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Le Brexit toujours en discussion

Par Julien Lagache

Nouvelle étape dans le Brexit. Le négociateur en chef de l’Union européenne a présenté une ébauche juridique du traité de retrait du Royaume-Uni de l’Union. Il y est notamment question de la frontière irlandaise. La Première ministre britannique, Theresa May, s’est montrée très hostile à la proposition qui consisterait à maintenir l’Irlande du Nord alignée sur des réglementations européennes pour éviter le retour d’une frontière physique avec la République d’Irlande.

Le gouvernement irlandais est partagé entre surprise et agacement. Après la publication de cette ébauche du traité, il a affirmé qu’il n’y avait rien de neuf par rapport à ce qui avait été mis par écrit et accepté par les Britanniques en décembre dernier, lorsque Londres et les 27 se sont entendus sur les grands principes de leur séparation. A l’époque, la République d’Irlande avait déjà bataillé plusieurs mois pour obtenir des garanties de Londres sur l’absence du retour d’une frontière physique avec l’Irlande du Nord. Ce projet d’accord traduit simplement cela en langage juridique.  

Un projet vu d’un mauvais œil par Theresa May

Bien que Theresa May estime que cette option menace l’intégrité du Royaume-Uni, le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, a rappelé que ce scénario n’est que l’option C. A Dublin, on espère beaucoup que lors des discussions de la phase 2 du Brexit, à propos des futures relations commerciales, que Londres et Bruxelles parviendront à négocier un partenariat de grande proximité qui permettrait une continuité de circulation des biens sur toute l’île ou, à défaut, la mise en place de contrôle minime par des moyens technologiques. Ce n’est que si aucune de ces pistes ne fonctionne que l’option C sera envisagée.

Pour certains ministres britanniques eurosceptiques, cela ressemble à une annexion de l’Irlande du Nord par l’UE. Mais pour les Irlandais, c’est un engagement qui avait été consenti par défaut, un filet de sécurité pour s’assurer d’une absence de frontière. Pour éviter cette option, il faut un accord de libre-échange poussé avec l’Europe, mais les Irlandais estiment que les dissensions au sein du gouvernement britannique entre les tenants d’un Brexit dur et les partisans d’un divorce en douceur rendent cette piste incertaine. Quant à imaginer une frontière intelligente, technologique, quasi invisible, le principe est acté, mais les Irlandais et beaucoup d’experts restent sceptiques.
Londres n’est pas au diapason avec ses voisins irlandais

Ce n’est pas un hasard si Dublin demande régulièrement des rapports et des études sur tous les scénarios possibles en cas de rupture brutale de l’Union avec la Grande-Bretagne, une sorte de crash test. D’autant qu’il ne reste plus qu’un an avant le terme officiel des négociations qui n’avancent pas vite. Face à cette fenêtre de tir qui se rétrécit, il y a de l’impatience et parfois des tensions.

Certains responsables britanniques n’apprécient pas que le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, leur dise : « le Brexit c’est vous, alors à vous de trouver des solutions ». En retour, ils l’accusent d’instrumentaliser la question de la frontière pour leur tordre le bras dans les négociations et les forcer à rester dans l’union douanière et le marché unique.

En réalité, Dublin attend des précisions concrètes sur l’avenir de la frontière parce que l’économie, voire la paix de l’île, peuvent en dépendre. Tandis que Londres préfère n’aborder les détails que dans la phase 2 des négociations où il aura plus de marge de manœuvre. Mais pour y parvenir, il faudra sans doute renégocier les termes de l’accord juridique de principe et le valider. Et là encore, on risque de voir un pas en avant, avant d’en voir un en arrière.

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