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Soudan du Sud: À Juba, le calvaire de l’accès à l’eau pour les déplacés [2/5] (Rediffusion)

Par Charlotte Cosset

Le conflit au Soudan du Sud a déplacé des milliers de personnes, au total plus de 2,4 millions de réfugiés dans la région. Près de 40 000 personnes s’entassent dans les sites de protection des civils aux abords de Juba, des camps de déplacés sous protection de la force onusienne. Certains vivent dans ces camps depuis près de 5 ans déjà. Les conditions de vie y sont difficiles. Et la question de l’accès à l’eau et plus largement de l’hygiène y est vraiment problématique notamment pour les femmes. Ce qui est notamment souligné par le dernier rapport de la commission des droits de l’Homme des Nations unies au Soudan du Sud.

Dans les POC, les robinets ne coulent pas en permanence. Des dizaines de jerricanes jaunes sont alignés sous les points d’eau à sec. Un homme vient ouvrir les vannes temporairement. Mais attention, les ressources sont insuffisantes. Theresa explique le rationnement.

« Je vais chercher l’eau à la citerne. Nous obtenons de l’eau tous les deux jours. Par exemple, si on me donne de l’eau aujourd’hui je n’en aurai pas demain. Demain ce sera pour ceux qui n’en ont pas eu aujourd’hui. »

Deux jerricanes d’eau maximum pour deux jours. Soit 40 litres pour la toilette, la cuisine, et la lessive. Un quotidien de l’économie raconte Eliza.

« Si j’obtiens deux jerricanes, j’en utilise un pour cuisiner et un pour laver les vêtements de mes enfants. Et si j’obtiens ces deux bidons, cela veut dire que je n’aurai pas assez d’eau pour demain. Alors je ne pourrai pas me laver demain. »

Quand les réfugiés sont enfin en possession de l’eau, ils doivent encore s’approvisionner en savon. Monday s’attriste de n’en avoir jamais suffisamment.

« Un savon coûte presque 25 SSP. Si vous avez cet argent, vous pouvez acheter du savon. Mais c’est vraiment en toute petite quantité. Quand vous pouvez en acheter, ce n’est pas suffisant. Cela permet simplement de laver vos sous-vêtements. Cela ne permet pas de laver tous les vêtements. »

À différents endroits du camp, des douches ont été improvisées. Une dalle de ciment, des tôles, parfois pas de porte ou des portes qui ne se ferment pas et pas d’eau courante, il faut apporter son bidon d’eau précieusement économisé. À l’insalubrité s’ajoute l’insécurité. Selon votre emplacement dans le camp, il faut parfois marcher longtemps avant de rejoindre ces salles de bain de fortunes. Eliza préfère se débrouiller dans sa tente.

« Les douches sont loin et vous pouvez contracter des maladies là-bas. C’est pourquoi moi je n’y vais pas. Je me débrouille avec une bassine ici. »

Ces problèmes d’eau et de promiscuité favorisent le développement des épidémies, Choléra, tuberculose, diarrhées sont des cas courants dans les POC.

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