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Ukraine-Russie: le premier investisseur étranger en Ukraine est… la Russie

Par Sébastien Gobert

L’office ukrainien des statistiques vient de rendre compte du niveau des investissements étrangers dans le pays sur les six premiers mois de l’année 2018. Et c’est la Fédération de Russie qui est le premier pays investisseur en Ukraine. C’est une surprise, compte tenu du climat de conflit qui perdure entre les deux pays depuis 2014.

de notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert

La Russie, première source d’investissements étrangers en Ukraine, cela veut-il dire qu’elle a beaucoup investi?

Selon le service d’État des statistiques, les investissements russes représentent plus de 436 millions de dollars [sur un total de 1,3 milliard de dollars investis entre janvier et juin], soit environ 34,6% du montant total des investissements directs étrangers. A titre de comparaison, les investissements français se chiffrent à un «petit» 47 millions de dollars.

C’est un volume impressionnant, d’autant que le second investisseur étranger, c’est Chypre, pays membre de l’Union européenne et connu pour être un paradis fiscal et une plateforme pour les comptes offshore. On considère souvent que ce sont des oligarques ukrainiens ou russes qui utilisent ces offshores. Donc la Russie serait la première, et la deuxième source d’investissements étrangers dans ce classement.

Les Russes investissent dans la banque et l’assurance, la distribution et la vente, l’industrie et les nouvelles technologies. Et tout cela, malgré les sanctions.

Russie et Ukraine se sanctionnent pourtant mutuellement

Pourtant, en raison du contexte d’affrontements entre les deux pays, les deux pays se sont mutuellement imposés des embargos commerciaux, économiques, financiers, depuis 2014, l’annexion illégale de la Crimée et le début de la guerre dans l’est du pays. Malgré cela, la Russie reste un des premiers partenaires commerciaux de l’Ukraine, si ce n’est le premier.

Ces relations résistent aux tensions géopolitiques, et à la rhétorique très va-t-en-guerre des deux pays. Les Ukrainiens en particulier dénoncent une agression de la Russie, et multiplient les annonces de rupture avec Moscou: dernièrement, le président a annoncé vouloir déchirer le Traité d’amitié et de coopération et interrompre la liaison ferroviaire entre Kiev et Moscou. Les services de sécurité ukrainiens ont interdit de séjour des personnalités politiques russes, des journalistes, des chanteurs, des artistes… Mais visiblement, l’argent venu de Russie sous la forme d’investissements lui n’a pas l’air de poser problème.

Cette proximité économique et financière ne serait-elle pas une base pour une éventuelle réconciliation?

C’est difficile à dire. Il semble plutôt que ces deux questions évoluent en parallèle, sans avoir beaucoup d’impact l’une sur l’autre. Le conflit géopolitique est loin d’être résolu. La Russie ne donne aucun signe de rendre la Crimée. Et dans l’Est en guerre, les tensions redoublent après l’assassinat non-revendiqué du chef de la République séparatiste auto-proclamée de Donetsk. Celui-ci est mort vendredi dernier dans l’explosion d’une bombe dans un café. Moscou accuse Kiev, Kiev accuse Moscou et sur la ligne de front, les affrontements continuent.

Dans ce contexte, vu de Kiev, rien ne devrait s’arranger dans les prochains mois. En tout cas pas avant l’élection présidentielle de mars prochain.

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