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Le haut-débit, accélérateur de la croissance économique?

Par Stanislas Ndayishimiye

« Le numérique en Afrique : retours et perspectives sur un levier essentiel de développement », ce thème a fait l’objet d’une journée d’échanges à Paris le 6 avril 2018. Organisée par un cabinet d’avocats et la FIRIP, la Fédération des industriels des réseaux d’initiative publique, cette conférence sur « le numérique en Afrique » a relevé des besoins importants en infrastructures pour l’accès au haut débit sur le continent.

Historiquement dédiés à la transmission de la radio et de la télévision, les satellites de communication fournissent aussi aujourd’hui un accès à Internet. Ils sont indispensables notamment dans les zones sans raccordement à la fibre optique et c’est un filon qu’exploite la société française Eutelsat, selon Astrid Bonté, responsable des relations internationales. « Eutelsat a lancé depuis le mois de juin 2017 Connect Africa, qui est un service d’accès Internet haut débit, donc par satellite, c’est-à-dire disponible partout et de nouvelle génération, c’est-à-dire abordable et opérationnel déjà dans 9 pays. Il sera opérationnel dans plus de 10 pays supplémentaires d’ici la fin de l’année. »

Améliorer l’accès au haut débit se traduit immédiatement par une hausse de la croissance

Pour Astrid Bonté, parler du numérique comme levier de développement en Afrique, ce n’est pas une légende. « Deux éléments me viennent à l’esprit. Le premier élément, c’est une citation de Barack Obama : l’ancien président américain dit que l’accès Internet n’est plus aujourd’hui un luxe, mais c’est une nécessité. Et ça on le voit tous les jours en Afrique, en Europe et dans le monde entier. Et puis, un élément factuel important en chiffres : quand on fournit dans un pays en accès haut débit 10 % de couverture supplémentaire, c’est 1,4 % de croissance du PIB en plus par an. »

Éviter un monopole du privé sur la fourniture des réseaux

L’accès au haut débit reste très cher pour les pays africains, même si les coûts ne cessent de diminuer. Mais la plupart des pays africains n’ont pas encore établi de schéma directeur d’aménagement numérique. Cela peut pénaliser les utilisateurs, surtout si la conception des réseaux est dominée par des groupes privés.

Stéphane Lelux, président du groupe Tactis et de la Commission internationale de la Firip, en fait le constat. « Aujourd’hui on constate par exemple au Burkina Faso, les coûts de la matière première, c’est-à-dire le mégabit d’accès à Internet, sont à peu près 200 fois plus chers qu’en Europe », affirme-t-il. Puis d’ajouter : « Il n’est pas possible aujourd’hui pour une start-up à Ouagadougou de développer un service qui serait attractif dans ces conditions-là. Il faut absolument stabiliser le cadre, puisqu’on est sur les infrastructures. Il faut compter 10 à 15 ans parfois pour pouvoir atteindre des rentabilités et évidemment, si on ne stabilise pas le cadre, on ne peut pas arriver à mobiliser ces investisseurs privés. » Stéphane Lelux insiste : « On est en train de parler d’investissements de l’ordre de 15 milliards d’euros par an à l’échelle du continent africain. La mobilisation de tous les investissements publics et privés est nécessaire. Et il faut s’assurer que le pays ne perd pas sa souveraineté dans un domaine stratégique et numérique. »

Pour profiter pleinement du numérique, les pays africains doivent relever trois défis : baisser le prix d’accès, couvrir la totalité des territoires et inclure l’ensemble de la population aux usages numériques.

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