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Donald Trump va-t-il précipiter la guerre commerciale?

Par Dominique Baillard

En annonçant une hausse massive des droits de douane, +25%sur l’acier et +10% sur l’aluminium, Donald Trump a déclenché la colère de ses partenaires commerciaux, tous sur le sentier de la guerre ce lundi matin.

Les conseillers de la Maison Blanche ont jeté de l'huile sur le feu dimanche : il n’y aura pas de passe-droits pour les alliés traditionnels des États-Unis. En attendant la publication des mesures concrètes attendue mercredi, ces alliés victimes de ce nouveau mur protectionniste se préparent à la riposte. Le Canada est en première ligne, 90% de ses exportations sidérurgiques sont destinés à son voisin.

Les autres fournisseurs des États-Unis, la Corée du Sud, le Mexique, le Brésil veulent eux aussi en découdre. Tout comme les Européens très offensifs. En représailles, le président de la commission veut cibler les Harley Davidson, les jeans Levi’s ou encore le bourbon. En réaction, Donald Trump menace maintenant de sanctionner les voitures allemandes.

Faut-il prendre au sérieux cette escalade verbale ?

L'acier européen ne sera pas directement touché par la hausse des tarifs douaniers, le sidérurgiste allemand Thyssenkrup tout comme Arcelor Mittal sont peu exposés, car ils fournissent le marché américain avec leurs usines américaines. Mais très vite, ils risquent d'être noyés en Europe par les surplus qui ne trouveront plus preneurs aux États-Unis. D'où la réaction rapide et forte de Bruxelles.

Ces échanges musclés démontrent à quel point une posture protectionniste sur un segment bien précis peut rapidement dégénérer en une guerre totale, dévastatrice pour tout le monde. L'acier ne représente que 2% du commerce mondial et en voulant protéger la sidérurgie américaine Trump prend le risque de pénaliser le textile, l'automobile ou l'agroalimentaire.

Les exportations chinoises d'acier souffriront de ces tarifs douaniers ?

Seulement 2% des importations américaines d’acier et d'aluminium proviennent de Chine. Les producteurs chinois vont tout simplement rediriger leurs exportations vers d’autres pays, comme le redoute l'Europe. En clair, la crise de l’acier provoquée par les surplus chinois va empirer partout dans le monde. Sauf aux États-Unis.

La guerre déclenchée par Donald Trump pour punir le coupable rate donc complètement sa cible. Cela explique en partie la réaction modérée de la Chine. Pékin redoute les réactions américaines sur des sujets beaucoup plus sensibles que l'acier. D’abord sur ses exportations de produits finis, qui alimentent les excédents chinois et les déficits américains. Ensuite, sur ses investissements sur le sol américain qui pourraient être compliqués à l'avenir, l'administration Trump travaille aussi sur ce dossier.

La croisade de Donald Trump va-t-elle vraiment sauver l'acier américain et ses emplois ?

Ces barrières douanières vont soutenir les aciéries de taille moyenne. Soit environ 200 000 emplois. Mais elles vont affecter toutes les industries qui consomment de l’acier : de Boeing en passant par l’automobile ou l'industrie de la bière qui vend sa marchandise en canette. Ce groupe des industries gourmandes d’acier et d’alu pèse 6 millions 500 000 emplois. Sans qu’on puisse dire avec certitude qu’il y aura des coupes sombres dans la masse salariale. Pour limiter leurs pertes, les industriels vont commencer par répercuter la hausse sur le consommateur américain. Lui aussi est à ajouter à la longue liste des victimes de cette guerre commerciale.

En bref,

La Chine maintient son objectif de croissance à 6,5% pour 2018, d'après le discours que le Premier ministre va prononcer avant l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire. La priorité cette année est de s'attaquer au désendettement du pays. Tout en épargnant les dépenses militaires, elles vont encore augmenter fortement cette année, +8% cette année pour l'armée.

En France, la chaîne privée TF1 perdrait des téléspectateurs dans son bras de fer avec ses distributeurs : depuis que Canal a coupé toutes les chaînes du groupe TF1 pour les clients de sa box, les audiences de ses programmes phares, The Voice et le journal de 20h seraient fortement pénalisées. TF1 exige que ses distributeurs comme Canal, Orange ou Free paient dorénavant très cher pour la diffusion de ses chaînes. Le bras de fer dure depuis deux ans.

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