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Cameroun: les artisans français lancent le label Destination chocolatiers engagés

Par Stanislas Ndayishimiye

Alors que 95% des artisans chocolatiers n’ont jamais mis les pieds dans une plantation de cacao et que les petits producteurs de fèves n’ont jamais vu du chocolat transformé, la Confédération des chocolatiers confiseurs de France, à la recherche de la qualité, est en train de développer un projet qui pourrait améliorer les revenus d’un certain nombre de cacaoculteurs au Cameroun.

« Destination Chocolatiers engagés », c’est le label que la Confédération des chocolatiers confiseurs de France est en train de lancer, explique Frédéric Chambeau, Président de cette organisation. « C’est un label qui concrétise la collaboration que nous avons initiée avec le Cameroun à travers le CICC [Conseil interprofessionnel du cacao et du café], afin d’améliorer la filière cacao du pays. »

Un label qui repose sur l’engagement des petits planteurs de cacao à produire le cacao selon un protocole technique précis, à se regrouper en coopératives, avec une gestion ouverte aux femmes et à travailler sur l’épargne. Les artisans chocolatiers s’engagent de leur côté à acheter ce cacao de qualité à un prix juste qui sera discuté.

Installation des centres de fermentation

Une collaboration entre la Confédération des chocolatiers confiseurs de France avec le Cameroun à travers le CICC, le Conseil interprofessionnel du cacao et du café. Omer Gatien Maledy, son secrétaire exécutif. « Il s’agit de faire du meilleur cacao, qui réponde aux exigences des maîtres chocolatiers ; ça veut dire un cacao d’excellence, un cacao haut de gamme pour eux et de le faire dans une envergure plus grande que le cadre d’une petite coopérative. Le CICC s’est engagé à implanter des centres d’excellence de traitement post-récolte de cacao dans des coopératives. Le projet commence donc avec 2 grands centres – on en avait déjà au Cameroun, mais des petits centres -. Deux grands centres sont donc en cours d’implantation. »

L’installation de ces centres va bénéficier de l’assistance technique des chocolatiers de France. Une idée assez originale de faire rencontrer les acteurs des 2 bouts de la filière cacao, selon Frédéric Chambeau. « On a considéré qu’il était tout à fait légitime que nous fassions se rencontrer les millions de planteurs qui travaillent sur la matière première qu’on utilise et nous, artisans chocolatiers, TPE, PME, qui transformons cette matière première. »

Le projet des artisans français, fruit d’une rencontre d’abord virtuelle

Le choix du Cameroun pour la Confédération des chocolatiers et confiseurs de France est le fruit d’un hasard, que raconte Christophe Bertrand, patron de la Reine Astrid, une petite chocolaterie basée en région parisienne. « J’ai été contacté par une planteuse de cacao via Facebook, au milieu de sa plantation. Elle m’a proposé il y a un et demi d’acheter du cacao et finalement cette dame a eu le courage de m’envoyer 200 kg de cacao, en avançant ses frais, sans me connaître et sans savoir si j’allais un jour la payer ou pas ! Bien sûr que je l’ai payé et finalement je me suis dit que j’étais redevable auprès de cette dame de lui rendre visite et nous sommes partis il y a un an de ça exactement, avec 3 autres confrères. On a trouvé des gens admirables de courage, mais qui ne savaient bien comment tirer profit de leurs plantations de cacao. Ils avaient des rendements qui étaient très faibles ; ils faisaient à peu près 300 kg à l’hectare, alors que le lendemain, on visitait une autre coopérative qui faisait entre une tonne et une tonne et demie à l’hectare. Et on s’est dit qu’il faut qu’on les aide. »

Des aides notamment à travers la mise en place d’une bonne technique de fermentation du cacao pour développer ses meilleurs arômes. Les cacaoculteurs camerounais pratiquent le système de l’agroforesterie et le prix au producteur varie entre 700 et 1 000 francs CFA. Les chocolatiers confiseurs de France veulent acheter au Cameroun un cacao de meilleure qualité, à des prix variant entre 1 300 et 1 650 francs CFA. Mais ce sera encore un marché de niche.   

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