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ZTE: le revirement de Trump face à la Chine

Par Aabla Jounaïdi

Donald Trump change de ton vis-à-vis de la Chine, ou plus précisément de ZTE, le géant chinois des télécoms. Dans un « tweet » publié hier, le président américain annonce qu'il veut finalement sauver le fabricant qui, depuis avril dernier, est en partie au chômage technique, faute de pouvoir se fournir en pièces américaines pour fabriquer ses téléphones. Visiblement, les pourparlers en cours ont eu une issue heureuse pour les Chinois.

Il y en a un qui doit être déboussolé depuis hier soir, c’est l’électeur de Donald Trump.

Hier, dans son premier tweet de la journée, le président américain déclarait : « le président chinois Xi et moi travaillons ensemble pour donner à ZTE un moyen de reprendre ses activités, vite. Trop d’emplois perdus en Chine. Le département (américain) du Commerce a reçu l’ordre d’y parvenir ! »

Les commentateurs politiques outre-Atlantique relèvent l’ironie du propos chez un président qui n’a cessé de dire jusqu’ici que les entreprises chinoises menaçaient les emplois américains.

Mais également leur sécurité nationale. La CIA, le FBI, la NSA soupçonnent d’ailleurs les géants chinois des sociétés de télécommunication (ZTE, mais aussi Huawei) d’être le bras armé de Pékin pour prendre la tête du marché de la 5G et inonder de ses téléphones les consommateurs américains afin de leur usurper plus facilement leurs données. Ce qu’a rappelé dans un autre tweet hier Adam Schiff, un membre démocrate de la Commission du Renseignement à la Chambre des représentants. « Vous devriez vous soucier davantage de notre sécurité nationale que des emplois chinois » a-t-il réagi.

La position de Trump prend à contre-pied l’action du département du commerce américain

ZTE est dans le collimateur du département du commerce américain depuis plusieurs années, depuis que la société de télécommunication chinoise a été accusée d’avoir violé l’embargo américain en fournissant des équipements à l’Iran et à la Corée du Nord en 2012. ZTE a dû payer une lourde amende l’an dernier, mais pour avoir menti sur ses engagements, le département américain a décidé le mois dernier de pénaliser à nouveau ce groupe en interdisant pendant 7 ans aux entreprises américaines de lui fournir des composants électroniques. C’est cette sanction que ZTE voudrait voir lever.

Lorsque le président américain intervient ainsi directement au sujet d’une « procédure » gérée jusqu’ici par le département du commerce, il montre encore une fois que ce qui compte pour lui, ce n’est pas de suivre et d’appliquer la réglementation et les sanctions prises. Les Européens en savent quelque chose. Ce qui compte pour Trump, c’est le rapport de force du moment.

Les négociations entre Pékin et Washington vont bon train

Naturellement, Pékin « appuie » ZTE qui a dû suspendre en partie ses activités. Pour sauver les 80 000 emplois de ZTE, le pouvoir chinois envoie à Washington cette semaine son vice-premier ministre, le « monsieur économie » Lui Hé. Pour tenter aussi d’aplanir les tensions commerciales qui sont au plus fort depuis des semaines avec notamment les restrictions à l’importation de produits chinois aux Etats-Unis qui doivent entrer en vigueur la semaine prochaine. ZTE est en ce sens, un symbole.

En s’en prenant à ZTE, l’administration Trump montre qu’elle peut faire très mal à l’économie chinoise. Et en revenant sur les sanctions (au moins en paroles), Trump prétend faire une concession. Mais en fait, ce dossier démontre à quel point les économies chinoise et américaine sont dépendantes. Les Chinois, des composants électroniques américains et les Américains, des smartphones « made in China ».

Et comme souvent, l’économie et la géopolitique sont intimement liées. Les négociations commerciales s’accélèrent aussi, car dans un peu plus d’un mois a lieu le sommet tant attendu entre le dirigeant coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump pour mettre fin au programme nucléaire controversé. Un dossier dans lequel Washington est contraint de s’appuyer sur la Chine, n’en déplaise à l’électeur de Donald Trump.

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