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Une sortie des plans d’aide en demi-teinte pour la Grèce

Par Charlotte Stiévenard

Il y a trois ans, le gouvernement d’Alexis Tsipras signait le troisième et dernier mémorandum. C’est ce lundi 20 août le dernier jour des plans d’aide de la « troïka » Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI pour la Grèce.

De notre correspondante à Athènes,

La Grèce devrait désormais pouvoir se passer de la tutelle de ses créanciers, l’Union européenne et le Fond monétaire international. Ceux que l’on a appelé d’abord « la troïka », puis « les institutions ». Pendant huit ans, ils ont versé en tout plus de 373 milliards d’Euros. L’objectif ? Permettre à Athènes de continuer à rembourser ses emprunts, donc éviter la faillite d’un pays membre de la zone euro. En échange, la Grèce a appliqué des centaines de réformes, pour beaucoup marquées par l’austérité, avec pour objectif de redresser les finances du pays.

L'objectif est-il atteint ?

Selon Klaus Regling, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité, c’est le cas. Dans un communiqué publié début août, il a déclaré que « l’engagement et le travail acharné du peuple grec portent aujourd’hui leurs fruits ». Depuis l’année dernière, l’Etat grec est en excédent budgétaire, c’est à dire qu’il gagne plus que ce qu’il dépense et la croissance est revenue.

Donc désormais, la Grèce devrait pouvoir s’en sortir seule, en empruntant sur les marchés pour se financer et non plus à ses partenaires européens

C’est le pari du Premier ministre grec Alexis Tsipras. En 2012, le pays n’en était absolument pas capable, avec un taux de rendement de ses obligations d’Etat à dix ans huit fois supérieur à aujourd’hui. Aujourd’hui, il a beaucoup baissé et surtout, le gouvernement grec a obtenu un accord sur son énorme dette de 300 milliards d’euros qui devrait rassurer les marchés. Ses créanciers européens lui ont permis d’étaler les remboursements jusqu’en 2069, ce qui lui permettra de souffler un peu.

Mais la Grèce va-t-elle vraiment tourner une nouvelle page ?

La réalité est plus nuancée. L’accès aux marchés n’est pas acquis et Athènes ne sera pas vraiment indépendant. La Grèce devrait continuer à bénéficier d’une sorte de matelas de sécurité de 24 milliards d’euros à utiliser en cas de coup dur. De plus, elle continuera d’être surveillée de près par ses créanciers. Et elle s’est aussi engagée à réaliser de nouvelles économies, à hauteur de 2% de son produit intérieur brut l’année prochaine et l’année suivante, avec de nouvelles coupes dans les retraites en vue.

Les Grecs n’en ont donc pas fini avec l’austérité

C’est une des raisons pour lesquelles ils sont loin de fêter cette sortie des mémorandums, tant attendue pourtant. Le quotidien en Grèce reste très difficile. Le système de santé a beaucoup souffert de l’austérité. Les coupes dans les retraites et les salaires font qu’au moins un tiers de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Et de 2010 à 2018, selon les chiffres de la Commission européenne, le chômage a plus que doublé avec un pic à 28% en 2013. Il touche encore aujourd’hui toujours une personne sur cinq. Et ceux qui ont un emploi sont souvent sous payés. C’est le cas notamment dans le secteur du tourisme, pourtant souvent présenté comme le moteur économique du pays.

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