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La presse grecque s'inquiète de la montée des tensions avec la Turquie

Par Charlotte Stiévenard

En Grèce, depuis plusieurs semaines, un sujet fait régulièrement la Une des journaux, les relations, de plus en plus tendues, avec la Turquie.

Dans la presse grecque, le sujet inquiète, comme en témoigne l’édition du week-end de Ta Nea. Ce quotidien de centre gauche titre en Une « Un mois d’avril brûlant avec la Turquie ». Une expression également reprise par d’autres journaux. Ils reviennent sur les appréhensions du gouvernement. Il craindrait un incident délibéré de la Turquie qui ferait l’effet d’une étincelle alors que le ton est monté entre les deux pays ces dernières semaines.

Des sujets qui fâchent

Les sujets qui fâchent sont nombreux. Certains d’entre eux grèvent déjà les relations gréco-turques depuis des dizaines d’années. C’est le cas notamment de la question chypriote. Le désaccord autour des zones maritimes d’exploration de pétrole et de gaz naturel de l’île s’est intensifié. Il y a deux mois, la Turquie a refusé de laisser passer un navire du groupe énergétique italien ENI.

La Turquie a aussi récemment relancé la question de l’appartenance des îlots rocheux d’Imia, déjà à l’origine d’un conflit qui aurait pu mener les deux pays à la guerre en 1996. Récemment, plusieurs incidents militaires ont eu lieu dans la région.

Et enfin, il y eut l’arrestation récente de deux militaires grecs. Ils avaient passé la frontière avec la Turquie au nord-est de la Grèce. Le gouvernement turc compare leur situation à celle des huit militaires turcs réfugiés en Grèce après le coup d’État manqué de 2016, huit militaires que la justice grecque refuse d’extrader depuis.

Dans la presse grecque, les critiques vis-à-vis de la Turquie sont nombreuses

Le journal conservateur I Kathimerini parle cette semaine de « facteur turc impénétrable et ouvertement agressif ». Et c’est justement la raison pour laquelle la Grèce doit entretenir de bonnes relations avec ses voisins des Balkans, d’après l’auteur de ce commentaire. Ils pourraient, selon lui, être eux aussi déstabilisés. La télévision publique grecque ERT, elle, a publié cette semaine sur son site internet un article dans lequel elle parle de « déclaration provocatrice » du président turc lorsqu’il a, je cite, « tenté de mettre en corrélation les cas des deux militaires grecs et ceux des huit officiers turcs ».

Certains journaux mettent aussi en cause les réactions du gouvernement grec et notamment de son ministre de la Défense Panos Kammenos

Le président des souverainistes des Grecs indépendants est aussi le partenaire de coalition. Ces dernières semaines, il s’est régulièrement exprimé en utilisant des termes plutôt guerriers. Ce jeudi, un quotidien libéral qui vient d’être créé, le Fileleftheros a donc titré en Une « Kammenos joue à la guerre ». Le Journal des rédacteurs, un quotidien de gauche, parle, lui, de « compétition de phraséologie de l’extrême » entre le ministre grec de la Défense et le président turc. Il cite Panos Kammenos déclarant que Recep Tayyip Erdogan « est devenu complètement fou. On ne répond pas au fou. » Et le second de répondre à ces déclarations peu diplomatiques que « Les autorités grecques abaissent continuellement le niveau des discussions avec la Turquie ». Alexis Tsipras a quant à lui, lancé en début de semaine, un appel à mettre fin à « l’escalade rhétorique ».

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