rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
Aujourd'hui l'économie
rss itunes deezer

France: le gouvernement dénouera-t-il le casse-tête du budget?

Par Aabla Jounaïdi

En France, le gouvernement fait sa rentrée ce mercredi 22 août 2018 avec le Conseil des ministres à l'Elysée. Un programme chargé et ambitieux pour cette rentrée : loi Pacte sur les petites et moyennes entreprises, plan pauvreté, réforme de l'assurance chômage et des retraites... Mais avant cela, il va falloir procéder aux derniers arbitrages sur le budget de l'année 2019. Cette année, l'exercice s'avère particulièrement périlleux.

Ces derniers mois, les principaux ministères concernés, à commencer par celui de l'économie et du budget, ont planché sur cette équation qui a tout du casse-tête. D'abord à cause du contexte économique, beaucoup moins favorable que l'an dernier. Cette année, le gouvernement anticipait une croissance de 2%. Elle a finalement atteint poussivement 1,6%.

Dans le même temps, l'Etat s'est privé de ressources importantes

La réduction de l'impôt sur les sociétés entrée en vigueur cette année, 11 milliards d’euros en moins dans les caisses de l'Etat d’ici 2022. La fin du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, le CICE, qui sera transformé l'an prochain en une baisse des cotisations patronales : ça représente 20 milliards d’euros en moins pour la Sécurité sociale. L'Etat devra trouver un moyen de compenser ces 20 milliards.

Pareil pour le remplacement de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par un impôt sur la fortune immobilière. C’est 3 milliards d'euros en moins pour les recettes. Or, dans le même temps, l'Etat est toujours tenu par ses engagements européens de redresser ses comptes : rester sous un déficit de 3% du PIB, idéalement le ramener à 2,3% en 2019.

Où l'Etat compte-t-il trouver l'argent ?

Le plus probable : à travers des suppressions de postes de fonctionnaires. Dans son programme électoral, Emmanuel Macron a inscrit l'objectif de 50 000 postes en moins lors de son quinquennat dans le périmètre de l'Etat. Dans le cadre de sa réforme, l'Etat français envisage des restructurations qui impliqueront forcément moins de moyens humains.

Des ministères seront épargnés, des « hausses franches » de crédits sont même prévues pour l'éducation, la transition écologique, la justice, ainsi que la sécurité et la défense. En tout, 80 milliards d'euros d'économies doivent être réalisés. Aujourd'hui, Le Monde croit savoir qu'il s'agirait de 10 000 postes de fonctionnaires en moins. Chiffres démentis par le budget.

Plus d'efforts pour l'Etat, mais aussi pour les collectivités locales

Les « coupes franches » promises devraient concerner cette année encore les « parcours emploi compétences », le nouveau nom des fameux « contrats aidés ». Tout a été fait pour décourager cette année le recours à ces emplois qui depuis le quinquennat Hollande permettaient à de nombreuses collectivités de fonctionner.

Mais le gouvernement les considère inefficaces en matière d'insertion professionnelle et donc, il devrait tailler à nouveau dans ce budget-là. De quoi décourager un peu plus les maires, déjà victimes des baisses de leurs dotations depuis cette année et d'une perte de marges de manœuvre via l'exonération prévue l'an prochain d'une ressource importante, la taxe d'habitation.

La question des réformes sociales qui tardent à se concrétiser

On a parlé tout à l'heure des réformes en faveur des entreprises qui lui ont valu le sobriquet de « président des riches ». Le président de la République est attendu sur le volet social et les promesses comme l'augmentation de l’allocation aux adultes handicapés ou la prime d’activité.

Restaurer l'image d'un Etat providence. Ce sera l'enjeu du plan pauvreté. Sa présentation a été reportée à la mi-septembre et il prévoit de ne plus simplement distribuer les aides, mais d'améliorer aussi l'accompagnement vers les droits sociaux et surtout vers le travail. Suivront le plan de réforme de l'hôpital et celui de l'indemnisation chômage. Les délicates réformes des aides au logement et des retraites prendront encore plus de temps.

Le gouvernement veut en revanche dévoiler au plus vite sa Loi Pacte sur les entreprises. Elle doit inciter les patrons de PME à redistribuer les profits aux salariés sous forme de participation ou d'une prime d'intéressement qui dépendraient des résultats de l'entreprise. Ce qui permettrait d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés.

Les arbitrages sont rendus ce mercredi, mais les conclusions seront dévoilées fin août par le Premier ministre Edouard Philippe. On saura alors si le gouvernement réussit dans un contexte économique moins favorable à contenir la dépense publique pour respecter ses engagements européens tout en se donnant les moyens d'une politique sociale enfin visible aux yeux des Français.

Retrouvez la revue de presse française : La France en panne de croissance

Compétitivité: du retard à l’allumage pour la révolution industrielle selon le forum de Davos

L’économie saoudienne ébranlée par la disparition suspecte de Jamal Khashoggi

Pourquoi l’Europe est incapable de lutter contre le blanchiment d’argent sale