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La Bulgarie va-t-elle suivre Orban?

Par Damian Vodénitcharov

Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, continue à diviser l’Europe. En Bulgarie, gouvernement et classe politique se sont scindés en deux et le Premier ministre Boïko Borissov, d’habitude très pro-européen, ne sait plus de quel côté se ranger, au point d’en devenir l’otage des Hongrois.

Tout a commencé lors du lancement de l’article 7 contre la Hongrie, le 12 septembre. La grande majorité des députés européens bulgares a alors soutenu Viktor Orban, ou du moins s’est abstenue de voter l’enclenchement de l’article 7. Une semaine plus tard, le débat est monté d’un cran au sein du gouvernement, composé d’un côté du parti pro-européen de centre droit GERB, du Premier ministre Boïko Borissov, et de trois partis nationalistes de l’autre. Les leaders nationalistes, qui occupent des postes de vice-premiers ministres, se sont fermement rangés derrière Orban et ont annoncé que le gouvernement tout entier suivrait leur décision. Borissov, lui, a été beaucoup moins éloquent sur le sujet.

D’un côté, son gouvernement et sa majorité parlementaire dépendent des nationalistes. De l’autre, Borissov a toujours prôné sa position pro-européenne et ses liens amicaux avec la chancelière allemande Angela Merkel. Pour semer encore plus de confusion, l’opposition du Parti socialiste s’est proclamée elle aussi contre les sanctions, tout en accusant le gouvernement de ne pas avoir de position claire. Le Premier ministre, lui, évite de parler du dossier Orban qui pourrait, finalement, le déstabiliser. Et lorsqu’il en parle, il se contredit et contredit ses partenaires politiques. Il dit ne pas être d’accord avec Orban sur la migration et le rôle de l’agence européenne Frontex, mais reste muet sur la liberté d’expression et le contrôle des médias. La Bulgarie est souvent critiquée à ce sujet. Le paradoxe est pourtant bien évident : un gouvernement pro-européen soutient bon gré, mal gré un eurosceptique.

La Bulgarie au rang des eurosceptiques ?

Pour le moment, Borissov évite cette prise de décision qui pourrait s’avérer lourde de conséquences pour la Bulgarie. Ses voient un parallèle, voire une ressemblance avec le régime de Viktor Orban. Ils vont même jusqu’à dire que le Premier ministre bulgare « admirerait » son homologue hongrois. Sofia pourrait alors être la suivante dans le collimateur de Bruxelles. Pour d’autres, c’est plutôt la déception qui se fait entendre.

Depuis plusieurs années, la Bulgarie fait office de bon élève européen, surtout sur le fond des tensions avec la Hongrie, la Pologne et le groupe de Visegrad. En échange, elle n’a pas reçu grand-chose : elle n’est pas encore membre de l’espace Schengen, sa candidature à la zone euro a été greffée de force au grand chantier européen d’union bancaire. En ce qui concerne la Bulgarie, ces deux projets vont donc main dans la main. Le pire, pour Sofia, c’est le maintien du mécanisme de coopération et de vérification, mis en place lors de son adhésion à l’UE en 2007. Onze ans plus tard, la Bulgarie est toujours soumise au contrôle européen de sa politique interne, de sa réforme judiciaire et de la lutte contre la corruption. L’idée de rejoindre le camp eurosceptique n’est donc peut-être pas rejetée par le gouvernement qui semble tendre l’oreille à l’heure de ses divisions européennes à tous les niveaux.

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