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Revue de presse française
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A la Une: le nouveau drame qui se joue en Syrie, dans la Ghouta Orientale

Par Frédéric Couteau

« La tragédie de la Ghouta » titre Le Monde, « l’horreur » renchérissent le gratuit CNews et la Charente Libre, évoquant le calvaire des quelque 400 000 civils menacés par les bombardements de l’armée syrienne et de ses alliés. « Bombes, missiles sol-sol, barils explosifs, le régime utilise toutes ses armes contre nous », témoigne dans Le Monde un docteur sur place. « Les gens sont terrés chez eux, dans tous les quartiers ça pue le sang, même les animaux ont disparu des rues » poursuit-il. Un autre médecin s’indigne des frappes visant les hôpitaux « Nous n’avons pas de problèmes avec les bombardements sur la ligne de front, mais il faut que le régime arrête de viser les infrastructures et les civils, il n’y a pas de combattants parmi les blessés que nous avons reçus. »

« Que fait le monde ? » déplore une habitante de la Ghouta. Le Figaro lui répond avec son titre en Une : « l’Occident impuissant face à la tragédie  ». Dans son éditorial, le quotidien conservateur analyse sans illusion l’initiative de la France qui veut imposer une trêve humanitaire via une résolution de l’ONU. « Moscou est le véritable arbitre du jeu en Syrie. Une "pause" peut s’inscrire momentanément dans la stratégie de Vladimir Poutine. Mais à terme, c’est bien le maître du Kremlin qui imposera sa volonté » conclut Le Figaro qui s’inquiète également du risque de confrontation turco-syrienne à Afrine, autre front du conflit. « Ankara maintient toutefois une forme de dialogue indirect avec Damas via les négociations d’Astana », explique la journaliste Delphine Minoui, « un deal sur le sort d’Afrine est donc possible ». L’Est républicain fait quant à lui part de son pessimisme « On croyait le pire derrière nous en Syrie. Grossière erreur ! ».

Mort de deux soldats de la Force Barkhane au Nord Mali

Le Dauphiné Libéré et Ouest France en font leur Une avec le même titre factuel et sobre : « deux soldats français tués au Mali ». Plusieurs autres titres de la presse quotidienne régionale y consacrent leur éditorial, à l’image du Républicain Lorrain pour qui ce drame sonne comme « un cruel rappel de la nécessité d’éradiquer les poches djihadistes à l’origine de bien des départs pour l’autre rive de la Méditerranée » ; « Mais la solution ne saurait être que militaire » selon l’Alsace, « Elle passe aussi par l’économie et par l’éducation ». L’Union de son côté déplore les problèmes logistiques de l’armée française au Sahel : « Ceux qui n’ont pas pris au sérieux les experts parlant d’une guerre de trente ans, et n’ont pas jugé prioritaire d’équiper des véhicules et de fournir des armements plus aboutis aux combattants de Barkhane doivent s’interroger d’urgence », tempête le quotidien.

Et l’on parle encore beaucoup de Laurent Wauquiez

« Et s’il faisait exploser la droite ? » s’interroge Sud-Ouest pour qui Les Républicains s’enfoncent dans la crise avec les propos polémiques de leur président. L’ancien ministre Dominique Bussereau a ainsi annoncé son départ du parti et d’autres pourraient suivre. Mais La Croix se pose la question : « où iront-ils ? », car selon le quotidien, « il n’est pas sûr qu’il existe à long terme un créneau électoral entre la majorité de centre et l’opposition de droite ».

D’où le silence prudent de la vice-présidente des Républicains, Virginie Calmels, longtemps proche d’Alain Juppé, très critiqué par Laurent Wauquiez. L’Opinion rapporte le tweet énigmatique qu’elle a posté mardi « la parole est d’argent et le silence est d’or », mais selon le quotidien « elle ne pourra pas rester silencieuse indéfiniment» et « sa prochaine prise de parole sera donc scrutée ». Notamment du côté de Bordeaux où des proches d’Alain Juppé avertissent « Elle a d’un côté un mentor et de l’autre un menteur, il va falloir qu’elle choisisse à un moment ». Pour les Dernières Nouvelles d’Alsace, Laurent Wauquiez a lui fait son choix : « Il entre en concurrence délibérée avec Marine Le Pen qui n’en demandait sûrement pas tant. Elle avait pour combat interne de repeindre l’enseigne du FN. Et voilà qu’on voudrait lui dynamiter son fonds de commerce. »

Marine Le Pen a fort à faire avec sa famille

« Le père, la nièce et l’ancien bras droit : à moins de 3 semaines du congrès du FN, Marine Le Pen ne maîtrise plus son actualité », explique Le Monde. Le bras droit c’est Florian Philippot qui a lancé son propre parti ; le père, Jean-Marie qui égratigne sa fille dans ses Mémoires et la nièce c’est Marion Maréchal-Le Pen, invitée à s’exprimer aujourd’hui devant le congrès de la droite conservatrice américaine près de Washington, congrès auquel assistera Donald Trump. « La jeune femme est celle qui a la cote aux États-Unis, en Italie et en Russie », souligne Libération, « là où Marine Le Pen n’a la cote nulle part, ni à l’étranger, ni dans son propre parti » « Après le parricide de Marine, rien de mieux que le ‘tataticide’ de Marion », ironise un proche de la patronne du FN cité par Libération. « Marion Maréchal Le Pen place ses pions et pose des jalons » rebondissent les Dernières Nouvelles d’Alsace, alors que la Charente Libre avertit : « ce qu’a fait Emmanuel Macron à la présidentielle, les soutiens de Marion Maréchal-Le Pen veulent l’appliquer aux appareils du FN et des Républicains, tous deux en pleine crise existentielle ».

Une sécession des Français

Dans le monde, la sécession des Français les plus aisés avec le reste de la société est faite. L’article s’appuie sur une note de la Fondation Jean Jaurès rédigée par le politologue Jérôme Fourquet. Selon lui, « le recul de la mixité sociale ronge le modèle républicain ». En trente ans, le fossé s’est creusé entre les classes, faute de lieux de brassage social. « Chacun vit sur son territoire, dans sa réserve, ignorant tout de l’autre » s’alarme le quotidien, prenant comme exemple la disparition des ouvriers et des employés vivant à Paris, alors que les cadres forment désormais près de la moitié de la population de la capitale. Même constat dans les écoles ou dans les partis politiques. Résultat, « une élite qui a de plus en plus de mal à appréhender la réalité concrète du pays. »

30 années de Jean-Pierre Pernaut

Le reportage de proximité, c’est un peu la marque de fabrique de Jean-Pierre Pernaut qui fête ses trente ans à la tête du journal de 13h de TF1, un record. « L’inoxydable », selon Le Figaro qui note que « malgré les années et les moqueries de certains, ses audiences ne faiblissent pas ». Le Parisien fait remémorer au présentateur son premier journal télévisé : « j’étais assez tendu, stressé, je ne savais pas si j’étais là pour 8 jours ou pour 3 ans, je n’avais même pas négocié mon salaire » se souvient Jean-Pierre Pernaut, qui depuis s’est rattrapé, on vous rassure.

« Les secrets de longévité de JPP », titre 20 Minutes. « Je n’ai pas de plan de carrière », explique-t-il « je n’ai jamais imaginé l’après-TF1 ». Et s’il y a malgré tout un après, ce ne sera pas la politique promet le journaliste, ni le théâtre même s’il a écrit deux pièces avec son épouse. Quoi alors ? Jean-Pierre Pernaut n’aime pas qu’on lui dise quoi faire ou quoi dire. Comme pour son journal, sa vie est « sans prompteur ».