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Nasser Al-Khelaifi, multicartes du Qatar

Par Bruno Faure

Président du PSG, patron de BeIn media, ambassadeur bis du Qatar : Nasser Al-Khelaifi, dirigeant aux multiples casquettes, est devenu une icône du sport business. Issu d’une famille modeste, il a connu des hauts et des bas, dans le football comme dans les affaires.

« Le fair-play financier n'est pas juste, ce n'est pas bien pour le foot », affirmait Nasser Al-Khelaifi quelques mois avant le verdict attendu de l’UEFA. Celui qui depuis son arrivée à la tête du Paris-Saint Germain en 2011 multiplie les achats de stars comme Ibrahimovic ou Neymar assume en effet la politique dépensière de son club et de ses investisseurs qatariens. « J'achète ce que je veux, où je veux, quand je veux », s’amusait ainsi le rappeur La Fouine dans une chanson dédiée en 2014 au patron de Qatar Sport Investments, filiale d’un fonds souverain de ce petit pays du Golfe Persique.

La bonne rencontre

Egalement directeur général de BeIn Media, qui détient les droits télé de la Coupe du monde en Russie, Nasser Al-Khelaifi est de fait l'une des personnalités les plus influentes du Qatar. C'est là qu'il a grandi, est devenu un champion de tennis et a réussi une ascension fulgurante décrite par l’auteur de l'ouvrage « Qatar : les secrets du coffre-fort », le journaliste Georges Malbrunot : « Nasser Al-Khelaifi vient d’une famille de pêcheurs plutôt modeste, il n’est pas issu de la famille régnante, c’est un roturier, mais qui est devenu rapidement un ami de celui qui allait devenir l’émir Cheikh Tamim puisqu’il a été son professeur de tennis. L’Emir lui a fait ensuite gravir un à un les échelons du sport et des affaires puisqu’au Qatar, les deux sont intimement liés. »

Les foudres du Prince

Et c'est ainsi qu’en devenant l’homme de confiance du pouvoir, il décroche en 2011 son Graal : la présidence du Paris-Saint-Germain, club français à la recherche de sa gloire passée. A coups d’investissements majeurs, il décroche de nombreux titres sur la scène nationale, remplit le Parc des Princes et redonne du baume au cœur des supporteurs de la capitale. Mais ils restent éternellement frustrés par les échecs sur la scène européenne, notamment l’inoubliable humiliation à Barcelone le 6 mars 2017. Après la défaite 6-1 en match retour des 8è de finale de Ligue des Champions, Nasser Al-Khelaifi a le courage de venir s’expliquer devant les journalistes au Camp Nou et parle d’un « cauchemar ». Cet épisode de la « remontada » marque les esprits et met le doute dans celui de ceux qui, au Qatar, tiennent les cordons de la bourse. Et dont l’objectif est de gagner la plus prestigieuse compétition européenne avant l’organisation de la Coupe du monde 2022. « Les résultats de Nasser Al-Khelaifi à la tête du PSG sont plutôt en-deçà des espérances », explique Georges Malbrunot, « ce qui a d’ailleurs nourri des rumeurs sur des frictions avec le Cheikh Tamim. Les Qatariens n’étant pas des philanthropes, Nasser Al-Khelaifi pourrait subir les foudres de son patron ».

Ambassadeur bis

Car le milliardaire d’aujourd’hui, homme toujours bien peigné de 44 ans, est devenu aussi un véritable ambassadeur de son pays sur le sol français. Emmanuel Macron l’a personnellement félicité pour l'arrivée de Neymar. Nicolas Sarkozy est régulièrement à ses côtés dans le carré VIP de la tribune présidentielle du Parc des Princes. « même si c’est quelqu’un de relativement discret et que l’on ne voit pas sur la scène mondaine parisienne, Nasser Al-Khelaifi a un carnet d’adresse extrêmement fourni. A partir du moment où le Qatar joue la carte de la diplomatie sportive, Nasser Al-Khelaifi est aussi un personnage politique de son émirat qui fait du sport un vecteur de son développement. »

« Personne ne nous arrêtera »

En attendant la très critiquée Coupe du monde 2022 au Qatar dont il est membre du comité d’organisation, Nasser Al Khelaifi, accusé aussi de corruption pour l'attribution de droits télés pour celles de 2026 et 2030, ne veut pas laisser de place au doute. Récemment interrogé sur Europe 1, il vantait les louanges de ceux qui l’ont placé là où il est: « Je suis très fier de mon pays, je suis très fier de notre émir, qui a vraiment une grande vision. Personne ne nous arrêtera. »

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