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Bonjour l'Europe
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«Futbol, le Ballon rond de Staline à Poutine»

Par Régis Genté

Nous lançons aujourd’hui notre série de « Bonjour l’Europe » consacrée à l’histoire, très politique, du football russe et soviétique… et ce, en prévision du Mondial 2018, qui se tiendra en Russie du 14 juin au 15 juillet. Notre correspondant à Tbilissi, Régis Genté a écrit un livre consacré à cette histoire : « Futbol, Le Ballon rond de Staline à Poutine », qui sera publié fin mai. Dans cette série, il nous raconte chaque semaine un des moments de cette histoire, folle, rocambolesque, grave… Commençons par le début avec l’arrivée du ballon rond sur la terre russe, pas vraiment faite pour ce sport !

En effet… la Russie est immense, pas pratique pour organiser des championnats, et elle est surtout bien trop froide. Mais, comme partout, ce sont les Anglais qui ont apporté le ballon rond en Russie… dans les années 1870. Et c’est donc par les ports, d’abord celui de Saint-Pétersbourg, que le ballon rond a débarqué en Russie. Ce qui fait d’ailleurs qu’au tout début, seuls les Anglais pratiquaient le football, sur des terrains autour des usines dans lesquelles ils avaient investi dans une Russie qui découvre l’industrialisation, le capitalisme, l’urbanisation… et donc le sport moderne…

Quand les Russes se mettent-ils au football ?

Ils s’y mettent, peu à peu. Des clubs, très « britishs », comme le « Cercle des Sportsmen », se créent dans les années 1890, où l’on pratique aussi le hockey sur glace, la lutte ou le cyclisme… D’abord, côté russe, ce sont les aristocrates qui tapent dans la balle, puis des bourgeois, la classe émergente des comptables et ingénieurs. C’est ainsi que l’on voit apparaître des championnats de datchas, ces résidences secondaires à la campagne, qu’adorent les Russes… Championnats dans les villes placées le long des nouvelles voies ferrées. Il n'y a pas encore de championnat national, il ne sera créé qu’en 1936.

Et puis les ouvriers organisent bientôt leur propre championnat, que l’on appelle « sauvage », parce que le pouvoir tsariste se méfie des rassemblements populaires et les interdit. Aussi les prolétaires jouent-ils dans les terrains vagues, les cours d’immeuble et même les enclos des cimetières.

C’est la « lutte des classes » sur le rectangle vert ?

Un peu oui, même si finalement au fil des ans tout le monde se mélange. On a l’impression que c’est vraiment la passion du football qui l’emporte, avec les premières vedettes qui, suprême honneur, se voient affublés de surnoms, parfois même anglais… comme l’attaquant Evguéni Nikishine que l’on appelle « Jack ».

C’est une passion envahissante… qui va embarrasser les bolchéviques, après la révolution de 1917, parce que pour eux, le football est un sport bourgeois, aux antipodes de leur idéologie.

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