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Pourquoi la cité flottante des libertariens godille entre rêve et réalité

Par Dominique Baillard

Coup de projecteur sur la nouvelle frontière qu'explore un groupe de libertariens américains via la société Blue Frontiers, la frontière bleu. Bleu parce qu'ils rêvent de fonder une cité marine, une île flottante. Au dessus-de la mer et surtout au-dessus de la loi des Etats.

Au départ c'est un projet écolo : ses concepteurs imaginent un nouvel habitat pour faire face à la montée des eaux. D'où l'idée d'île flottante portée depuis dix ans par l'institut californien Seasteading. Ces îles ont vocation à voguer dans les eaux internationales, parce que l'autre versant de cette utopie, c'est de se passer de l'Etat. Une organisation jugée désuète par ces fondateurs. Parmi eux, Patri Friedman. Le directeur de Seasteading estime qu'on doit choisir librement son mode de gouvernement « comme je choisis, dit-il, mon téléphone portable ou mon parfum ». La start up créée à Singapour pour mettre en oeuvre cette utopie, baptisée Blue Frontiers, la frontière bleue prédit que «les gouvernements n'auront plus le monopole de l'espace où les citoyens vivent. Ils devront agir comme des fournisseurs de service, se concurrençant pour attirer des citoyens et des entreprises».

Une vision ultra libérale de la vie en société.

Elle est portée par ce courant de pensée libertarien, actuellement très en vogue aux Etats-Unis. Son principe, la défense des droits individuels, d’où son corolaire de plus en plus populaire : le rejet maximal des autorités publiques. Cette philosophie séduit dans la Silicon Valley, d'où sont issus la plupart des promoteurs de ces îles flottantes. Patri Friedman est un ancien ingénieur de Google ; il est aussi le petit-fils de l'économiste ultra-libéral Milton Friedman, prix Nobel et conseiller de Ronald Reagan. Le milliardaire Peter Thiel a longtemps financé cette association à but non lucratif, pour rappel c'est le seul patron californien qui a soutenu Donald Trump avant de rompre avec lui.

Concrètement où en est le projet ?

Il en est encore au stade du financement. Une première levée de fonds s'est achevée à la mi-juillet. Un million 400 000 dollars ont été récoltés via le varyon, la crypto monnaie créée spécialement pour cette future entité autonome. Un millier de personnes y ont souscrit pour avoir le privilège de résider sur les premières îles artificielles. C'est bien en dessous du capital nécessaire pour construire un premier archipel pilote. Qu'on compare volontiers avec une plateforme pétrolière... sans pétrole. En clair cette nouvelle société qui se veut indépendante des nations n'a pas encore trouvé son modèle économique. Les restaurants, les bureaux pressentis pour s’installer sur ces nouveaux châteaux marins ne dégageront pas assez de revenus pour financer les services indispensables au bon fonctionnement de la communauté.

Pas facile donc de se passer de l'Etat?

Pourtant Blue Frontiers en a plus besoin que jamais. Pour trouver le havre idéal où ces îles artificielles seront construites. Car avant de dériver dans les eaux internationales, ces îles recherchent la proximité de la terre ferme, où une autorité publique les protègera des pirates, où l'internet est disponible, où l'approvisionnement est facile. La Polynésie française était prête à les accueillir en 2017 ; elle a finalement reculé, sous la pression de la population hostile à cette bulle flottante de bien lotis. Trouver un Etat prêt à recevoir une organisation prônant sa disparition est l’objectif paradoxal que doivent à tout prix réaliser ces libertariens pour avancer et cela ressemble fort à un écueil !

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