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Trop de roses en Bulgarie : les prix piquent du nez

Par Claire Fages

La Bulgarie est mondialement réputée pour ses roses et l'essence qui en est extraite. Mais cette année les horticulteurs bulgares sont mécontents, le prix du kilo de pétales s'est effondré.

Les producteurs bulgares de roses sont furieux. En signe de protestation, c’est assez inhabituel, ils ont déversé samedi dernier des pétales de roses dans les rues de Kazanlak, la capitale de la fameuse « vallée des Roses », au centre du pays d’Europe orientale. Le kilo de pétales ne vaut plus que 1,3 lev, soit un demi-euro, trois à cinq fois moins que les années précédentes.

Un millier d’hectares de rosiers en plus

En cause, une surproduction de roses en Bulgarie. 16 000 tonnes de pétales ont été récoltées selon le ministère de l’Agriculture, un quart de plus que l’an dernier. Les surfaces de rosiers, quelque 5 000 ha, ont explosé : +22 % en un an, après déjà 25 % d’extension au cours des deux années précédentes. D’où un engorgement des distilleries bulgares. Elles fabriquent l’huile essentielle de rose de Damas utilisée dans les parfums et les cosmétiques du monde entier.

Une huile de rose qui se vend elle-même un peu moins cher depuis un an : 10 000 euros le kilo en moyenne en 2017, c’est encore deux fois et demie le prix de 2009, mais on a bien reculé depuis le record de 13 500 euros atteint en 2016.

Victime de son succès

L’huile essentielle de rose bulgare est en quelque sorte victime de son succès. Les débouchés grandissent, mais la production grandit encore plus vite. En Bulgarie, on a produit plus de 3 tonnes d’huile essentielle l’an dernier, 18 % de plus qu’en 2016, selon IntelAgri.

La Turquie s’est également engouffrée dans ce secteur, elle fournit aujourd’hui les deux tiers du marché mondial de l’essence de rose. Une partie de cette production turque se retrouve d’ailleurs frauduleusement mélangée à l’huile essentielle bulgare, ce qui participe à la baisse des prix.

Bientôt une loi sur la rose

Le ministre bulgare de l’Agriculture promet une « loi sur la rose » pour restaurer l’image de marque de la rose bulgare, il s’engage aussi à subventionner les producteurs de roses, de plus en plus tentés par d’autres plantes aromatiques, comme la lavande et le lavandin, la mélisse et la camomille.

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