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Comment vendre la mode africaine hors du continent

Par Olivier Rogez

A Paris, la semaine dernière, les créateurs de mode et de prêt à porter étaient à l’honneur au salon Who’s next. Et parmi eux, les créateurs africains. Ils se professionnalisent de plus en plus pour répondre aux exigences du marché mondial. Pour les y aider, il existe des plates-formes de diffusion comme Lago54.

Les créateurs de mode en Afrique sont nombreux, mais les élus, ceux qui accèdent au marché mondial sont plus rares. Difficile de percer à l’international, où la concurrence est impitoyable et les règles complexes.

Emmanuelle Courrège, une jeune française qui a grandi en Afrique, a créé Lago54, une plate-forme de diffusion de marques africaines. « Je les représente donc j’ai un rôle d’agent commercial avec eux », explique Emmanuelle Courrège. « J’ai des exclusivités françaises avec l’ensemble des créateurs, et puis pendant la période des salons, puisque c’est une audience internationale, il y a trente-cinq mille visiteurs et acheteurs du monde entier, j’ai fait des contrats avec une exclusivité internationale pour quatre mois environ », dit-elle.

Sélection rigoureuse

Une vingtaine de marques sont diffusées par Lago54, elles sont rigoureusement sélectionnées, non seulement sur leur produit, mais aussi pour leur capacité à honorer leurs engagements.

Emmanuelle Courrège est claire : « J’ai acheté tout ce qu’il y a sur mon site, donc j’ai pu tester la performance de ces marques, en termes de standards internationaux, respect des délais de production, respect du transport… Le fait de mettre des étiquettes, ou d’empaqueter correctement les produits, » certifie-t-elle. « Parce que je prends la responsabilité de présenter ces produits aux Galeries Lafayette, aux magasins du monde entier, aux plus belles boutiques de Paris, et je ne peux pas me permettre de me retrouver face à des difficultés »

Une opportunité de se faire connaitre en France

L’Ivoirienne Loza Maleombo est styliste et artiste, ses vêtements haute-couture sont disponibles à Abidjan, et elle voudrait percer en France. Lago54 lui en offre l’opportunité, elle réfléchit donc à développer sa production. « Tout dépendra de la demande bien sûr, pour l’instant nous sommes encore en artisanat », déclare Loza Maleombo. « J’ai un tout petit atelier, avec entre trois et six personnes qui travaillent pour les grosses commandes. Sinon, il existe des ateliers disponibles en Éthiopie ou au Kenya que je pourrais visiter pour répondre à la demande. »

Lago54 s’adresse à des créateurs haut de gamme. Ici tout n’est que luxe et beauté… la philosophie est aussi de démontrer que l’industrie du luxe est une réalité africaine.  

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