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J-P Lacroix (ONU): «Mobiliser tous ceux qui sont en faveur de la paix en RCA»

Par Edouard Dropsy

Jean-Pierre Lacroix, le patron des casques bleus, est en visite à Bangui avec Smaïl Cherghi, le commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine. Les deux émissaires arrivent dans un contexte tendu avec une reprise des violences dans le quartier du PK5 après une opération de la Minusca et des forces intérieures centrafricaines, visant à désarmer et déloger les groupes d’autodéfense. Bilan de cette opération, qui a commencé samedi dans la nuit, au moins 24 morts parmi les civils et des tensions en province. Jean-Pierre Lacroix, qui revient également sur le renforcement des contingents de la Minusca, est l’Invité d’Afrique de ce vendredi. Il est au micro de notre correspondant à Bangui.

RFI : Vous arrivez à Bangui dans un contexte de reprise de violence – 24 morts au moins au PK5 –, après l’opération de mardi. Pouvez-vous nous dire qui a tiré sur ces gens ?

Jean-Pierre Lacroix : Qu’est-ce qui s’est passé à Bangui, au PK5 ? La population nous a demandé, depuis plusieurs mois, de les aider à mettre fin aux exactions des groupes criminels. Et il y a eu plusieurs mois de dialogue et de tentative de régler cette affaire de manière pacifique. Et puis, il a fallu se rendre à l’évidence que, pour aider au retour de l’ordre et libérer les populations de cette emprise, il fallait aussi agir par la force. Nos casques bleus, à la suite de cette première offensive, se sont retirés. Mais lorsque nous avons vu que ces éléments armés voulaient déborder le PK5 et se répandre au-delà de ce quartier, dans le reste de Bangui, et lorsque nous avons vu que des éléments armés, de l’autre côté, étaient prêts à s’opposer, alors là, nous sommes à nouveau intervenus pour éviter un bain de sang. Et c’est dans ce contexte que les forces centrafricaines et la Minusca ont fait face à des éléments extrêmement lourdement armés. Nous avons eu un mort et puis il y a eu aussi ces morts – nombreux –, beaucoup, sans doute, parmi ces jeunes, qui ont été manipulés par les chefs de bande et qui se sont affrontés à nous avec, encore une fois, des armes lourdes. Il y a beaucoup de morts, nous les déplorons, nous sommes en colère. Et nous ne sommes pas en colère contre ces jeunes qu’on a manipulés et qu’on a mis devant nous, avec leurs armes. Nous sommes en colère contre les chefs de bande, ceux qui les utilisent ces jeunes à des fins criminelles.

C’est quand même des accusations très sérieuses contre les casques bleus rwandais. Balla Dodo Atahirou, par exemple, le maire du IIIe arrondissement, affirme que ce sont des Rwandais qui ont tiré sur cette foule.

Mais si on commence par se fonder sur ceux qui affirment des choses péremptoires, notamment pour mettre en cause la communauté internationale. A ce moment-là, on rentre dans ce jeu. Je suis désolé de le dire. On rentre dans ce jeu des manipulations de ceux qui ne veulent pas la paix. Nous, nous ne voulons pas rentrer dans ce jeu. Parce que, nous avons un travail très résolu à faire au service des Centrafricains, au service de la paix.

Est-ce qu’il va y avoir une enquête sur ce qui s’est passé mardi au PK5 ?

Nous faisons toujours une enquête. Et nous avons entamé ce travail. Bien entendu. Parce que, nous voulons tirer des leçons de chaque épisode douloureux, qui se traduit par des victimes.

Sept cents casques bleus brésiliens étaient censés arriver au plus tard au mois d’avril pour renforcer la Minusca. Savez-vous quand ils doivent arriver et s’ils vont arriver ?

Il est vrai que nous avions beaucoup compté sur le Brésil, qui, dans les forces armées notamment, s’était énormément engagé en faveur de ce projet. Mais ce qu’il apparaît aujourd’hui, c’est que le Brésil ne pourra pas rejoindre, en tout cas cette année, la Minusca. Donc, nous sommes en contact avec d’autres pays…

Quels pays ?

Du Rwanda. Mais il va falloir faire davantage pour arriver à renforcer la Minusca.

Aujourd’hui, les groupes armés de l’est de la Centrafrique, le FPRC, le MPC, l’IPC, estiment que l’initiative de paix est remise en cause, avec cette opération PK5. Est-ce que la Minusca et l’Union africaine ne sont pas un petit peu prises au piège ?

Il y a, encore une fois, des chefs de bande qui sont contre la paix. Mais ce que je voudrais rappeler c’est que cette initiative de l’Union africaine a déjà enregistré des progrès encourageants. Evidemment, on est loin d’être arrivés au terme. Alors, est-ce qu’il faut se laisser détourner par des épisodes si graves et si tragiques soient-ils ? Non, bien sûr. Au contraire, il faut redoubler. Et mobiliser tous ceux qui sont en faveur de la paix par le dialogue : l’Union africaine, Nations unies en soutien et, bien sûr, les Centrafricains au premier rang. Parce que, la paix, elle se fera par les Centrafricains.

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