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La Suède, ou l'avant-garde du féminisme en Europe

Par Frédéric Faux

En Europe, et dans le monde, depuis la naissance du phénomène #MeToo - la dénonciation sur les réseaux sociaux du harcèlement sexuel - on voit les sociétés évoluer. La Suède quant à elle, se distingue. Généralement, une relation sexuelle entre deux adultes est condamnée par la justice seulement si l'un des partenaires exerce des violences sur l'autres, ou s'il abuse de sa faiblesse. La nouvelle loi suédoise va rajouter une nouvelle condition.

C’est une loi qui va entrer en vigueur le 1er juillet et qui fait d’ores et déjà débat. Pour qu’une relation sexuelle soit consentante, il va maintenant falloir, en Suède, que les deux personnes aient expressément donné leur accord, qu’elles aient montré activement qu’elles veulent avoir cette relation. Dans les faits, un partenaire qui ne dit pas « non, je ne veux pas » n’est plus suffisant. Il doit dire « oui » explicitement. Pour reprendre les mots d’Isabella Lövin, vice-première ministre suédoise, « le sexe doit être volontaire, sinon c’est illégal ».

La difficulté d’appliquer une telle loi

La question de l’application de la loi est soulevée régulièrement en Suède. Va-t-il falloir signer un contrat avant de passer à l’acte ? Ou déclarer à ses amis, publiquement, que l’on s’apprête à le faire ?

Les juristes suédois ont encore quelques mois pour préciser leur pensée, mais pour le Premier ministre Stefan Löfven, qui considère cette loi comme très importante, son but n’est pas d’aboutir à une avalanche de condamnation, ou de rendre les relations sexuelles impossibles. Il s’agit surtout de changer les attitudes et les normes dans la tête des hommes, comme dans celle des femmes.

C’est un pari que la Suède avait déjà fait en 1999. A l’époque, elle avait été le premier pays au monde à poursuivre les clients de prostituées, plutôt que les prostituées elles-mêmes. Une loi qui a été depuis adoptée par de nombreux pays, dont la France.

Autre exemple qui vient de la société civile cette fois-ci : cet été est organisé un festival de rock interdit aux hommes. Une décision prise suite à une série d’affaires de viols lors de festivals de musique l’année dernière.

La Suède à l’avant-garde du combat féministe

Lors du phénomène #MeToo, c’est le pays en Europe où les réactions ont été les plus nombreuses. Elles ne se sont pas limitées au milieu du spectacle ou des médias. En Suède, ce sont des dizaines de milliers de femmes, de tous les milieux, qui ont témoigné.

Le gouvernement suédois avait alors promis d’agir, sur la durée, et une partie de cet engagement va se concrétiser par l’organisation d’une grande conférence internationale sur l’égalité homme-femme, sous l’égide de l’ONU. Cela va se passer à Stockholm, dans dix jours, avec la présence de grands noms comme l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, devenue une icône du féminisme en Afrique. L’idée est de confronter les expériences, alors que cette libération de la parole des femmes touche toute la planète, et bien sûr de promouvoir ce fameux modèle suédois.

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