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Roumanie: la cheffe de l'anticorruption menacée

Par Benjamin Ribout

Le sort de la cheffe du parquet anti-corruption roumain, Laura Codruta Kovesi, se joue actuellement. Le président Klaus Iohannis va-t-il révoquer celle qui incarne la lutte contre la corruption dans le pays ? Il serait personnellement opposé à une révocation de Laura Codruta Kovesi mais la Cour constitutionnelle peut l'y obliger.

Le président de centre-droit Klaus Iohannis a toujours soutenu Laura Codruta Kovesi malgré la pression du gouvernement social-démocrate au pouvoir depuis un an et demi. Nommée en 2013 par l’ancien président Traian Basescu, puis confirmée par Klaus Iohannis en 2016, la cheffe de la Direction nationale anticorruption, la DNA, est également soutenue par la communauté internationale et par Bruxelles. Véritable symbole de la lutte contre la corruption en Roumanie, elle dispose d’un bilan très positif. Elle a fait condamner de nombreux élus ces dernières années, s’attirant au passage les foudres de la majorité sociale-démocrate conduite par Liviu Dragnea. Mais l’étau se resserre autour de la cheffe de la DNA. La Cour constitutionnelle a appelé fin mai le président à lever le veto qu’il a mis à sa révocation. « Pour la plus haute cour du pays », le chef de l’Etat, « n’a pas de pouvoir discrétionnaire » dans ce domaine et doit par conséquent « émettre le décret de révocation », comme l’exige le ministère de la Justice.

Une victoire pour le gouvernement social-démocrate

Plus que ça, c’est à n’en pas douter un véritable tournant. Jusqu’à présent, le président Iohannis s’abritait derrière le soutien du Conseil supérieur de la magistrature. Mais ce n’était là qu’un avis consultatif et la décision de la Cour constitutionnelle l’accule plus que jamais. Depuis, il a fait plusieurs sorties officielles, au cours desquelles il a consciencieusement évité le sujet.

C’est une lutte à fleuret à peine moucheté que se mènent la procureure en chef et le parti social-démocrate : la procédure a été lancée en février. Et pour cause, elle accuse depuis plusieurs mois le gouvernement de porter atteinte à l’indépendance du parquet. Rien que pour l’année 2017, les procureurs de la DNA ont traité plus de 3 800 dossiers et placé sous séquestre des biens d’une valeur supérieure à 200 millions d’euros. Environ 1 000 inculpés ont été traduits en justice grâce à son action, un tiers d’entre eux ayant des hautes fonctions, dont trois ministres, cinq députés, un sénateur et deux secrétaires d’Etat.

Les citoyens favorables au maintien de la cheffe de la DNA

Depuis l’annonce de la Cour constitutionnelle, plusieurs manifestations pour la soutenir ont eu lieu à Bucarest et en province. La procédure de révocation de Laura Codruta Kovesi marque en réalité l’apogée des tensions entre le gouvernement et le pouvoir judiciaire, tensions entretenues par l’intention de l’exécutif de modifier les lois de la Justice. Les gens qui ont manifesté en faveur d’une justice indépendante durant l’hiver 2017 ont conscience que se joue là peut-être l’avenir de leur pays. Mais, de l’autre côté, le parti social-démocrate, le PSD, passe lui aussi à l’attaque. Samedi, il a voulu marquer le coup dans la capitale Bucarest, d’ordinaire théâtre des manifestations anti-gouvernement. Venus des quatre coins du pays dans des bus affrétés par le Parti, plus de 100 000 personnes ont manifesté contre ce que le leader PSD, Liviu Dragnea appelle les « abus de la justice ». Ce dernier a parlé de pouvoir judiciaire « excessif », lui qui a été condamné en 2016 à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale et est aussi dans l’attente d’un verdict dans un autre procès.

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