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L’Egypte devient un débouché du gaz israélien

Par Claire Fages

C'est un retournement de la situation gazière en Méditerranée orientale : Israël va exporter du gaz vers l'Egypte, qui était autrefois un grand fournisseur de l'Etat hébreu. Un contrat de 12 milliards d'euros vient d'être signé entre un consortium israélo-américain et une société égyptienne pour exporter, sur au moins 10 ans, 64 milliards de m3 de gaz des gisements géants de Tamar et Leviathan.

Le commerce de l'énergie a ses raisons que parfois la géopolitique ignore... « Ce n'était pas évident politiquement pour l'Egypte, autrefois fournisseur d'Israël, de se mettre à importer du gaz israélien », estime Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques, après ce qui s'est passé autour de Jérusalem, étant donné la proximité d'Israël et de l'administration Trump. Etant donné également que l'Egypte aujourd'hui ne manque plus de gaz puisqu'elle dispose du gisement géant de Zohr.

Une sécurité supplémentaire pour l’Egypte

Mais il y avait un problème de calendrier pour la montée en puissance de la production égyptienne. « Le gaz israélien peut être livré dès 2019, il vient de tout près, il pourra fournir le secteur pétrochimique égyptien, il alimentera des centrales thermiques au gaz pour fabriquer de l'électricité », dont a fort besoin ce pays de 80 millions d'habitants. « L’apport gazier d’Israël est une sécurité supplémentaire pour l’Egypte », confirme Jean-Pierre Favennec, consultant et professeur à SciencePo, spécialiste de l’énergie.

Solution économique pour le gaz israélien

Israël de son côté se réjouit de ce contrat gazier « historique ». « Cela va rapporter des milliards dans les coffres de l'Etat », a même écrit Benyamin Netanyahu dans un communiqué. Le principal problème d'Israël, c'était de trouver un débouché pour ses immenses gisements gaziers de Leviathan et de Tamar - la population israélienne, même si la loi impose qu’elle soit prioritaire, n'est pas celle de l'Egypte. « Surtout il fallait trouver un débouché pas cher, souligne Philippe Sébille-Lopez, consultant chez Geopolia. Un petit gazoduc sous-marin vers l'Egypte n'est rien comparé aux projets vers Chypre, l'Europe ou la Turquie qui avaient été évoqués précédemment. »

Liquéfier le gaz en Egypte pour l’exporter

L'Egypte et Israël ont aussi un intérêt commun : « que le prix du gaz ne s'effondre pas, estime Thierry Bros, de l’Oxford Institute for Energy Studies. C'est un risque, tant on a fait de découvertes importantes en Méditerranée orientale depuis quelques années. Israël n'a pas d'installations de liquéfaction du gaz permettant d'expédier du GNL par bateau vers d'autres régions de consommation. L'Egypte si. Notamment à Damiette dans le delta du Nil, les installations qui s'étaient arrêtées faute de gaz au milieu des années 2000 redémarrent. Les projets d'unités flottantes de liquéfaction du gaz se multiplient. Avec le gisement géant de Zohr rapidement mis en production par l'Italien Eni, l'Egypte va non seulement redevenir une puissance gazière mais un véritable hub gazier, « elle pourra liquéfier du gaz égyptien et du gaz israélien et les expédier aux clients les plus offrants à l'autre bout du monde, comme le font déjà le Qatar, l'Australie et les Etats-Unis. »

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