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Reportage International
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Le travail des enfants

Par Sonia Ghezali

Un quart des enfants afghans âgés de 5 à 14 ans travaillent pour aider leur famille en Afghanistan. La guerre qui fait rage dans le pays depuis 4 décennies, la crise économique qui l’accompagne, a plongé des milliers de famille dans la misère et transformer les enfants en soutien de famille. Aucune exception dans le pays, dans les villes et les zones rurales, dans tous les secteurs, les enfants travaillent, même si cela est interdit par la loi afghane. Des travaux rémunèrent ou pas.

Bahmina accroupie au bord de la route, ramasse des mottes de tourbe qu’elle entasse dans un grand saladier en aluminium. Elle tapote l‘ensemble pour l’égaliser. Elle a 7 ans.

« Nous sommes pauvres, nous vivons dans une tente. Je viens ici, mais le patron de l’usine ne veut pas que l’on récolte ses pétales de roses abimées. Moi je rapporte ça à la maison pour qu’on fasse du feu avec. »

Avec sa petite sœur Nooria et son petit frère Zoubir âgés de 4 et 3 ans, Bahmina vient chaque jour devant une distillerie d’eau rose de Jalalabad, pour en récupérer les pétales qui ressortent par un canal d’évacuation. Elle y plonge les mains et en récupère les pétales qui ont perdu leur couleur.

« Je fais ça depuis longtemps. Avant j’allais à l’école, mais mes deux petites sœurs sont nées et ma merde m’a dit de rester à la maison et de m’occuper d’elles. Après elle m’a dit de venir et de rapporter ça. »

La tourbe une fois sèche sert de combustible pour le foyer. La petite fille fait partie de ces milliers d’enfants qui travaillent de façon non rémunérée, mais qui aident leur famille au quotidien.

Dans les rues de Kaboul, les cireurs de chaussures, les vendeurs ambulants de légumes, de fruits secs, de sacs en plastique, de chewing-gum, et autres, sont souvent de très jeunes enfants, comme les rabatteurs de clients pour les taxis partagés.

Sur un trottoir, Mohammad 12 ans tient une charrette de bolanis, de crêpes fourrées salées

« Avant mon père était ouvrier dans une entreprise, mais elle a fait faillite et il a perdu son travail. Alors on a décidé de faire des bolanis et de les vendre ».

Il gagne 500 afghanis par jour, un peu moins de 8 euros et dit aller a l’école a 6h a 10h du matin puis venir ici derrière cette charrette sur laquelle il confectionne les crêpes traditionnelles avec ses deux petits frères de 8 et 10 ans.

Amran étale la pâte et la fourre de pomme de terre et de poireaux avant de la plier en deux et de la faire frire

« C’est dur, parce que quand on voit les enfants jouaient là, on a envie de les rejoindre, mais on tourne la tête et on se remet au travail. Je suis un adulte parce que je travaille. Enfin, je suis quand même un enfant. »

En 2010, l’Afghanistan a ratifié les deux principaux traités internationaux relatifs au travail des enfants. Malgré ces lois, il reste très répandu dans tous les secteurs y compris dans les industries les plus dangereuses.

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