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Aujourd'hui l'économie, le portrait
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La nouvelle chef économiste de l’OCDE veut panser les plaies de la mondialisation

Par Dominique Baillard

La Française Laurence Boone a été désignée pour être la nouvelle chef économiste de l’OCDE. Elle prendra ses fonctions fin juillet et était aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence où Dominique Baillard l’a rencontrée.

Laurence Boone est une habituée des rencontres économiques d’Aix-en-Provence où les experts échangent avec les décideurs, tout en gardant l’ambition d’orienter la vie économique. Etre économiste, pour cette quadragénaire, est une mission de service public : « Je pense que le fil conducteur, cela va paraître bateau, mais c’est vraiment l’intérêt général. Toute petite, je voulais être médecin, parce que je trouvais que c’était le plus beau métier du monde. Ce que j’aime dans l’économie, c’est qu’on essaie de proposer des solutions pour que le monde soit meilleur. »

Laurence Boone a été, dit-elle, « bébé économiste » à l’OCDE, l’agence conseillant les démocraties libérales. Elle y revient au plus haut niveau en parfait accord avec l’esprit de la maison.

« L’OCDE a su prendre un virage il y a quelques années. On ne peut pas être tout libéral. Oui, précise celle qui prendra ses fonctions fin juillet, c’est bon pour la croissance, mais cela fait aussi des perdants. Il y a une panne de l’ascenseur social. Comment est-ce que les économistes peuvent répondre aux effets secondaires parfois négatifs de l’ouverture. Du coup on a cet équilibre social libéral qui moi me tient à cœur et qui est utile aujourd’hui. »

Une orientation sociale libérale grandement influencée par sa formation universitaire

Laurence Boone a été étudiante au Royaume-Uni, à la London School of Economics, où elle a passé, entre autres, son doctorat : « J’ai eu l’immense chance d’être parmi les premiers étudiants Erasmus, en Angleterre. Cela a été une ouverture incroyable, rajoute-t-elle, qui m’a apporté d’immenses choses. Le Royaume-Uni m’a apporté deux choses. D’abord le fait de dire “essaie, tu peux y arriver”, ce n’est pas évident pour une Française. Ensuite, le côté multiculturel. J’ai travaillé chez Barclais, à la Bank of America, avec des Australiens, des Irlandais, des Espagnols. »

Laurence Boone a travaillé dans des grandes banques anglo-saxonnes, mais l’OCDE est allée la chercher chez l’assureur Axa. A son CV, on peut rajouter qu’elle a été conseillère du président François Hollande, une alternance publique privée qui passe mal en France, rappelle son ainée, l’économiste Agnès Benassy Queré : « Je me souviens des réactions négatives dans la presse à son arrivée à l’Elysée. On parlait de conflits d’intérêts. En France, le passage du privé au public jette la suspicion, c’est triste parce que c’est utile d’avoir dans le public des gens qui savent comment les marchés raisonnent. Ils n’ont pas toujours raison, mais il vaut mieux le savoir. »

Economistes oui, mais pas devins

La connaissance intime des mécanismes ne protège pourtant pas nécessairement des erreurs de jugement, les économistes ayant souvent l’air de se tromper. Mais penser cela, c’est leur faire un mauvais procès d’après Laurence Boone et elle explique pourquoi : « Prenez le Brexit. On n’a pas du tout vu d’effondrement du Royaume-Uni. Donc la réaction a été de dire, vous voyez, ces experts nous racontent n’importe quoi. La réalité c’est que les investissements maintenant se sont taris. Cela va être une lente détérioration, sur dix, vingt ans. Et ça, c’est très difficile à faire partager. »

Son objectif à son nouveau poste, c’est de mieux communiquer et de faire partager sa priorité : « Cette division de la société entre une élite à laquelle on fait tous partie ici et une partie de la population plus ancrée, qui n’a pas les moyens de rebondir, dont on réalise aujourd’hui qu’on l’a trop laissé de côté. Je crois que ce n’est pas trop tard, mais il faut qu’on se dépêche de revisiter ce qu’on a fait en prenant plus en compte les besoins de l’ensemble des gens et de ne pas croire que juste parce qu’on a cette croissance et cette ouverture, cela va bénéficier à tout le monde et c’est naturel. » Laurence Boone, l’économiste qui voulait être médecin, rêve aujourd’hui d’administrer le bon remède pour panser les plaies de la mondialisation.

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