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Le droit d'auteur européen contre les GAFA

Par Claire Fages

Le texte d'une directive est entre les mains des parlementaires européens et il fait l'objet d'une véritable bataille entre les géants du net et les fournisseurs de contenu, en particulier les médias. Des médias européens dont les journalistes sont montés au créneau cette semaine. Dans une tribune, ils demandent aux députés européens de contraindre Google et Facebook à contribuer au financement de la presse. Il en va selon eux, de la survie du journalisme.

C'est un appel désespéré du grand reporter de l'Agence France Presse (AFP) Sammy Ketz, cosigné par plusieurs dizaines de journalistes renommés des 27 pays de l'Union européenne. « Les médias qui produisent les contenus et qui envoient leurs journalistes risquer leur vie pour assurer une information fiable, pluraliste et complète, pour un coût de plus en plus élevé, écrit-il, ne sont pas ceux qui en tirent les bénéfices. Ce sont des plateformes, qui se servent sans payer. Facebook et Google n’emploient aucun journaliste et ne produisent aucun contenu éditorial, poursuit-il, mais ils se rémunèrent par la publicité associée au contenu que les journalistes produisent.» Pendant ce temps décrit-il, « Faute d’argent, on licencie les journalistes au point d’arriver parfois à la caricature : un journal sans journalistes ou presque. » Alors que la lutte contre la désinformation est devenue une priorité, la tribune fait mouche.

Les GAFA accusés de faire mourir la presse

On assiste à un basculement du marché de la pub. Rien qu'en France, depuis l'an 2000, les médias, presse, TV et radio, ont perdu près de la moitié de leurs revenus, ils ne pèsent plus que 10 % du marché publicitaire français quand les plateformes internet, principalement Google et Facebook, sont passées de zéro à 35 % selon le cabinet d'étude Bearing Point. Déséquilibre encore plus criant sur mobile, le support le plus consulté désormais : seuls 8 % des revenus publicitaires vont aux médias, 92 % vont à Google et Facebook. Un écart plus marqué en Europe qu'aux Etats-Unis paradoxalement, alors qu'il s'agit de géants américains du web. « Les journaux sont passés avec succès du papier au numérique, mais ils n'auraient jamais imaginé être privés de ressources publicitaires », nous confiait le directeur général du Figaro Marc Feuillée.

Alors ils tentent de remonter la pente en se regroupant. Le Figaro justement, s'est allié avec son concurrent du soir, Le Monde pour former une plateforme Skyline. De leur côté, Les Echos se sont rapprochés de Lagardère Active et du groupe télévisuel M6 dans Alliance Gravity, pour mutualiser l'achat d'espaces publicitaires et centraliser les données personnelles sociodémographiques, ou de géolocalisation, des lecteurs, pour les communiquer aux annonceurs.

Le plus grand espoir des médias : l'élargissement du droit d'auteur européen

L'article 13 prévoyait d'inciter les GAFA à mieux rétribuer les créateurs de contenu. L'article 11 créait aussi une extension du droit d'auteur, un « droit voisin », au profit de l'éditeur de presse : ce droit voisin aurait entraîné l'obligation de lui verser une rémunération en cas de republication en ligne. Pour barrer la route à cette directive les lobbies des GAFA n'ont pas ménagé leurs financements et ils se sont alliés aux libertaires du net pour persuader les députés qu'il s'agissait d'une entrave au partage de la connaissance sur le web. Certains parlementaires européens favorables au texte auraient, lit-on sur le site de la députée Virginie Rozière, reçu des menaces de mort.

Climat tendu pour la réécriture de la directive repassant au vote le 12 septembre

Le directeur général du Figaro, Marc Feuillée, nous confiait que « le pire serait que l'on vote quelque chose de dénaturé ». Par exemple que l'on exclue du champ de la loi les « featured snippets » de Google, des paragraphes entiers extraits de page web et qui apparaissent de plus en plus en guise de première réponse, sur l'écran d'un téléphone ça peut suffire à l'internaute sans qu'il ait besoin d'aller sur le site qui a créé le contenu. « Si (au niveau européen) le projet est rejeté, poursuit le patron de presse, nous n'abandonnerons pas, nous demanderons au Parlement français de voter un disposition dans le droit français ».

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