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L’industrie automobile sur ses gardes face à Trump

Par Mounia Daoudi

L’industrie automobile reste sur ses gardes, car le président américain Donald Trump n’a pas renoncé à sa menace d’imposer des taxes de 25% sur les véhicules importés aux Etats-Unis.

Le sujet était au cœur de la visite à Washington de Jean-Claude Juncker même si le commissaire européen n’avait pas de mandat pour négocier au nom des Etats membres. Il était surtout là pour essayer d’apaiser des tensions qui n’ont cessé de croitre depuis la mise en place de taxes sur les importations américaines d’aciers et d’aluminium en provenance notamment d’Europe et de Chine.

Des taxes qui ont été suivies de représailles et qui ont surtout fait prendre conscience aux partenaires commerciaux des Etats-Unis que le jusqu’au-boutisme de Donald Trump ne se limite pas à ses tweets.

Si l’on en croit Jean-Claude Juncker, les Etats-Unis ont décidé de repousser les nouvelles hausses de droits de douane le temps que se déroulent les négociations. Est-ce reculer pour mieux sauter ? Une chose est sûre, la taxation des importations automobile est toujours à l’ordre du jour.

Et c’est encore une fois au nom de cette « Amérique d’abord », qui lui a permis d’accéder au pouvoir, que le locataire de la Maison Blanche est aujourd’hui prêt à bouleverser les fondamentaux de l’un des secteurs clé de plusieurs économies, européennes, mais pas seulement puisque le Japon, la Corée du Sud ou le Mexique sont également dans la ligne de mire de Washington. 

Le président américain entend relancer l’industrie automobile sur son territoire

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la moitié des voitures vendues aux Etats-Unis est fabriquée à l’étranger, principalement au Mexique, au Japon et en Europe. A l’inverse, seul 1/5ème des véhicules construits dans les usines américaines est destiné à l’export. Surtout, les Etats-Unis ne taxent que faiblement les importations automobiles : 2,5 % là où les Européens par exemple imposent 10 % de droit de douane.

De quoi faire enrager Donald Trump qui crie à l’injustice et qui rêve d’un retour à l’âge d’or des Big three, quand Détroit dominait le marché de l’automobile américain avec General Motors, Ford et Chrysler. L’industrie automobile était alors le principal employeur. Mais la mondialisation, et surtout la crise de 2008, a porté un coup dur au secteur qui sans l’intervention sonnante et trébuchante de l’administration américaine   plusieurs dizaines de milliards de dollars d’aides   n’aurait pas échappé à la faillite.

Aujourd’hui, le secteur se porte indéniablement mieux parce qu’il a su se moderniser, se mondialiser et ses intérêts ne correspondent pas forcément à ceux de Donald Trump dont l’obsession reste le déficit commercial abyssal des Etats-Unis.

Taxer l’automobile, une arme à double tranchant pour les Etats-Unis

Politiquement, elle est efficace dans la mesure où elle est un moyen de pression comme dans la renégociation de l’Alena, l’accord de libre-échange qui lie les Etats-Unis au Canada et au Mexique. Mais elle peut alors s’avérer très risquée sur le plan économique. La mondialisation de cette industrie a en effet complètement rebattu les cartes et les pièces automobiles sont aujourd’hui fabriquées partout dans le monde. Et surtout, aucun constructeur, à commencer par les Américains que Donald Trump prétend protéger, ne peut du jour au lendemain modifier sa chaine de production.

C’est ce qui explique que les professionnels du secteur aux Etats-Unis sont vent debout contre un renforcement des taxes à l’importation des voitures.

Un lourd prix à payer pour les Etats-Unis

L’américain Automotive policy council, l’organisation professionnelle des constructeurs américains, qui s’exprime au nom des Big Three, a averti qu’une augmentation des taxes à l’import entraînerait une hausse drastique des coûts avec un fardeau fiscal estimé à 83 milliards de dollars pour l’industrie et les consommateurs, qui seront, selon elles, les plus affectés. En cas de représailles des pays visés par ces taxes, la production américaine pourrait chuter de 4 % avec à la clé 625 000 emplois détruits.

Une bien drôle de façon de protéger le secteur automobile américain.
 

En Bref,

La guerre commerciale de Donald Trump ne semble pas affecter la croissance américaine

Le gouvernement doit publier demain sa première estimation du Produit intérieur brut pour la période d’avril à juin. Une croissance supérieure à 4 % si l’on en croit les analystes et cela grâce aux réductions d’impôts adoptées fin 2017 qui dopent les dépenses de consommation et d’investissements.

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