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Revue de presse française
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A la Une: Macron l’instit

Par Norbert Navarro

Emmanuel Macron persiste et signe. Le président s’est adressé hier aux Français depuis une classe d’école. Macron « l’instit » ! Ce pourrait être le titre du premier épisode de cette série présidentielle, qui en comptera deux (d’épisodes), avec le nouveau rendez-vous média dimanche soir, sur BFM Télé et Mediapart.

Depuis l’école d’un village percheron, le président, parmi les pupitres, entouré de cahiers, de trousses et de dessins d’enfants, a, plus d’une heure durant, fait la classe aux Français.

Et à « la Une » du Figaro, le chef de l’Etat, inévitablement, est baptisé « le professeur Macron ». Pourquoi « professeur » et non pas « instituteur » ou « instit » - pour reprendre le titre d’une ancienne série télé bien connue des Français ? Parce que le quotidien conservateur a beaucoup apprécié la leçon durant laquelle le « prof » Macron a rappelé « quelques principes simples (et trop souvent oubliés) » souligne Le Figaro, comme par exemple la dépense publique qui est réglée par les impôts ; ou la dette qui est « l’impôt au carré ». Emmanuel Macron a fait le « pari de la pédagogie » et du « discernement: de la raison », énonce ce quotidien conservateur.

Même satisfaction à « la Une » du journal L’Opinion. Sur tous les sujets de tension, Emmanuel Macron a « tenu bon », souligne ce journal proche de la droite. Qui salue la « fermeté de son approche politique » et la « constance de son objectif ». Mais « a-t-il convaincu ceux à qui il a demandé avec insistance des efforts ? A-t-il pris un risque ? Certainement », admet L’Opinion.

Quant au journal Les Echos, il applaudit « en manchette » le « geste » de Macron en faveur de l’épargne salariale, avec l’annonce par le chef de l’Etat, de la suppression, pour les entreprises de moins de 250 salariés, d’un impôt sur la distribution de ce complément de rémunération. Pour le quotidien économique français, c’est tout simplement « le bon cap » qu’a choisi Emmanuel Macron en faveur de l’intéressement des salariés aux fruits de l’entreprise. Les Echos salue au passage une mesure s’inspirant de la « tradition gaullienne ».

Alors, Emmanuel Macron a-t-il réussi à se défaire des étiquettes de « président des riches » et de « président des villes » qui lui « collent à la peau », se demande Le Parisien ? Prudent, ce quotidien se garde bien de répondre, estimant que « le professeur Macron (tiens tiens, revoilà « le professeur » !) réussit plutôt son exercice de pédagogie. Mais pour les travaux pratiques, faute de résultats, c’est une autre histoire. »

Macron : on connaît la chanson

Et cette réserve s’affiche nettement ce matin dans les réactions de la presse proche de la gauche. Nettement. Ça l’est surtout à « la Une » de l’Humanité.  Le quotidien communiste estime que Macron s’est montré « sourd au mouvement social » dont il a pris, selon ce journal, les acteurs pour des « cancres ». L’Huma dénonce aussi le « ton condescendant » de cette « communication » présidentielle et, au sujet de la grogne dans les universités, l’a trouvé « inflexible et autoritaire ».

« C’est un président qui fait non, non, non, non, non.. », chante ainsi « en Une » Libération, sur un air de Michel Polnareff.

Cheminots, étudiants, 80 km/h, Notre-Dame-des-Landes, pouvoir d’achat des retraités…, ce journal trouve que le président n’a « lâché sur rien ». Et il se souvient du Premier ministre Alain Juppé qui était « droit dans ses bottes » face à une grogne sociale qui aura raison de lui [en 1995]. Macron, lui est « droit dans ses studios », formule Libé. Lequel quotidien trouve qu’il y a « du caméléon dans cet homme-là, dont il maîtrise les facettes avec un brio incontestable : intello avec les intellos, catho avec les cathos, bobo avec les bobos, prolo avec Pernaut ». Toutefois, prédit Libération, ce « bonapartisme souriant (…) ne calmera pas la colère des cheminots ni l’ire de certains étudiants ».

De son côté, le journal en ligne Mediapart, a vu dans l’intervention télévisée du président hier en mi-journée « sans doute un tour de chauffe en attendant l’entretien dimanche avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin ».

« On allait voir ce qu’on allait voir. Et on a vu ce qu’on a vu, c’est-à-dire pas grand-chose », estime Mediapart, « le fonceur s’en est tenu au surplace des carabiniers d’Offenbach ». A l’exception de la forme, la nouveauté de cet entretien était le décor « enfantin ». Mediapart relève donc l’ambiance « sentimentale et familiale » dans laquelle s’est déroulée cette séquence télévisée. Et après Libération qui chantait Polnareff, chante à son tour Trenet. « Douce France, cher pays de mon enfance, bercé de tendre insouciance… Charles Trenet a bien du charme, mais pour « le monde nouveau il faudra repasser », conclut Mediapart. »

Macron : droit dans ses bottes

La presse régionale, bien entendu, ne manque pas ce matin de commenter cette intervention présidentielle qui avait pour cadre la France des territoires. Beaucoup de commentaires sur la limitation de la vitesse à 80 km/h à partir de juillet prochain sur les routes secondaires de France. Mais au-delà de cette préoccupation franco-française, la presse quotidienne régionale disserte longuement ce matin sur cette intervention présidentielle.

C’est ainsi que le journal Le Midi libre a trouvé que le chef de l'État restait « droit dans ses bottes ».

« Droit dans ses bottes, calé sur ses rails », confirme La Nouvelle République du Centre, qui trouve qu’Emmanuel Macron est « un prestidigitateur, un magicien »

« Le chef de l'État préfère qu'on le dise cassant plutôt qu'indécis », analyse Les Dernières Nouvelles d'Alsace

« L'homme pressé de l'Élysée assume », énonce La Voix du Nord.

Le chef de l'Etat aura donné l'impression hier de « brasser du vent, remarque Nice-Matin, il a « fait de la com'» ».

Pas d’accord, rétorque La Presse de la Manche « Emmanuel Macron s'est livré à un exercice de cohérence appliquée. (…)  La prestation d'hier se veut explicative, sans arrogance et optimiste (…) Aux citoyens d'apprécier ». A chacun, donc, sa vérité… Et en même temps…

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