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Le cacao, un potentiel inexploité en RDC

Par Stanislas Ndayishimiye

Connue pour ses exportations de cobalt et de cuivre, ainsi que pour ses réserves d’autres minerais, la République démocratique du Congo est aussi un pays aux potentialités agricoles immenses, notamment pour le cacao. Mais il figure dans les profondeurs du classement des producteurs de l’or brun, qui est essentiellement cultivé dans l’Est du pays.

La Province du Nord-Kivu s’est mise à la cacao-culture il y a une vingtaine d’années. Une partie de sa production est exportée vers l’Europe par la COPAK, la Compagnie des produits agricoles du Kivu. Le tonnage ne cesse d’augmenter, explique Dimitri Moreels, responsable de la COPAK. « C’est une culture pérenne qui a été très appréciée par les producteurs locaux et aujourd’hui, la production et l’exportation augmentent de manière significative. En termes de chiffres, nous allons probablement arriver cette année à 20 000 tonnes d’exportation cacaoyère, ce qui en fait le produit le plus important dans la région. ». 20 000 tonnes contre une production de 5 000 tonnes, il y a 5 ans.

La production agricole victime de l’insécurité

Mais l’insécurité de ces dernières années dans l'Est du pays empêche les gens d’aller dans leurs plantations, selon cette productrice, qui veut rester anonyme. « Actuellement j’exploite juste 2 hectares, par rapport à la sécurité. En tout, j’en avais 8, mais 6 autres hectares se trouvent dans des contrées qui ne sont pas accessibles pour le moment. Je produis 12 tonnes par an sur les 2 hectares que j’exploite actuellement. ».

Cette femme n’est pas la seule dans ce cas, d’autres exploitations de cacao ont été abandonnées à cause de l’insécurité. Et pour les fèves récoltées, la petite production congolaise commence à se faire de la place sur le marché international, selon Dimitri Moreels. « Notre produit commence de plus en plus à être apprécié par l’industrie cacaoyère. On est une nouvelle origine, donc on n’est pas encore très connu, mais on essaye de se faire connaître sur le marché international et ça semble réussir. C’est dû entre autres à la qualité qui est produite. »

Des privés se lancent dans la transformation des fèves

En attendant que la République démocratique du Congo puisse entrer un jour dans le club des pays producteurs moyens de cacao, des initiatives privées commencent à naître pour une transformation locale. Le pionnier c’est Golf Cacao. Espoir Kyalé est chargé de commercialisation de cette unité qui a démarré ses activités en mai 2018. « Nous voulons transformer le cacao. Les avantages sont nombreux : ça va éradiquer le chômage, comme nous sommes encore au début, nous avons 10 employés ; et puis cela va aussi hausser l’économie du pays. » L’unité de transformation Golf Cacao, qui propose localement de la poudre et du beurre de cacao, a été montée sur place, précise Espoir Kyalé. « On a fabriqué des machines ici même à Goma. »

Pour le moment au Congo-Kinshasa, les décideurs publics négligent encore la filière cacao.

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