rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
  • Corées: des réunions de familles séparées par la guerre prévues en août
  • La Grèce «tourne une page» après l'accord de la zone euro sur la dette (gouvernement grec)
  • Politique française: pour Benoît Hamon (Générations), «le macronisme est une forme de racisme social» (Franceinfo)
  • Migrations: Benjamin Griveaux craint que l'Union européenne «se délite définitivement» faute de «projet commun» (Radio Classique)
  • Grève SNCF: Philippe Martinez (CGT) invite le Premier ministre Edouard Philippe à un «débat télévisé» sur le service public ferroviaire
Chronique des médias
rss itunes deezer

Buzzfeed France fait son dernier buzz

Par Amaury de Rochegonde

Buzzfeed vient d’annoncer l’arrêt de ses activités en France. Un signe supplémentaire qui prouve les difficultés rencontrées par les sites vivant de la publicité pour se maintenir face aux géants du Net.

Les 14 employés du bureau parisien de Buzzfeed ne s’y attendaient pas. Ils ont appris jeudi de leur direction américaine qu’elle avait décidé d’arrêter leur activité en France. Au-delà de l’émotion bien légitime ressentie par les salariés, ce qui frappe est sans doute le sentiment de gâchis qui s’est exprimé sur les réseaux sociaux. Signe que Buzzfeed n’a pas démérité, loin de là, alors même que lors de son lancement en 2013, ce site sentait le souffre avec son mélange d’info et de divertissement. Il faut dire que Buzzfeed France s’est fait remarquer ces derniers temps par des informations sur le financement libyen de la campagne de Sarkozy et une enquête très documentée sur un restaurant parisien, L’Avenue, où les réservations de la clientèle voilée du Golfe et les noms à consonance arabe étaient systématiquement écartés.

Alors qu’est-ce qui justifie l’arrêt de Buzzfeed en France ? La direction n’est pas très claire. On comprend qu’elle a révisé à la baisse ses perspectives de croissance en Europe et qu’elle n’a pas atteint ses objectifs aux Etats-Unis où elle a déjà supprimé une centaine d’emplois. Pourtant, Buzzfeed maintient ses éditions ailleurs en Europe et le site peine à expliquer pourquoi il n’avait même pas commencé à commercialiser la publicité localement en France.

Du coup, la question qui se pose est peut-être tout simplement de savoir si cet arrêt n’acte pas la fin d’un modèle dans un pays où le contenu de marques, le brand content, est déjà très développé. Il est déjà abondamment pratiqué par les groupes médias comme par les pures players du type Brut, Vice, Minute Buzz ou Konbini. Et la captation de plus de 90 % des revenus publicitaires numériques par Facebook et Google ne peut que fragiliser ceux dont la seule source de revenus est la publicité.

Parallèlement, Facebook s’efforce de fidéliser ses aficionados en créant une plateforme vidéo, Watch, et ouverte à tous les grands médias de l’image : ABC, CNN, Fox News, Univision. Huit émissions d’information seront visibles bientôt sur cette plateforme. Evidemment, Buzzfeed est incité par son actionnaire NBC Universal à produire elle aussi des émissions vidéo et à les revendre à Facebook et aux chaînes. De même que la télé se diversifie en allant vers le digital, les acteurs du web cherchent à capter les dollars de l’image. C’est aussi une façon de contrecarrer le changement de l’algorithme de Facebook, en janvier. En privilégiant les amis plutôt que les médias, le fil d’actualité a fait baisser fortement l’audience de Buzzfeed, selon le site Digiday, et une stratégie alternative s’est peu à peu imposée.