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Zimbabwe: l'économie, priorité du futur président zimbabwéen

Par Olivier Rogez

Quel que soit le vainqueur de l'élection présidentielle au Zimbabwe sa priorité sera l'économie. Depuis novembre dernier et le départ forcé de Robert Mugabe, le président Mnangagwa promet des réformes libérales, mais le chômage de masse, la pauvreté, l'inflation et la faillite des services publics rendent la tâche difficile, les économistes réclament un assainissement des finances publiques.

Héritage de l'hyperinflation des années 2008-2010, le Zimbabwe n'a plus de monnaie ou plutôt, il n'a plus de bonne monnaie. Les billets d'obligation, sorte de bons du Trésor introduit en 2016 se font rares et la population a recours au dollar américain, au Rand sud-africain et même au Pula botswanais. Des solutions imparfaites, voire carrément handicapantes, pour la bonne marche des affaires selon l'économiste zimbabwéen Daniel Ndlela.
Actuellement, il y a un manque de devises étrangères, et le secteur privé ne peut pas fonctionner correctement à cause des restrictions dans le système monétaire...

Cet économiste prône un assainissement des finances publiques. Car avec un déficit estimé en 2017 à deux milliards de dollars, l'État vit au-dessus de ses moyens. Et ce n'est plus tenable. Quand le gouvernement dépense plus que ce qu'il collecte, cela veut dire tout simplement qu'il dépense l'argent qu'il n'a pas ! Et il le fait par la création de bons du Trésor. Or, le gouvernement devrait plutôt réduire ses dépenses, car c'est justement le poids insupportable de ces dépenses qui font que les entreprises privées n'ont pas d'argent sur le marché monétaire. Or, le poids des salaires dans la fonction publique est trop élevé. Il est supérieur aux besoins réels d'un si petit pays. Nous avons beaucoup trop de ministères ! C'est l'héritage de l'époque Mugabe. Et ce secteur public doit être réduit.

Pour sortir de la crise, certains préconisent l'adoption du rand sud-africain. Une solution qui ne plait pas forcément aux nationalistes selon l'universitaire sud-africaine Liesel Low.Pour Mugabe, c'était impensable, il était trop fier et cela aurait été inimaginable pour l'ui d'intégrer la zone des pays qui utilisent le Rand. Mais peut-être que s'il y a un gouvernement d'opposition... Tendai Biti, par exemple, l'ancien ministre des Finances ( durant la transition de 2008 NDLR ) a fait cette proposition durant la campagne électorale pour que le Zimbabwe adopte la monnaie sud-africaine. Il y a des pays comme la Namibie qui a une monnaie, le dollar namibien, qui est une valeur stable par rapport au Rand...Régler la question monétaire impose une cure d'austérité drastique. Ce qui cadre mal avec les promesses électorales des candidats.

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