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Coupe du monde de football 2018: les grands vainqueurs économiques ?

Par Dominique Baillard

Le vainqueur de la Coupe du monde 2018, la France, le pays hôte, la Russie, et les organisateurs de la compétition sont les principaux bénéficiaires des retombées économiques de cette coupe, mais à des degrés très divers.

On parle de 700 000 touristes étrangers venus spécialement en Russie pour l'évènement, auxquels s’ajoutent les fans russes qui se sont déplacés vers les 11 villes hôtes. Cet afflux ne peut que faire du bien à l'industrie russe du tourisme, mais ce n'est pas si spectaculaire à l’aune des 24 millions de touristes étrangers visitant chaque année la Russie. Par ailleurs ce nombre de visiteurs est inférieur à ceux qu'ont connu le Brésil et l'Afrique du Sud, les précédents pays hôtes de la coupe. Si on élargit la focale l'effet Coupe du monde s'estompe assez vite : si les vendeurs de téléviseurs ont certes gagné beaucoup plus d'argent, les concessionnaires automobiles se plaignent en revanche d'un net ralentissement des ventes. A la Bourse de Moscou, l'activité a été quasiment nulle pendant toute la compétition.

La Banque centrale russe relativise l'impact de la coupe

Elle estime qu'elle apportera au mieux +0,1 à + 0,2% de croissance supplémentaire. La tendance pour cette année étant de +1,5%, la Coupe du monde de football ne va pas améliorer le quotidien des Russes. Avec quand même un vrai gain de confort pour ceux qui empruntent les transports. Les 11 milliards de dollars dépensés dans les infrastructures ont servi à rénover 12 aéroports et 11 gares. Quant aux stades, l'impact sera positif seulement si ces nouveaux équipements sont entretenus et utilisés par les villes, mais si les municipalités n'ont pas les moyens, ce sera une perte sèche.

La deuxième étoile sur le maillot des bleus va-t-elle doper la croissance française?

+0,1% de croissance a calculé Ludovic Subran, le chef économistes de Euler Hermes. « Une victoire cela donne confiance en soi, il y a une part d'irrationnel dans l'économie qui tient à la confiance en soi, à l'envie, à l'enthousiasme » a déclaré Bruno Le Maire, quand c'est le chef de Bercy qui le dit, on a envie d'y croire. Mais ce qui est vrai pour la Russie s'applique aussi à la France, c'est un effet éphémère. Les limonadiers, les brasseurs, les fabricants de chips ont gagné beaucoup d'argent, au détriment d'autres entreprises. Pas de quoi s'emballer. Même TF1, la chaîne diffuseur qui annonce 58 millions d'euros de recettes publicitaires ne rentabilisera pas les droits acquittés pour la diffusion des matchs.

Les vrais gagnants, ce sont ceux qui vivent du football

La Fédération française décroche le gros lot, 32 millions d'euros de la Fifa pour cette victoire en finale. Un bonus pour cette petite entreprise qui a depuis longtemps résorbé la crise, son budget à 250 millions d'euros est déjà à l'équilibre. Elle va aussi recevoir une prime de Nike, son fidèle équipementier depuis dix ans. Nike est aussi l'un des grands gagnants de la compétition, puisqu'il habille les français, les croates et les anglais. En France les maillots floqués de deux étoiles seraient déjà disponibles ce matin chez les distributeurs. Et puis un mot des gains des joueurs, chacun d'entre eux recevra une prime de 280 000 euros, Kylian Mbappé a promis de la verser à des associations, comme lui a recommandé son papa. Il peut se le permettre sa cote explose, il faudrait aujourd'hui débourser 400 millions d'euros pour l'arracher au PSG.

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