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Les banques centrales peuvent-elles encore sauver l’économie?

Par Dominique Baillard

Après la débâcle de 2008, les gouverneurs des banques centrales ont joué les pompiers sur les marchés financiers. Dix ans plus tard les grands argentiers sont-ils encore en mesure de tenir le gouvernail en cas de crise ?

Ces hommes dont la fonction impose le costume et le discours passe-murailles sont devenus avec la crise de véritables stars mondiales. En coordonnant leur action, puis en se lançant les uns après les autres dans la relance monétaire pour ressusciter le crédit, ils sont apparus comme les sauveurs de l’économie. Leur action est perçue comme plus déterminante que celle des gouvernants élus. Les marchés se sont mis à guetter leurs décisions, et à sur réagir à leur moindre déclaration, un peu comme les Grecs attendaient le message de l’oracle de Delphes pendant l’antiquité. Mario Draghi avec son mot devenu historique, « what ever it takes », en français : la BCE est prête à faire « tout ce qui est nécessaire » pour l’euro. Les marchés comprennent alors immédiatement que la BCE agira massivement pour protéger l’euro, sans limites de moyens.

En 2018 ont-ils toujours la même aura ?

Globalement ils sont toujours très respectés, mais leurs messages sont maintenant parfois brouillés. Aujourd’hui par exemple, on attend la décision de la banque centrale turque. Va-t-elle, oui ou non, relever ses taux d’intérêt pour protéger la lire turque et enrayer la crise ? Si elle le fait, à un niveau satisfaisant, les investisseurs seront rassurés. Elle aura enfin joué son rôle. Mais cela ne suffira pas à éteindre l’incendie parce que ce sont surtout les déclarations et les décisions du président Recep Erdogan qui ont propagé le feu et qui continuent à entretenir la défiance des investisseurs. Les politiques, et pas toujours pour le meilleur, ont repris l’ascendant sur les marchés financiers.

Les investisseurs ont un œil sur la réunion de la BCE à Francfort

Car la zone euro continue à vivre sous la haute protection de la BCE, puisqu’elle n’a pas encore mis fin à son programme de soutien monétaire. C’est prévu pour la fin de l’année, mais avec pas mal d’incertitudes encore sur le calendrier étant donné que plus rien ne fonctionne comme avant. La reprise semble déjà s’estomper et l’inflation qu’on espérait avec la reprise tarde à se manifester, et c’est le mandat de la BCE de surveiller, voire d’entretenir une saine évolution des prix. Difficile de prendre une décision, une bonne décision quand les indicateurs déraillent. Depuis la crise, quelque chose s’est cassé. Et Mario Draghi, comme tous les grands argentiers de la planète, a du mal à appréhender les nouveaux mécanismes issus de la crise.

C’est pareil aux Etats-Unis ?

Les Etats-Unis connaissent aujourd’hui une forte croissance, des marchés toujours haussiers, un dollar très fort. Un ciel a priori sans nuages. Mais le gouverneur de la Fed Jerome Powell regarde du « côté obscur » de cette prospérité. Et dans ce monde si changeant et si incertain, il explique qu’il a le plus grand mal à suivre ce qu’il appelle ses étoiles, c’est-à-dire la maitrise de l’inflation et du chômage, les deux objectifs fixés par son mandat. Car malgré cette bonne santé de l’économie américaine, les salaires augmentent moins vite que par le passé, et l’inflation n’est toujours pas au rendez-vous. Des énigmes que les économistes n’ont pas encore résolues. Faute de mode d’emploi, le gouverneur de la Fed a bien du mal à faire son métier.

Les pompiers de 2008 sont aujourd’hui dépassés. Pendant ce temps l’immense dette publique et privée qu’ils ont créée avec la relance monétaire vogue sur les marchés, elle pourrait alimenter la prochaine crise financière.

 

EN BREF

 

Les Etats-Unis à nouveau premier producteur mondial de pétrole. Un titre qu’ils ont brièvement détenu en 2015. Avec la production des six premiers mois de cette année 2018 les Etats-Unis dépassent à nouveau la Russie et l’Arabie Saoudite. Même si les Américains ont toujours besoin d’importer du pétrole pour, ce changement radical profite à l’économie et bouleverse l’approche américaine de la politique étrangère.

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