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Chronique des Matières Premières
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Le coton impliqué dans la guerre américaine de l'acier

Par Claire Fages

La menace de Donald Trump sur l'acier et l'aluminium importés aux Etats-Unis suscite des réactions dans les pays qui comptent sur le marché mondial de ces métaux. L'Union européenne dit vouloir bloquer certains produits agricoles américains, les cacahuètes ou le jus d'orange. De son côté, la Turquie menace le coton américain.

La Turquie s’en prend au coton américain, pour contrer les menaces américaines sur son acier. La Turquie est le huitième producteur d’acier au monde derrière l’Allemagne. Elle a exporté l’an dernier pour plus d’un milliard de dollars d’acier turc aux États-Unis, dont elle est le sixième fournisseur. L’industrie turque a donc poussé les hauts cris à l’annonce des 25 % de taxes de Donald Trump.

Le conseiller économique du président Erdogan s’est fendu d’une tribune dans le Daily Sabah, pour s’indigner des importations de coton américain. Elles pèsent autant dans la balance. « Pourquoi importons-nous près d’un milliard de dollars de coton américain par an ? », fait-il mine de s’étonner, « alors que nous avons en Turquie une production de coton qui a décru et une consommation qui n’a fait que croître ».

Taxe sur le coton américain : un risque pour l’industrie turque

Importer du coton américain a longtemps été très intéressant pour la Turquie. Un coton de qualité régulière et sans surprise pour lequel Washington garantissait des délais de paiement très généreux aux importateurs turcs, alors que l’industrie turque dévorait le coton et se changeait en atelier textile haut de gamme pour l’Europe.

Aujourd’hui que les relations se tendent avec Washington, Ankara menace de taxer le coton américain. Des droits antidumping sont déjà appliqués depuis l’an dernier, mais ils sont très faibles: 3 %. Aller au-delà ? « Cela va se retourner contre la Turquie, juge l’expert du textile Anne-Laure Linget, cela risque de désorganiser toute l’industrie textile turque », déjà en perte de vitesse sur le marché européen. « La clientèle européenne est devenue frileuse » depuis la répression politico-économique qui a suivi le coup d’État manqué.

Se tourner vers le coton du Mali ?

Dans la presse turque, le conseiller d’Erdogan jure que la Turquie va redynamiser sa propre production de coton et « soutenir... la production du Mali par exemple », dans le cadre de l’initiative africaine de la Turquie. « Jusqu’à présent, les achats turcs de coton africain sont restés limités, explique Gérald Estur, spécialiste du marché du coton, le fret étant moins intéressant que vers l’Asie, qui renvoie ses conteneurs chargés de marchandises ».

Il sera tout de même difficile à la Turquie de se passer du coton américain qui représente la moitié de ses achats de fibre. La Syrie n’est plus un fournisseur de coton, pour le reste, la Turquie se fournit un peu en Grèce, au Brésil et au Turkménistan.

Le coton américain, lui, trouvera des débouchés ailleurs. Le coton made in America est un argument de vente des pays asiatiques qui exportent des vêtements aux États-Unis.

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