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L'Otan désormais installée dans un quartier général tout neuf à Bruxelles

Par Pierre Benazet

L’Otan a achevé jeudi 14 juin son déménagement bruxellois et se retrouve dans un nouveau quartier général, qui va abriter moins d'un mois plus tard le sommet de l’Alliance atlantique. Celle-ci fait face à de nombreux défis, tant externes qu'internes, en particulier sur le positionnement des Etats-Unis vis-à-vis de leurs alliés. Le nouveau quartier général tourne à plein régime pour accueillir les 29 chefs d’États et de gouvernements de l’Alliance atlantique les 11 et 12 juillet.

de notre correspondant à Bruxelles,

Ce n’est pas la première fois que l'Otan déménage. En 69 ans d'existence, l’organisation en est à son quatrième changement d'adresse et à son troisième pays. Il y a eu d’abord l’élégant immeuble du 13 Belgrave square à Londres jusqu’en 1952, puis les préfabriqués autour du bassin du Trocadéro en face de la tour Eiffel à Paris.

Un nouveau siège définitif est alors construit à la porte Maillot sur le périphérique parisien. Mais l’Otan ne reste finalement que de 1959 à 1967 dans ce bâtiment dont le plan dessine un «A» pour Alliance. Le général de Gaulle ayant décidé que la France quitterait le commandement intégré de l’Otan, celle-ci quitte l’immeuble, qui devient l’université Paris-Dauphine.

L'organisation débarque alors à Bruxelles, dans un siège temporaire bâti sur un ancien aérodrome. Une solution provisoire, dans des bâtiments en préfabriqué montés en six mois, qui aura finalement duré cinquante ans. Avec, à chaque élargissement de l’Otan, la construction de nouvelles ailes pour ce bâtiment tentaculaire, où la moindre réunion nécessite des kilomètres de marche à pied dans des couloirs interminables.

Nouveau bâtiment, à 500 mètres de l'ancien

C’est désormais fini, puisque ce jeudi, le dernier classeur, le dernier ordinateur, le dernier employé ont franchi le boulevard Léopold III et les cinq cents mètres qui séparent l’ancien bâtiment du nouveau, dont la forme est censée évoquer les doigts de deux mains entrelacées.

Il faut tout de même dire que ce nouveau siège a en quelque sorte déjà été inauguré en mai 2017, par les chefs d’Etats et de gouvernements, même s’il ne s’est finalement agi que d’une cérémonie en plein air devant un bâtiment vide. Il s'agissait alors aussi de la première visite de Donald Trump à l’Otan et sa présence autant que sa prestation ont suscité bien des commentaires.

Un peu plus d’un an après, l’atmosphère est toujours délétère mais on a un peu tourné la page à Bruxelles sur les commentaires de campagne de Donald Trump, qui avait qualifié d’obsolète l’Alliance atlantique. On entend même dire chez les alliés les plus orientaux de la structure, ceux qui font face à la Russie en première ligne, qu’ils sont mieux traités qu’à l’époque de Barack Obama.

Il y a peut-être moins de discours de soutien, mais plusieurs pays affirment sans sourciller que leur position s’est améliorée avec l’arrivée de plus de troupes et plus de moyens matériels en provenance des Etats-Unis. Un discours qui revient fréquemment dans la bouche des représentants baltes à l’Otan. La décision d’envoyer de nouvelles troupes américaines en Norvège, dans la région proche de la frontière avec la Russie, participe de ce nouveau positionnement américain.

L’Otan revenue à un fonctionnement plus traditionnel

L’Alliance a renoué avec sa vieille posture de défense face à la Russie, tandis que les Etats-Unis eux-mêmes n’ont jamais abandonné leur posture traditionnelle, qui consiste à exiger des alliés qu’ils augmentent leur budget de Défense. L’Otan continue aussi de s’étendre, puisqu’un an après avoir reçu le Monténégro comme vingt-neuvième allié, l'organisation internationale espère voir la bientôt rebaptisée République de Macédoine du Nord la rejoindre, peut-être à l’occasion de son prochain sommet.

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