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Chine-Etats-Unis: la guerre de l'acier relancée

Par Aabla Jounaïdi

L’administration américaine ouvre un nouveau front dans la guerre commerciale qui l’oppose à la Chine. Après les panneaux solaires, Washington envisage désormais de limiter l’importation d’aluminium et d’acier. Il s’agit selon le secrétariat américain au commerce de protéger la production nationale. Donald Trump doit décider d’ici avril quelle ampleur auront ces mesures. La Chine, premier fournisseur d’acier au monde, n’a pas tardé à réagir. Le ministère du commerce chinois a menacé de prendre les mesures qui s’imposent si Washington décidait de fermer le marché américain.

Pour le moment, ce ne sont que des pistes, mais cela peut aller très vite. Dès avril, Donald Trump peut décider que l’acier sera taxé jusqu’à 53% dans le scénario le plus extrême. En pleins congés du Nouvel An lunaire, le ministère du Commerce chinois a dénoncé ces mesures et promis de répliquer si elles entrent en vigueur. Pékin conteste en particulier l’argument de la « sécurité nationale » qui serait menacée par les exportations chinoises d’acier aux États-Unis. S’il s’agit de protéger l’industrie américaine de l’armement, alors que celle-ci a déjà recours exclusivement à la production locale d’acier, on ne voit pas en quoi la production chinoise serait une menace.

D’autant plus que les importations d’acier chinois aux États-Unis sont faibles, à peine 2 %. Néanmoins, depuis plusieurs semaines, le ton s’est nettement durci contre la Chine. Ces dernières annonces surviennent au moment où les États-Unis veulent inciter la Chine à être plus ferme avec la Corée du Nord. C’est donc bien l’arme commerciale qui est utilisée à des fins politiques.

A la Maison Blanche, les faucons sont à la manœuvre, Robert Lighthizer (représentant au commerce), Wilbur Ross (secrétaire au Commerce) et Peter Navarro (conseiller au commerce à la Maison Blanche) pour les nommer, veulent faire rendre gorge à Pékin sur le vol et le piratage de propriété intellectuelle d’entreprises américaines. Ils évoquent dans leur rapport des pertes équivalent à 1 000 milliards de dollars. Le président américain a prévenu que la facture pourrait être très salée.

La réplique chinoise

La Chine a déjà ouvert des dossiers contentieux auprès de l’OMC à propos des panneaux solaires. Mais les acteurs du marché américain ont d’autres raisons de s’inquiéter. La Chine est le deuxième partenaire commercial des États-Unis après l’Union européenne. Même si elle ouvre difficilement son marché, des groupes comme Boeing, Apple ou Intel font d’énormes bénéfices en Chine.

Evidemment, ces industriels n’ont pas pris le parti de Donald Trump dans cette bataille commerciale. De plus, le secteur agricole américain peut craindre les mesures de rétorsion notamment pour le soja et le maïs.

Après le décret américain contre les importations de panneaux solaires en janvier, Pékin avait lancé une enquête antidumping sur une céréale, le sorgho américain. La chine affirmait que le sorgho américain était vendu en dessous du prix du marché ce qui affecterait la production locale.

Enfin, et c’est fondamental, la Chine reste le premier détenteur étranger de la dette américaine avec plus de 1000 milliards de dollars en bons du Trésor américain. Ce qui est constitue aussi un levier de poids dans le cadre d’une guerre des monnaies qui reste encore virtuelle.

L’affrontement de deux géants mondiaux ne devrait pas laisser le reste du monde indemne

Le Canada devrait être exempté des taxes sur l’acier et l’aluminium si elles entrent en vigueur. Le Canada est le principal fournisseur d’acier pour l’industrie américaine. Le pays profite même d’un régime spécial. Mais en pleine renégociation sur l’Alena, accord de libre-échange qui le lie aux Etats-Unis, il se serait bien passé de cette confusion.

Du côté de l’Union européenne, on connaît bien les problèmes posés par la surabondance de l’acier chinois à bas coût et on a pris des mesures depuis longtemps afin de protéger les emplois.

L’UE reconnaît que la Chine tarde à réduire cette surabondance et peine à s’ouvrir aux investissements étrangers. Mais l’Europe estime que ces nouvelles taxes américaines sont un bien mauvais signal. L’enjeu pour l’UE, c’est de prendre le leadership dans la défense d’un modèle basé sur les accords de libre-échange transparents, réciproques avec les règles de l’OMC. Des règles qui n’ont jamais été aussi peu respectées au nom des intérêts nationaux.

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