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Agenda culture Afrique du 22 au 28 avril 2018

Par Magali Lagrange

Où sortir aujourd'hui et la semaine prochaine ? L’agenda culturel africain, avec Anne Bocandé, rédactrice en chef d’Africultures. Pour commencer, la cinémathèque tunisienne propose de mettre en avant des films où le personnage principal est la musique.

C’est le dernier jour pour profiter du cycle « documentaire et musique » proposé par la Cinémathèque tunisienne. À l’honneur par exemple, le film Du Mali au Mississippi, sur les traces du blues signé par Martin Scorsese. Vous avez aussi pu voir El Gusto de Safinaz Bousbiba : une plongée dans l’histoire de ce groupe de musique chaabi composé de musiciens juifs et musulmans, séparés par l’histoire et qui se retrouvent.

Et puis, ce dimanche 22 avril, ne ratez pas le film de Renaud Barret et Florent de la Tullaye sur le groupe de musique congolais Staff Benda Bilili. Ça se passe à 18h à la Cité de la culture de Tunis. Pour approfondir vos connaissances, découvrez toute l’histoire de la naissance de cette cinémathèque tunisienne dans un article sur africultures.com « La longue marche de la cinémathèque tunisienne ».

Édition 2018 du festival Sahel hip-hop et musiques du monde à Niamey et Agadez

La musique bat son plein à Niamey et Agadez avec la 4e édition du festival Sahel hip-hop et musiques du monde. Cette année, la thématique retenue est « migrations et extrémisme violent : de l’urgence d’offrir à la jeunesse africaine une alternative et des perspectives d’avenir ».

Au programme depuis vendredi, des concerts et aussi des projections de films, comme celui de Souleymane Ag Anara, intitulé Les enfants du Sahara, sur les traces des musiciens touaregs en Afrique du Nord, qui, par leur condition et leur histoire de circulation, questionnent en permanence les frontières. Le rappeur Didier Awadi, tête de proue du hip-hop au Sénégal, est l’un des artistes phares annoncés pour le festival Sahel hip-hop. Son titre Oser inventer l’avenir mêle ses textes aux discours historiques de Thomas Sankara.

Togo : Yao Bobby, rappeur engagé dans l’activisme culturel

Incertitudes sur la tenue du festival Désenchainés au Togo, à l’initiative du rappeur Yao Bobby. Il devrait en effet, mais le festival est malheureusement remis en question actuellement pour des raisons de sécurité, du fait de vagues de banditisme qui sévissent en ce moment au Togo.

Le festival Désenchainés est un mélange des genres et des générations. Faire se rencontrer la culture hip-hop, « citoyenne et engagée » avec les traditions, comme l’affirme Sandra, dans l’équipe fondatrice du festival. Il était prévu par exemple un temps fort mêlant danses traditionnelles et break dance et un concert live mêlant artistes émergents avec artistes plus confirmés. Mais soulignons cette initiative et n’hésitez pas à suivre l’activisme culturel de fond que mènent Yao Bobby et son équipe.

Yao Bobby, que vous pouvez retrouver par ailleurs dans le Journal rappé togolais qu’il a lancé, où il décrypte régulièrement, aux côtés d’autres artistes, l’actualité. Depuis quelques années, il organise à Agbodrafo, à une trentaine de kilomètres de Lomé, le festival Désenchainés.

Deux motivations animent particulièrement Yao et son équipe. L’une d’elles, qui justifie l’idée de faire le festival à Agbodrafo, ville marquée par l’histoire de l’esclavage, est la profonde inégalité entre les territoires, entre la capitale Lomé et le reste du pays, en matière de rencontres et de valorisation des pratiques artistiques et culturelles. L’autre est aussi la tendance des artistes, aujourd’hui, à prendre pour uniques modèles les artistes européens et américains, en délaissant des pratiques culturelles mal connues de leurs propres espaces.

Valoriser la culture

Alors « Se désenchainer c’est avant tout ouvrir son esprit, s’ouvrir aux autres, et partager », confiait Yao Bobby. Et il ajoute : « Au Togo, se désenchainer aujourd’hui c’est briser les frontières entre les générations, et aussi briser les chaines imposées par la colonisation et dont les marques sont encore présentes ».

Le festival est reporté. Mais au-delà de ce temps fort, le projet de Yao Bobby est la construction du centre culturel LesChangeurs. Il devrait en effet voir le jour en septembre prochain à Agbodrafo avec un studio d’enregistrement, un lieu de spectacle, une bibliothèque, un centre informatique. Un espace de soutien à la création et la production, qui permettent le partage des savoir-faire culturel et artistique. Comme nous le dit justement Sandra : « Beaucoup de gens ici savent conter, danser, fabriquer des marionnettes, des jeux avec des objets récupérés... Il est important de valoriser ce qui se fait ici et de le faire voyager et grandir par le biais d’échanges et de rencontres ».

C’est donc toute la dynamique que propose l’équipe du festival Désenchainés, qui est, comme on vient de le voir bien plus qu’un festival.

Retrouvez ces informations et bien d’autres actualités culturelles sur www.africultures.com et sur la page Facebook de vos médias : Africultures/Afriscope.