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La Grèce va-t-elle enfin sortir d’une décennie de crise?

Par Dominique Baillard

La Grèce s'apprête à tourner la page d'une décennie de crise économique et de privations. Pour adoucir la sortie de son troisième plan de sauvetage qui s'achève en août, elle va bénéficier d'un ultime coup de pouce de ses partenaires de la zone euro.

On parle d’un chèque de 15 milliards d’euros. Avec cette provision de noisettes, Athènes aura un répit avant de revenir sur le marché de la dette dont elle est quasiment absente depuis quatre ans. Cette largesse de la zone euro semble aller de soi, elle sera actée demain à Bruxelles lors de la réunion des ministres des Finances de l’union monétaire. Tant de bienveillance détonne après tant de drames autour de la crise grecque. Il faut dire que la zone euro a bien d’autres soucis : les tensions à cause du gouvernement populiste en Italie et les difficultés qu’ont les Dix-Neuf à réformer leur union monétaire. Pourtant, c’est bien à travers le sauvetage de la Grèce que les membres de la zone euro ont saisi les limites et les non-dits de leur monnaie commune et qu’ils ont commencé à la réformer en créant le fonds européen de stabilité financière puis le mécanisme européen de stabilité, pour venir au secours de la Grèce.

Cette aide massive, organisée avec le concours du FMI a-t-elle sauvé la Grèce ?

La Grèce a renoué avec la croissance, le chômage recule, les exportations se relèvent. Il y a donc beaucoup de signes positifs. La Grèce s’est métamorphosée en renforçant le contrôle de l’Etat sur les finances publiques, mais aussi en imposant une sévère cure d’austérité à la population. Ce régime l’a aussi beaucoup affaibli. La taille de son économie a considérablement rétréci, son PIB de 2018 ne pèse plus que 75% de celui de 2008. La population globalement s’est appauvrie. Entre temps 500 000 habitants sont partis, et ils ne sont pas prêts de rentrer chez eux, car il y a encore 20% de chômeurs. Les 320 milliards d’euros déversés par les Européens ont surtout évité à la Grèce de sortir de la zone euro. Le pire cauchemar des Grecs, qui auraient été déclarés en faillite, mais aussi des Européens qui auraient vécu cette sortie de route comme un échec collectif cinglant.

Hier, Angela Merkel et Emmanuel Macron se sont mis d’accord sur une feuille de route commune pour la zone euro, avec quelle incidence pour la Grèce ?

L’embryon de budget commun doit favoriser la convergence des économies, il pourrait être utile à Athènes, car c’est encore le maillon faible de la zone euro. Le futur fonds monétaire européen pourrait aussi être actionné en sa faveur en cas de réapparition soudaine de difficultés et cette fois sans passer par un programme drastique d’austérité. Mais dans l’immédiat le pays le plus endetté de la zone euro cherche surtout à se délester. Sa dette représente 180% de son PIB. Athènes espère un nouveau report des échéances de 2059 à 2070. Un moyen d’alléger cette dette monstrueuse sans utiliser les mots qui fâchent les Allemands : l’annulation partielle de la dette. Et pour cela le gouvernement grec accepte de rester sous la haute surveillance de Bruxelles avec 4 audits financiers par an.

EN BREF

En France, c’est maintenant confirmé par l’Insee : la croissance va ralentir cette année

D’après l’institut national de la statistique, la croissance plafonnera à + 1,7% seulement en 2018 contre +2,3% l’an dernier. Cette décélération est due à une série de facteurs, entre autres les tensions commerciales avec les Etats-Unis, et la hausse du pétrole.

A la Bourse américaine, General Electric a été éjecté du Dow Jones, l’indice phare de Wall Street

Une disgrâce qui en dit long sur le déclin de cet empire historique du capitalisme américain. GE a fait son entrée dans l’indice à la fin du XIXe et il y a passé quasiment tout le XXe siècle. Son action est en perte de vitesse depuis l’an 2000. Le groupe industriel General Electric a racheté la partie énergie du fleuron français Alstom et il est aujourd’hui dans l'impossibilté d’honorer son engagement de créer un millier d’emplois.

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