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L’amende infligée à Google par la Commission européenne est-elle dissuasive?

Par Dominique Baillard

Google à nouveau frappé par une amende record en Europe. Le géant américain devra verser 4,3 milliards d’euros à la Commission pour abus de position dominante avec Android, son système d’exploitation sur mobile. La sanction financière est-elle la bonne solution pour rétablir la concurrence ?

Une amende doit être dissuasive, c’est pour cela que son montant est élevé. Jamais Bruxelles n’avait été aussi sévère. Cette amende peut, certes, paraître astronomique puisqu’elle équivaut à la contribution annuelle des Pays-Bas au budget de l’Union, mais au regard des résultats financiers de Google, elle est nettement moins moins impressionnante. 4,3 milliards d’euros, cela représente seulement 5 % de la montagne de liquidité dont dispose Alphabet, la maison mère. Cela fait trois ans que Google fait l’objet d’enquêtes de la part de la Commission européenne, et pendant ce temps, ses revenus annuels ont bondi de 75 à 110 milliards de dollars.

Dans l’immédiat, pas de souci pour le champion américain. Mais à l’avenir, et c’est ce qui intéresse la commissaire Margrethe Vestager, la société risque une amende quotidienne de 10 millions d’euros si elle ne modifie pas les conditions d’accès à Android, actuellement fourni gratuitement aux constructeurs de téléphone portable pour asseoir sa domination. Google a trois mois pour faire le nécessaire.

Des changements minimes pour le consommateur

Aujourd’hui, 80 % des smartphones sont équipés d’Android et les utilisateurs lui sont complètement acquis. Selon Renaud Christol, avocat spécialiste du droit de la concurrence au cabinet August Debouzy, « la décision de la Commission restaure les conditions de la concurrence, le terrain de jeu est assaini, mais cela ne va pas tout révolutionner ». Google pourrait faire payer le service fourni aux fabricants de téléphones bien que cela devrait être sans incidence pour le consommateur ni pour sa domination écrasante.

Quand il a acheté Android en 2005, Google a trouvé ce qui est devenu son cheval de Troie pour passer de l’internet fixe à l’internet mobile. C’est ce qui lui permet d’imposer son moteur, ses cartes, YouTube, son magasin d’applications et donc d’engranger des revenus publicitaires record. Dans un avenir plus lointain, pour les marchés de demain - c’est-à-dire la voiture et la maison connectées -, Google devra sans doute tenir compte de la décision de la Commission.

Une précédente condamnation

Google avait déjà été condamné par la Commission dans le dossier des comparatifs d’achat et l’amende, contestée par l’entreprise, était déjà élevée : 2,4 milliards d’euros. Son comparateur Google Shopping détenait 98 % du marché des comparatifs il y a un an, et c’est maintenant 97 % constate le directeur de la stratégie du concurrent Kelkoo. Parce que Google, explique Nicolas Jornet, a proposé un remède indolore pour son propre service. Mais en laissant une nouvelle fois Google proposer la solution, la Commission prend le risque de lui donner les clés pour consolider sa domination.

Une sanction spectaculaire

Selon Bernard Benhamou, le secrétaire général de l’Institut de la souveraineté numérique, la sanction est « un bon début, mais cela ne remplacera pas une stratégie industrielle européenne pour faire émerger un vrai concurrent ». Un concurrent à Android d’une part, et d’autre part au moteur de recherche. Celui de Google est très puissant en Europe. Bruxelles devrait méditer l’exemple russe : l’an dernier, sous la pression de l’autorité de la concurrence russe, Google a fini par proposer sur Android le choix entre son moteur et le champion national Yandex. Depuis, sa part de marché a grimpé de 34 à 46 %.

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