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Les Etats-Unis peuvent-ils gagner la guerre commerciale contre la Chine?

Par Dominique Baillard

Après les nouvelles menaces protectionnistes de Washington ciblant les produits chinois, Pékin a immédiatement riposté en annonçant des mesures équivalentes. La guerre a commencé ?

Les deux grandes puissances en sont encore au stade des sommations. Les Etats-Unis ont mis une nouvelle arme de défense en joue en brandissant une hausse des droits de douane de 25 % sur des produits chinois représentant 50 milliards de dollars. La Chine a réagi du tac au tac avec une mesure symétrique. Ce sont encore des menaces en l’air, les Américains prendront leur décision dans un mois et les Chinois n’ont pas fixé de calendrier, répétant à qui veut l’entendre qu’ils ne souhaitent pas cette guerre. Tous deux font la démonstration de leur capacité de nuisance. C’est un bluff, selon Jean-François Dufour, spécialiste de la Chine, mais attention, poursuit-il : « cela peut déraper, car une fois qu’on a fait monter les enchères, il est difficile de faire demi-tour ».

Ces mises en demeure réciproques, c’est l’équilibre de la terreur appliqué au commerce international ?

Il y a un équilibre apparent dans les montants concernés, mais une fois appliqués ces droits de douane pénaliseront surtout les Américains. Parce que la balance commerciale leur est défavorable, c’est d’ailleurs pour cette raison que Donald Trump a déclenché les hostilités. 10 % des exportations chinoises vers les Etats-Unis seront affectés, tandis que côté américain c’est 30 % des exportations vers la Chine qui seront compromises par la hausse des taxes. Les Chinois souffriront moins et il y a fort à parier que le déficit commercial dont se plaignent les Américains s’en trouvera aggravé. Et puis les Chinois ont frappé là où ça fait mal tout de suite : l’automobile, l’aéronautique, la Chine est le deuxième client de Boeing. Et enfin le soja, le tiers de la production américaine est exporté en Chine.

Les Américains, eux, se sont concentrés sur les produits technologiques

Dans leur viseur, les robots, des produits semi-finis, des produits médicaux également. Il y a même des produits que les Américains n’ont jamais importés de Chine comme les satellites. Les produits bon marché comme les jouets que les américains ont pris l’habitude d’importer de Chine ne sont pas du tout ciblés par ces mesures. Ce qui affole l’administration Trump, ce n’est pas la Chine d’hier et d’aujourd’hui, mais bien celle de demain, celle qui veut rivaliser avec les Etats-Unis avec une forte montée en gamme de son industrie. La protection de la propriété intellectuelle est l’obsession de Donald Trump. Il estime qu’elle est constamment bafouée par les entreprises chinoises. La liste établie par l’administration américaine est donc très politique, mais avec un impact économique relativement faible sur l’économie chinoise. Car pour le moment les Américains importent très peu de ces nouveaux produits finis chinois.

Les Américains ne sont pas les seuls à se plaindre du détournement de la propriété intellectuelle.

Le transfert technologique est un sacrifice que les Chinois ont l’art d’imposer plus ou moins subtilement et toujours fermement aux entreprises souhaitant s’implanter chez eux. C’est un problème réel estime Jean-François Dufour, c’est un dilemme auquel sont confrontés les entreprises fascinées attirées par ce marché hors norme, mais croire que la guerre commerciale ramènera les Chinois à des pratiques plus ouvertes est une erreur. Car « la Chine fondamentalement n’a pas envie de changer » assure ce bon connaisseur du pays. Elle veut à tout prix réduire sa dépendance technologique, perçue comme une vulnérabilité. Le plan Made in China 2025 a été programmé pour parvenir à cette auto suffisance. On voit mal comment des droits de douane pourraient stopper sa route.

En bref

Washington envisage de sanctionner des oligarques russes, dont des proches du président Vladimir Poutine. Ces mesures pourraient être annoncées aujourd’hui. Elles sont imposées au nom de la loi dite contre les adversaires de l’Amérique, elle a été votée pour punir la Russie pour l’annexion de l’Ukraine, sa participation à la guerre en Syrie et son ingérence supposée dans l’élection présidentielle de 2016.

Hervé Falciani, le lanceur d’alerte à l’origine des Swissleaks a été arrêté hier en Espagne, à la demande des autorités helvètes. L’ancien informaticien a été condamné à 5 ans de prison en Suisse pour espionnage économique. En divulguant les fichiers de la banque HSBC il a permis à des journalistes de mettre en évidence le vaste système d’évasion fiscale.


La Chine et les États-Unis, deux puissances protectionnistes

Pour Christian Harbulot, directeur de l'école de guerre économique, les États-Unis et la Chine sont deux puissances protectionnistes qui se renvoient leurs contradictions. Notamment en ce qui concerne les lois anti-trust, qui devraient affecter les géants du net américains.

La Chine (...) s'avère une économie qui ne fonctionne pas avec les règles qu'on imagine, et qui commence à nous poser de très sérieux problèmes. Parce que c'est un pays protectionniste, mais qui nous renvoie à la figure nos propres contradictions.
Christian Harbulot, directeur de l'école de guerre économique 05/04/2018 - par Claire Fages Écouter

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