leurs besoins, les retraités continuent en réalité à travailler – et la retraite constitue de fait un complément de salaire.

Enfin, l’espérance de vie reste très basse en Russie, même si elle a considérablement augmenté depuis les années 1990. C’est en particulier le cas pour les hommes, dont l’espérance de vie n’est que de 67 ans. Les opposants à la réforme insistent sur ce point : un grand nombre d’hommes russes n’atteindront pas l’âge de la retraite, ou n’en profiteront que peu de temps, bien qu’ils aient cotisé durant toute leur vie active.

Quel est l’impact politique de cette réforme ?

D’abord une chute de Vladimir Poutine dans les sondages : la cote de popularité du président russe a dégringolé de quinze points au cours de l’été. Et la chute est d’autant plus brutale que les Russes ont eu le sentiment d’avoir été bernés à plus d’un titre. En 2005, Vladimir Poutine avait promis de ne pas toucher aux retraites « tant qu’il serait président » ; à aucun moment au cours de la campagne électorale présidentielle, en mars dernier, le candidat Poutine n’a évoqué le sujet… Enfin, l’argument financier avancé par le président russe pour justifier la réforme ne convainc pas, étant donné le très faible niveau de ces retraites.

Cette colère sociale inhabituelle en Russie s’est exprimée de plusieurs façons, notamment par des manifestations, et des pétitions demandant le retrait de la réforme. Elle s’est également manifestée par un rejet inédit, dans les urnes, de Russie Unie, le parti au pouvoir. Au point que celui-ci a été mis en difficulté dans quatre régions lors des scrutins locaux organisés cet automne.

Lors de son allocution télévisée en août dernier, Vladimir Poutine affirmait que l’augmentation de l’âge de départ à la retraite ne pouvait « être reporté davantage » sous peine de « menacer la stabilité du pays ». Le président russe semble donc décidé à aller au bout de la réforme, quel qu’en soit le prix politique.

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