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Les Italiens ne ressentent pas encore les bénéfices de la reprise

Par Dominique Baillard

Cette semaine, toute l’Europe a les yeux tournés vers l’Italie où les élections de dimanche prochain pourraient porter au pouvoir des partis extrémistes, ouvertement anti-européens. Des partis qui séduisent de plus en plus une population encore très affectée par la crise.

Les Italiens sont fatigués. Leur économie se porte de mieux en mieux, les banques sont assainies et la croissance est revenue depuis bientôt trois ans. Mais elle demeure poussive comparée à celle des autres membres de la zone euro. Et donc bien insuffisante pour que chacun en ressente les bénéfices. Au rythme actuel, 1,5 % de croissance prévue pour cette année, il faudra encore 6 ans à l’Italie pour retrouver le niveau de son produit intérieur brut antérieur à 2008.

Cela explique en grande partie le désamour des Italiens avec l’Europe, une large majorité est toujours favorable à l’euro, mais selon le dernier baromètre d’Eurostat les Italiens sont devenus les moins enthousiastes de la classe euro. Ils considèrent de plus en plus que cette Europe censée les aider est plutôt le problème que la solution aux maux de leur économie.

Parmi ces maux, le chômage, il est en léger recul, mais il concerne encore un actif sur 10.

Avec le job act Matteo Renzi se vante d’avoir créé un million d’emplois, en omettant de signaler que 6 sur 10 sont à durée limitée. Sa réforme du marché du travail a été saluée par les chefs d’entreprise, elle a dopé l’emploi, mais ce n’est pas la solution au chômage. Pour créer de l’emploi, il faut de la demande, c’est-à-dire de la croissance.

Le corollaire de ce chômage qui demeure très élevé, ou de cet emploi précaire qui devient le quotidien des moins de 40 ans, c’est l’envolée de la pauvreté, 12 % de la population est en situation d’extrême pauvreté. C’est l’un des plus forts taux en Europe juste avant la Roumanie et la Lettonie.

Pour améliorer le quotidien des Italiens, Silvio Berlusconi promet un revenu de 1000 euros pour tous.

Soit 300 euros de plus que ce que promet le mouvement populiste 5 étoiles qui lui aussi a un revenu universel dans sa mallette de parti providentiel. En fait tous les partis en lice font de la surenchère. Le leader de Forza Italia, un possible vainqueur du scrutin avec l’alliance qu’il a formée avec la Ligue et le parti fasciste Fratella Italia fait aussi miroiter une forte baisse des impôts. Silvio Berlusconi veut introduire une flat tax, un taux unique de 23 % pour tous. Le parti démocrate n’est pas en reste, lui aussi prône des baisses d’impôts supplémentaires et de multiples cadeaux sectoriels aux étudiants ou aux retraités.

Le quotidien Corriere della Serra a fait l’addition : toutes ces promesses coûteraient 200 milliards d’euros par an.

Soit 10 % du budget annuel. Un niveau de dépense totalement irréaliste pour un pays qui doit déjà supporter une dette représentant 130 % du produit intérieur brut. Ces propositions électoralistes correspondent à de vrais problèmes sociaux, comme la pauvreté, à un vrai frein à la croissance comme l’imposition trop lourde, mais leur application est jugée peu crédible, incompatible avec un budget équilibré, en phase avec les règles européennes.

Des excès qui inquiètent les Européens.

La montée des partis extrémistes a d’abord suscité de la stupeur et de l’inquiétude à Bruxelles, mais d’après les sondages aucun parti ne sera en mesure d’appliquer son programme à la lettre. Ce risque étant écarté, certains rêvent même de voir l’actuel président du conseil, le démocrate Paolo Gentiloni, très apprécié des Italiens, reconduit pour un gouvernement intérimaire comme l’Italie en a le secret.

En bref,

En Allemagne les constructeurs automobiles retiennent leur souffle dans l’attente d’un verdict décisif pour l’avenir du diesel

La justice allemande doit décider si les villes de Stuttgart et Düsseldorf ont oui ou non le droit d’interdire la circulation aux véhicules diesel les plus anciens. Ces véhicules sont responsables des émissions excessives de carbone. Cette décision fera jurisprudence d’où la panique de l’industrie automobile, 9 millions de véhicules sont concernés, et deviendront de fait invendables en cas de décision favorable de la haute cour administrative allemande.

Les Français sont favorables à la réforme de la SNCF présentée hier par le Premier ministre.

Selon un sondage de l’institut Harris, près de 7 Français sur 10 souhaitent la fin du statut des cheminots et 54 % pensent que le gouvernement a raison de recourir aux ordonnances.

En réponse aux gilets jaunes, Emmanuel Macron cible les travailleurs modestes

France: aux «gilets jaunes», le gouvernement promet une «révolution culturelle»

En France, la colère face à la hausse des impôts et la création de nouvelles taxes