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A la Une : c’est parti !

Par Frédéric Couteau

C’est parti pour 32 jours de foot non-stop. Le Mondial 2018 débute ce jeudi avec un modeste Russie-Arabie saoudite à 17h, heure française. Modeste, car les favoris sont ailleurs, bien sûr. Ils sont trois, d’après L’Equipe : « Trois ogres pour une étoile ». Avec tout d’abord le Brésil : « Le Brésil serait presque le grand favori de cette vingt-et-unième Coupe du monde », relève le quotidien sportif.

« Il y a bien cette malédiction continentale énonçant que l’Europe a toujours été sacrée à domicile, en dehors du Brésil, justement, en 1958 en Suède. Mais quatre ans après le traumatisme de leur demi-finale face à l’Allemagne, à la maison, les Brésiliens sont autrement équipés, surtout en attaque, où Neymar revient, après avoir assumé la pression des JO gagnés à Rio, il y a deux ans. »

Autre grand favori, justement, l’Allemagne : « L’Allemagne, qui vise une cinquième étoile, ne compte plus que neuf champions du monde 2014 dans ses rangs, mais son rajeunissement et sa culture portent une promesse, estime L’Equipe. Ce qui attend Joachim Löw, cependant, est immensément haut perché : aucun champion du monde n’a conservé son titre depuis le Brésil en 1962, et aucun sélectionneur n’a réussi le doublé depuis Vittorio Pozzo avec l’Italie (1934 et 1938). »

Dans le trio de tête, toujours, l’Espagne, pointe L’Equipe. « Après ses ratés du Mondial 2014 (1er tour) et de l’Euro 2016 (en huitièmes), l’Espagne était invaincue depuis deux ans. Elle était l’un des trois favoris du premier rang, avec le Brésil et l'Allemagne. Avec Fernando Hierro, elle peut l’être, encore, et répandre sur le crépuscule d’Andrés Iniesta une poussière d’or. Elle a tout pour revenir au sommet (…). »

Les Bleus en embuscade

Et la France ? Les bleus pourraient bien jouer les trouble-fête… Le Parisien veut y croire. « C’est l’heure pour les Bleus ! La Coupe du monde, ils en rêvent depuis l’enfance. C’est désormais une réalité tangible. L’horizon n’est pas dégagé jusqu’à Moscou et la finale du 15 juillet, mais les coéquipiers d’Hugo Lloris ont le devoir de croire en leur destin. Celui de décrocher une deuxième étoile, vingt ans après le sacre de 1998. Ils en sont capables. Et on en a tant envie. »

Et les intéressés aussi… « Les bleus ne cachent pas leur immense ambition », s’exclame Le Figaro. « Tête de gondole d’une équipe de France affublée du statut d’outsider derrière les monstres que sont le Brésil, l’Allemagne ou encore l’Espagne, "Grizou"' (Antoine Griezmann) ne cache pas les ambitions de ses partenaires. "Je veux gagner cette Coupe du monde, et peu importe si le jeu tourne autour de Kylian (Mbappé), Oliv’ (Giroud) ou Paul (Pogba), si un tel met plus de buts qu’un autre. Le 15 juillet, je souhaite simplement qu’on soulève ce trophée qui fait rêver tout le monde."  »

« Avec un potentiel offensif à faire pâlir la planète foot et des jeunes talents aux dents qui rayent le terrain, continue Le Figaro, les Bleus sont parés, sur le papier, pour faire plier n’importe quelle équipe. Reste une inconnue. Enfin, plusieurs. La solidité défensive incertaine, avec des individualités qui se cherchent techniquement, physiquement et ne dégagent pas encore une assurance redoutable. Un gros point noir quand on sait que le vainqueur d’un Mondial possède toujours une défense quasi imperméable. »

« Autre écueil, relève encore Le Figaro, la capacité des Bleus à former une équipe, un vrai bloc, et pas seulement un catalogue de solistes dans un monde du foot ou l’individu prime souvent sur le collectif. Autant d’interrogations que seule la compétition viendra confirmer ou balayer et dont le parcours des vice-champions d’Europe au pays de Poutine dépendra. »

Fous de foot !

En tout cas, les fanas et les fadas du ballon rond vont être en immersion totale pendant un mois… Eh oui, constate Le Monde, « il en est ainsi tous les quatre ans, les années paires, non bissextiles. Début mai, des symptômes apparaissent chez les plus intoxiqués, une certaine agitation, du cœur à l’ouvrage. A la fin du mois (après la finale de la Ligue des champions, précisément), la fièvre contamine des pans entiers de la population. Ils causent ''listes des 23", "matchs amicaux", "stages de préparation" et s’aventurent à de premiers pronostics. »

« Les pères initient les fils (et les filles), poursuit Le Monde, avec magazines, gadgets, albums, vignettes, les buralistes se frottent les mains. Les emplois du temps s’aménagent. "Mercredi, dans trois semaines ?" : il faut refuser des invitations ou bien s’assurer poliment qu’on dînera devant la télé. Les jours s’allongent, le tonnerre gronde : juin débute, 67 millions de sélectionneurs (en France seulement) s’échauffent dans leur living. Une minorité peste, "On ne parle plus de rien, seulement de ballon rond". Inutile, conclut Le Monde, l’excitation est à son comble. La Coupe du monde va commencer. »

Vices et vertus…

Malgré tout, « paradoxe », s’exclame Libération, le foot, « c’est toujours le sport de tous les vices. Pourtant, le public, toujours plus nombreux, lui trouve toutes les vertus. Implacablement, cette campagne de Russie footballistique se jouera devant la planète entière, enthousiaste, passionnée, fascinée. Ces milliers d’aficionados ne sont pas dupes. Un arbitre impartial se glisserait-il dans les coulisses du football qu’il distribuerait aussitôt une myriade de cartons rouges. »

« Un "pognon de dingue", comme dirait Emmanuel Macron, des joueurs surpayés qui pratiquent souvent une optimisation fiscale digne d’Apple ou Facebook, une corruption endémique, de la violence à revendre dans les gradins, un chauvinisme épais… La globalisation du ballon rond n’a pas amélioré la rectitude du milieu. Mondialisation heureuse ? Non : mondialisation vicieuse. Et pourtant, il tourne… »

Poutine a déjà gagné sa Coupe

Enfin, si l’équipe russe de football n’a aucune chance de remporter cette Coupe du monde, Vladimir Poutine, lui, a déjà gagné son Mondial… C’est ce que soulignent Les Echos : « Misant sur l’image de la Russie organisatrice d’un événement planétaire, Vladimir Poutine peut se servir de la Coupe du monde pour renforcer son "soft power". Avec une ambition : se faire admettre sur le devant de la scène mondiale et faire accepter son régime tel qu’il est, autoritaire et conservateur. »

« Le message envoyé à l’international est aussi utilisé à des fins de politique intérieure : montrer une Russie forte flatte la fierté nationale. Plus tacticien que stratège, le président réélu en mars dernier n’a pas, en 18 ans de pouvoir, développé de véritable idéologie, relèvent encore Les Echos. Mais, dans de constants grands écarts entre passés impérial et soviétique, entre capitalisme et socialisme, entre pragmatisme et cynisme, il sait s’adapter et manipuler pour mettre en scène la puissance de la Russie. Et le sport, conclut le quotidien économique, fait partie de ses outils préférés. »

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