rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
  • Commerce: Washington lance de fausses accusations pour «intimider» les autres (Chine)
  • Maldives: le gouvernement indique reconnaître la victoire de l'opposition à la présidentielle (officiel)
  • Russie: l'opposant Alexeï Navalny a été de nouveau arrêté dès sa sortie de prison (porte-parole)
  • Internet: le moteur de recherche Google, né en septembre 1998, célèbre ses vingt d'ans d'activité
  • Pétrole: l'Opep et ses partenaires interviendront pour éviter la pénurie sur le marché s'ils le jugent opportun, dit l'Arabie saoudite
  • Australie: les travaux ont commencé sur le chantier du deuxième aéroport de Sydney, qui doit être livré en 2026
  • Hong Kong interdit un parti indépendantiste, le Parti national (HKNP), une première depuis 1997
  • Birmanie-Rohingyas: pour le chef de l'armée birmane, l'ONU «n'a pas le droit d'interférer»
  • Guerre commerciale Washington-Pékin: entrée en vigueur des taxes américaines sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises
Bonjour l'Europe
rss itunes deezer

Allemagne: l'extrême droite surfe sur le discours anti-migrants

Par Pascal Thibaut

L'histoire ou plutôt l'actualité bégaierait-elle ? C'est un peu le sentiment qu'on peut avoir en Allemagne depuis hier dimanche. Deux semaines après la mort à l'arme blanche d'un jeune Allemand à Chemnitz qui a donné lieu à l'interpellation de deux réfugiés et à une importante mobilisation anti-migrants et d'extrême-droite, un nouveau drame similaire s'est produit ce week-end. Que s'est-il passé dans cette petite ville de Saxe-Anhalt et quelles ont été les réactions depuis? Comment expliquer cette mobilisation rapide et les soubresauts politiques qu'elle provoque? Eclairages de notre correspondant en Allemagne. Des drames qui ont un ancrage local mais ont aussi des conséquences politiques au niveau national.

de notre correspondant à Berlin,

Samedi soir, une altercation a opposé des Afghans à deux Allemands. Les premiers se querellaient déjà -d’après les informations dont nous disposons- sur le fait de savoir qui était le père d’une compatriote enceinte. Les deux Allemands, deux frères se sont approchés. L’un d’eux a été blessé et n’a pas survécu à ses blessures. On a appris depuis qu’il était mort d’un arrêt cardiaque.

Des mandats d’arrêt ont été prononcés contre les deux Afghans. L’un d’eux dispose d’un titre de séjour. Le second devait être expulsé mais une procédure judiciaire est en cours contre lui pour coups et blessures. Le frère de la victime est un sympathisant néo-nazi connu. Les faits, encore obscurs, doivent être précisés lors d'une conférence de presse ce lundi.

Plusieurs milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Chemnitz dans l'est de l'Allemagne samedi après-midi. REUTERS/Hannibal Hanschke

Sur les réseaux sociaux, l’extrême-droite a rapidement mobilisé comme à Chemnitz il y a deux semaines appelant à une manifestation dès dimanche soir. Quelque 2500 personnes y ont participé. On y a entendu des slogans comme « libre social et national », des attaques contre les médias, contre Angela Merkel et la criminalité des migrants qui mèneraient « une guerre raciale contre le peuple allemand ». 

Comment expliquer cette mobilisation rapide et les soubresauts politiques qu'elle provoque?

Depuis des mois, les groupuscules d’extrême-droite, néo-nazis, comme l’Alternative pour l’Allemagne, le premier parti d’opposition au Parlement, mobilisent sans cesse contre les migrants dès que des drames comme à Chemnitz ou à Köthen ont lieu. Cette caisse de résonance est très active. Des analyses montrent qu’ils dominent les réseaux sociaux. Pour ces milieux, l’accueil de nombreux migrants par l’Allemagne il y a trois ans cristallise les passions. Angela Merkel est dénoncée comme la coupable numéro un, accusée d’avoir trahi la patrie.

Plus largement, les manifestants comme les électeurs toujours plus nombreux de l’Alternative pour l’Allemagne, se sentent exclus du système, pas représentés par la classe politique. Ils dénoncent une presse mensongère qui ne dit pas la vérité. Certains appellent à une révolution, à un changement de système. L’AfD profite de cette situation. Un sondage de vendredi dernier montrait que le parti d’extrême-droite arriverait en tête dans la partie Est de l’Allemagne avec 27% des voix contre 23% pour la CDU d’Angela Merkel. Or on vote l’an prochain dans trois régions de l’ex-RDA dont celles où se trouvent Chemnitz et Köthen.

à (ré)écouter: L'AfD, symbole de la fracture allemande

Rassemblement sur les lieux de la mort d'un Allemand de 35 ans à Chemnitz, le 27 août 2018. Andreas Seidel / dpa / AFP

Des drames qui ont un ancrage local mais aussi des conséquences politiques au niveau national

Il y a de nombreux débats dans la classe politique et des polémiques. Si tout le monde condamne ce qui s’est passé à Chemnitz à commencer par les débordements xénophobes, il y a d’abord des réactions et des interprétations différentes.

Faut-il voir dans tous les manifestants des néo-nazis hostiles à la démocratie ou différencier entre les plus radicaux et des citoyens inquiets auxquels la classe politique devrait livrer des réponses ? Dans une déclaration de politique générale la semaine dernière, le chef de gouvernement de la Saxe, un chrétien-démocrate avait refusé de parler de chasses à l’homme à Chemnitz contredisant la chancelière Merkel et des vidéos diffusés sur les réseaux sociaux montrant des migrants pourchassés dans les rues de la ville.

Le patron des renseignements généraux a publiquement mis en doute la véracité de ces vidéos. A gauche, ils sont de plus en plus nombreux à réclamer son départ, dénonçant sa compréhension trop généreuse à l’égard des manifestants. Et le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, patron des chrétiens sociaux bavarois a qualifié l’immigration de « mère de tous les dangers » provoquant un tollé. Ces bisbilles au sein même de la grande coalition à Berlin montrent bien comment les esprits sont échauffés. Mais ces polémiques ne contribuent évidemment pas à renforcer la crédibilité du gouvernement pour donner une réponse claire à de graves événements.

Suisse: les citoyens appelés à s'exprimer sur trois sujets liés à l'environnement

Référendum sur le nom en Macédoine: James Mattis craint une ingérence russe

Italie: Steve Bannon s’appuie sur l’église et Salvini pour conquérir l’Europe

Prisons au Royaume-Uni: les surveillants alertent sur la violence carcérale

La foire de Thessalonique, symbole du rapprochement entre Athènes et Washington

Royaume-Uni: recrutement autorisé pour les saisonniers hors UE dans l'horticulture

Ukraine-Russie: le premier investisseur étranger en Ukraine est… la Russie