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L'agenda culture Afrique du 1er au 7 avril 2018

Par Magali Lagrange

Où sortir la semaine prochaine ? L’agenda culturel africain avec Anne Bocandé, rédactrice en chef d’Africultures. En Tunisie, projection du film Voices from Kasserine (Les voix de Kasserine), accompagné d’un débat.

Le film sera projeté mardi soir à Tunis et les réalisateurs seront présents pour discuter du film avec le public. Kasserine c’est une ville qui est située dans le centre de la Tunisie, et c’est de là qu’est parti notamment la révolution qui a renversé le régime dictatorial de Ben Ali début 2011.

Les réalisateurs, la politologue tunisienne Olfa Lamloum et le documentariste franco-libanais Michel Tabel sont allés à la rencontre des habitants de cet espace frontalier de l’Algérie, quelques années après la révolution. Une révolution qui de cette partie du pays partait de fortes contestations sociales et économiques.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Le film propose plusieurs portraits, des voix qui se croisent de jeunes diplômés chômeurs, d’agriculteurs, d’artistes, de militants. Un document important pour comprendre la Tunisie aujourd’hui à partir d’espaces qui se sentent toujours relégués et dont les conditions de vie ne se sont pas nécessairement améliorées ces dernières années. Quels sont aussi leurs rêves, leurs aspirations dans ce temps politique de transition ?

Côte d'Ivoire : 5e édition d'AbiJazz à Abidjan

Pour les amateurs de jazz, jeudi 5 avril, c’est à Abidjan que ça se passe pour la 5e édition d'AbiJazz. Le concept est simple : des artistes ivoiriens, des professionnels du jazz interprètent des morceaux de personnalités historiques de ce courant musical. Et jeudi, pour la 5e édition, ce sont deux femmes qui sont à l’honneur.

D’abord Ella Fitzgerald, « the First Lady of song », une chanteuse américaine qui a commencé sa carrière solo dans années 1940, qui s’est produite avec des personnalités comme Louis Amstrong et Franck Sinatra.

Et l’autre grande dame du jazz dont les artistes ivoiriens interpréteront des morceaux de son répertoire jeudi, c’est Nina Simone, elle aussi américaine. Eunice Kathleen Waymon de son vrai nom a, elle, débuté plutôt à la fin des années 1950. C’était une grande pianiste, elle a enregistré plus de 50 albums. Et est aussi très connu pour sa lutte pour les droits civiques alors qu’on en en pleine ségrégation raciale aux États-Unis.

Certaines de ses chansons seront d’ailleurs censurées ou boycottées. À commencer par Mississippi Goddam, un titre fort écrit suite à plusieurs assassinats racistes perpétrés par... le Ku Klux Klan. Nina Simone écrit alors ce texte fort que reprendront peut-être les artistes ivoiriens jeudi à Abidjan…

Sénégal : Sahad and the Nataal Patchwork dévoile son nouveau pour les 60 ans de l'indépendance du pays

Mercredi 4 avril, Sahad et son groupe composé de 6 musiciens, dont le répertoire oscille entre afrobeat, jazz, rock, nous donnent rendez-vous pour la sortie de leur tout nouveau clip. Le clip d’un deuxième titre, Dipendaa (Indépendance en wolof), tiré de leur premier album Jiw.

Pourquoi mercredi ? Le 4 avril 1958, il y a 60 ans, le Sénégal déclarait son indépendance et cette date signait alors la fin officielle de la colonisation française qui s’est instaurée à partir de l’installation des Européens, en Afrique de l’Ouest, dès le XVIIe siècle.

60 ans plus tard, Sahad et son groupe, avec le titre Dipendaa, s’interrogent sur ce que signifie vraiment cette indépendance. Ils imaginent un dialogue en 1958 entre les positionnements de De Gaulle, alors président de la République française, Senghor, futur président de la République du Sénégal, et le professeur, historien Cheick Anta Diop.

Et 60 ans plus tard, le Sénégal est-il réellement indépendant de l’ancien colonisateur en matière économique, diplomatique, culturelle ? « [La France] cette puissance coloniale qui a déstructuré notre système social », entend-on en wolof dans le titre Dipendaa de Sahad and the Nataal Patchwork.

Mais plutôt qu’une vaine dénonciation, ce titre est aussi une feuille de route politique avec au cœur de la lutte pour l’indépendance, la connaissance de l’histoire et la réappropriation de la narration. Il est question « d’une indépendance au niveau des langues, des programmes scolaires dans les écoles, de la monnaie, et de la culture ». Question donc d’« indépendance intellectuelle et culturelle ».

Peut-être écouterez-vous alors ce titre comme bande-son de l’essai « Afrotopia », qui propose également des axes de réflexions autour des indépendances culturelles et intellectuelles. Il est écrit par l’écrivain et professeur Felwine Sarr, qui est par ailleurs l’un des frères de Sahad.

Rendez-vous également sur la page Facebook du groupe, mercredi 4 avril pour la sortie du clip, dont le teaser nous fait voir déjà beaucoup de symboliques, dont celles des tirailleurs sénégalais, ces soldats qui ont combattu pour la France dans les deux guerres mondiales.