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Italie: remise à plat annoncée des concessions de l'Etat au privé

Par Anne Tréca

En Italie le gouvernement veut revoir entièrement le système de concessions données par l’Etat à des sociétés privées. Infrastructures, eau, audiovisuel, l’exécutif n’exclut aucun secteur. Les accords passés par les gouvernements précédents seront éventuellement renégociés ou annulés. C’est l’annonce faite cette semaine par Luigi Di Maio, le ministre des Infrastructures et vice Premier ministre.

de notre correspondante à Rome,

Au lendemain de l’effondrement du pont de Gênes, à la mi-août, Di Maio a tout de suite mis en cause la société exploitant l’autoroute qui passait sur le pont, une filiale du groupe Benetton. Il avait déjà dit que tous les accords de concessions autoroutières seraient revus et a depuis lancé une procédure de révocation de la concession de Autostrade per l’Italia. Sans attendre les résultats de l’enquête sur les causes exactes de la catastrophe de Gênes.

A Gênes, les sauveteurs évoluent au milieu d'un chaos de béton brisé. REUTERS/Massimo Pinca

Car Luigi Di Maio est aussi le chef du Mouvement 5 Étoiles, et la reprise en main par l’Etat des grands services au public est un engagement électoral majeur de son parti. Pour les 5 Etoiles le secteur privé ne doit pas enrichir des actionnaires en exploitant les biens publics. Ils veulent aussi renationaliser la distribution de l’eau et réviser les autorisations passés par l’Etat avec les sociétés de télécommunications et de l’audiovisuel. Un secteur qui fait la fortune de Berlusconi, leur ennemi juré.

à (re)lire: «Non-parti», «anti-système»: qu’est-ce que le mouvement 5 Etoiles?

Un énorme chantier

Des dizaines et des dizaines d’accords public-privé seraient remis en cause, de quoi sans doute occuper toute une législature. La coalition en place doit aussi comprendre les procédures à suivre. La révocation sans décision de justice de la concession à Autostrade per l’Italia est, par exemple, contraire à toutes les normes qui encadrent ce genre de contrat.

Il faudra aussi comptabiliser les indemnités à verser aux concessionnaires évincés. Même l’Etat - s’il revient sur la parole donnée - doit indemniser la partie lésée. Des milliards d’euros seront en jeu ! Personne ne sait combien d’ailleurs. Di Maio s’attaque ici à un chapitre particulièrement complexe de son programme de gouvernement.

Les mesures phares renvoyées à plus tard...

S’il fallait résumer ces trois mois avec la nouvelle équipe on dirait: beaucoup d’annonces, beaucoup de formules percutantes, des intentions -bonnes ou mauvaises, c’est une question de sensibilité- mais pas beaucoup de préparation et donc aussi de mauvaises surprises. Comme si ensuite ils étaient rattrapés par la réalité, Di Maio pour les 5 Etoiles et Matteo Salvini pour la Ligue ont ainsi préféré renvoyer des mesures-phares promises à leurs électeurs...

Parce que l’Italie est couverte de dettes et que la croissance y est toujours en panne, le gouvernement a finalement décidé de différer: baisse de l’impôt à un taux unique, création d’un revenu universel et ils vient de renoncer à la transformation en espaces verts du plus grand pôle sidérurgique du pays…

« La révision des concessions se fera au cas par cas », a précisé Di Maio. On a l’impression que c’est aussi une manière de se donner une marge de manœuvre et surtout du temps.

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