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législatives en Hongrie: l'embarras de l'Union européenne

Par Pierre Benazet

En Hongrie, avec son éclatante victoire (48,8% des votes) le Fidesz de Viktor Orbán devrait décrocher une écrasante majorité parlementaire des deux tiers, soit 133 des 199 sièges de la diète nationale magyare. Ce raz-de-marée en faveur de Viktor Orbán risque d’avoir à l’échelle européenne un impact assez lourd qui se fait déjà sentir depuis ce lundi, entre les félicitations des partis nationalistes et populistes et les réactions embarrassées des gouvernements et institutions européennes…

de notre correspondant à Bruxelles,

Des réactinos embarrassées effectivement et la lenteur des réactions le démontre à l’envi. Les Européens ont d’abord gardé assez longtemps le silence et il aura fallu attendre la mi-journée lundi pour que les premières félicitations soient envoyées et encore, du bout des lèvres. La chancelière allemande Angela Merkel a fait savoir (par le truchement de son porte-parole) qu’elle allait envoyer ses félicitations à Viktor Orbán pour cette nouvelle réélection en précisant que ce serait fait « comme il est d’usage lors d’élections en Europe » et en ajoutant que les désaccords subsistent, sur les questions migratoires entre autres.

Ce manque d’enthousiasme semble partagé par le président de la Commission européenne puisque Jean-Claude Juncker a lui aussi fait savoir qu’il allait féliciter Viktor Orbán et lui dire que les valeurs de l’UE devaient être respectées par tous les États. Le président du conseil européen Donald Tusk s’est juste contenté de demander au Premier ministre hongrois d’être constructif pour maintenir l’unité de l’Union européenne.

Les dossiers qui fâchent

C'est que les pommes de discorde ne manquent pas entre le Premier ministre hongrois et ses partenaires européens. Il y a eu en particulier les tensions très fortes sur la question migratoire qui ont commencé lors de l’afflux massif de migrants à partir de l’été 2015, des tensions qui ont culminé avec le refus de la répartition de réfugiés par quotas ou lors de la construction du mur à la frontière hungaro-serbe.

Mais d’autres dossiers ne manquent pas d’empoisonner les relations euro-hongroises comme par exemple la loi sur les universités étrangères visant celle fondée par le milliardaire George Soros et qui a amené la commission européenne à entamer une procédure il y a un an à l’encontre de la Hongrie. Mais ces questions gênent surtout les Européens de l’Ouest, d’autant plus qu’elles font tache d’huile.

Un remake de la logique des blocs ?

C'est une épine dans le pied des projets européens du président français et Emmanuel Macron a justement critiqué ce lundi les partisans de la logique des blocs opposés les uns aux autres en Europe. Parce que la Hongrie de Viktor Orbán est loin d’être isolée. Le Premier ministre hongrois bénéficie d’un net soutien en Europe centrale et deux de ses homologues du groupe de Visegrád, le Polonais Tadeusz Morawiecki et le Tchèque Andrej Babiš ont été parmi les premiers à le féliciter pour sa victoire, y voyant la preuve de la nécessité de réforme du modèle européen.

Au centre des préoccupations est ici le fait que les programmes du Fidesz sont ouvertement hostiles à ce qui a été décrit pendant la campagne électorale comme l’influence nocive des institutions européennes. Et l’arrivée des élections européennes de 2019 empêche les institutions européennes de s’en prendre frontalement à Viktor Orbán car ces dernières craignent de renforcer le vote des eurosceptiques et des populistes qui voient en lui un champion du renouveau européen. Et l’équation est encore plus compliquée par le fait que son parti, le Fidesz, est membre du Parti populaire européen, le PPE, dont font aussi partie les présidents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission qui se refusent à exclure de leur club un politicien qui renforce leurs résultats électoraux et leur domination du Parlement européen.

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