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Jean-Pierre Bemba: «Je suis pour qu’il y ait un seul candidat de l’opposition»

Par Sonia Rolley

C'est sa première conférence de presse, sa première interview depuis son acquittement. L'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba avait convié hier, mardi après-midi, à Bruxelles plusieurs médias au lendemain de l'annonce de son retour à Kinshasa, retour prévu pour le 1er août. Le chairman du MLC, Jean-Pierre Bemba, est l’invité de Sonia Rolley.

RFI : Comment expliquez-vous que vous n’avez eu aucune réaction au moment du verdict qui pourtant vous a acquitté ? C’est quand même une image qui nous a surpris. Qu’est-ce qui se passait dans votre tête à ce moment-là ?

Jean-Pierre Bemba : Quand vous êtes assis à la place où je suis assis, vous écoutez jusqu’à la dernière seconde l’énoncé du verdict, cela vous demande une concentration pour bien comprendre ce qui est dit. Donc, peut-être que c’est ce moment-là que vous avez capté, mais j’étais très attentif surtout.

Pourquoi vous portez-vous candidat à la présidentielle ? Pourquoi estimez-vous pouvoir être le candidat unique de l’opposition et seriez-vous prêt à céder votre place si un autre que vous est choisi ?

Pourquoi, d’abord, je voudrais être candidat ? Parce que je considère que ce pays a un défi. C’est-à-dire, sortir un peu de cette contradiction où vous avez un pays qui est très, très riche et avec une population qui est extrêmement pauvre et je pense que la population mérite un autre type de gouvernance dans ce pays. Je crois que chacun a besoin, dans ce pays, la population, d’avoir la sécurité. Plus de 80 groupes armés sillonnent l’est du pays. Les massacres que nous avons vus, que nous avons connus au niveau du Kasaï, au niveau de l’Ituri, aujourd’hui. L’économie est en berne et stagne. Il n’y a pas de perspective d’investissement, d’emploi et de revenu pour les populations. Et c’est mon pays, j’aime mon pays, j’aime ce peuple. Les dix ans que j’ai passés au niveau de la CPI m’ont fait réfléchir. Et oui, je souhaite l’unité de l’opposition sur les candidatures, la candidature au niveau de l’élection présidentielle. Parce que, si nous voulons le changement dans ce pays, nous devons passer par une unité : un seul candidat au niveau de l’opposition. Et je milite pour qu’il y ait un seul candidat au niveau de l’opposition. Et, bien sûr, si ce n’était pas moi, je soutiendrais le candidat qui sera désigné par l’opposition. Ça c’est clair.

Il reste quinze jours, là.

Il reste quinze jours, effectivement, pour déposer les candidatures, mais les élections doivent se dérouler le 23 décembre. Il nous reste, c’est vrai, plus beaucoup de temps pour nous mettre d’accord. J’espère bien rentrer dans mon pays d’ici le 1er aout, rencontrer les différents responsables de l’opposition et pouvoir dialoguer avec eux, leur expliquer que nous n’avons pas le droit, pour ce pays et pour ce peuple, de nous diviser.

Est-ce que vous considérez l’élection comme suffisamment crédible pour pouvoir véritablement y participer ? Parce que, ensemble avec le reste de l’opposition vous avez fait quand même une déclaration qui soulevait des points qui mettent en cause le fondement même et la crédibilité du processus électoral en cours.

Absolument. Dans l’état actuel des choses, beaucoup de problèmes restent à être résolus dans l’organisation de ces élections. Notamment la question du fichier électoral, où plus de 10 millions d’électeurs sont sans empreinte digitale. Et la question également de la machine à voter qui pour nous est inacceptable. Cela dit, nous avons déposé les listes de tous nos candidats à l’élection, tant provinciale, nationale, et prochainement présidentielle, mais nous allons continuer à nous battre avec la Céni pour pouvoir résoudre ces questions. Parce qu’il n’est pas dans l’intérêt de la Céni d’avoir des élections dont les résultats au lendemain des élections soient contestés. Il faut absolument nous trouver une solution à ces questions. Et je suis prêt à dialoguer avec l’opposition et la Céni pour qu’on trouve une solution. Dans l’intérêt de tout le monde, il faut que ces élections soient crédibles et qu’elles soient transparentes.

Donc il n’y a pas de ligne rouge, il n’y a pas de moment où vous vous dites : « Si ces conditions ne sont pas remplies on ne participera pas au scrutin » ?

En tout cas, jusqu’à présent, nous sommes encore dans le débat et dans la discussion. Si on veut des élections apaisées, il faut que tout le monde puisse accepter les conditions dans lesquelles elles se déroulent. Mais à l’heure actuelle, ce qui se passe ne va pas dans le sens de l’apaisement.

Mais justement, au moment où vous avez été acquitté, parmi les réactions de joie, il y avait aussi le côté que, finalement, il allait y avoir un chef de guerre ou un ancien chef de guerre qui allait être face à un chef de guerre et que Joseph Kabila ne pouvait partir que par la force. Est-ce que vous renoncez définitivement au fait d’utiliser les armes, même si le processus électoral se passe mal ?

Depuis 2003, le MLC a quitté son statut de mouvement politico-militaire. C’est inscrit comme parti politique jusqu’à aujourd’hui. Donc la question des armes a été résolue définitivement en juillet 2003, lorsque nous avons rejoint et réunifié le pays, réunifié les armées, réunifié l’administration. Et aujourd’hui, pour nous, c’est le combat et il est démocratique, et je pense, un combat au niveau des urnes.

Même si l’élection n’est pas crédible ou que…

Eh bien nous utiliserons tous les moyens que le droit nous offre, c’est-à-dire d’aller en justice, de porter cela au niveau tant national qu’international et faire valoir nos droits à ce niveau-là.

Est-ce que vous êtes le candidat de l’Ouest ?

La division Est-Ouest, je n’aime pas ce terme-là. Vraiment, je n’aime pas ce terme-là. Je trouve que c’est désolant de revenir en arrière en régionalisant le pays. Je pense que ce pays doit être uni, rester uni , et qu’il ne doit pas avoir de clivage entre l’Est, l’Ouest, le Nord ou le Sud, entre les provinces, entre les tribus.

Et pourtant vous avez dû en recevoir des coups de fil de leaders de l’Ouest, qui pour certains se disent aujourd’hui défavorisés ?

Ils ont raison. Parce que la gestion tant de l’armée, des services de sécurité, de l’économie de ce pays se trouve entre les mains d’une frange. Ça, ce n’est pas normal. Ça, ce n’est pas normal ! Nous avons plus de 450 tribus dans ce pays. Les provinces sont là, les origines sont diverses. On ne peut pas, à mon sens en tout cas, tribaliser, régionaliser ce pays. Il appartient aux dirigeants de ce pays de mettre tous les Congolais, en fonction de leurs compétences, sur le même pied d’égalité. En tout cas, c’est ma vision et c’est ma conviction.

Est-ce que vous vous engagez aujourd’hui à ne pas demander un report pour organiser votre candidature ? On sait que cela fait partie aussi des choses dont on vous soupçonne avec un accord avec Joseph Kabila. Les gens disent souvent : « Il pourrait être d’accord sur un report des élections ».

C’est vous qui me l’apprenez. J’ai l’expérience de la campagne de 2006, donc je connais le pays, le Congo, comment est-ce qu’on organise une campagne. Il n’y a pas d’accord et j’espère bien que le 23 décembre les élections auront lieu.

Est-ce que vous pensez que votre condamnation pour subornation de témoins pourrait vous empêcher d’être candidat en vertu de l’article 9 de la loi électorale.

A cette question, je ne répondrai pas. Comme vous savez, je suis tenu par un devoir de réserve.

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