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Revue de presse française
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A la Une: Le «petit nouveau» qui fait grand bruit

Par RFI

Avec Sébastien Duhamel,

Ebdo, c’est son nom. « Ebdo, le journal qui sort d’Hulot » lance Le Canard Enchainé dans un édito assassin. Le journal satirique se moque ici de « L’affaire Nicolas Hulot », sortie par l’Ebdo dans son 5e numéro, en date du 9 février. « Les fondateurs du nouveau magazine avaient prévenu : libres de toute attache publicitaire, ils allaient donner une leçon de journalisme, la démonstration a été éclair » peut-on lire… Le Canard Enchainé dénonce plus précisément le manque de sérieux de ses confrères, dont le scoop échapperait visiblement à quelques standards du journalisme, affirme-t-il. « La première accusation, celle d’harcèlement sexuel à la fondation Hulot il y a quelques années ne tient pas la route, la “harcelée, entre guillemets” a tout démenti, écrit le Canard. La seconde accusation, celle de viol ne serait pas plus solide, reposant sur une seule plainte, qu’Ebdo n’a même pas eue entre les mains », tacle l’édito. Et il poursuit : « une plainte, qui plus est, classée sans suite, déposée alors qu’il y avait prescription… “Toutes les conditions étant réunies pour que personne ne sache jamais ce qui s’est passé” », conclut le Canard avant de mettre en garde : « Tremblez kiosquiers, l’ouragan Ebdo revient en 6e semaine ! »

Ebdo est donc bien de retour. Et il est donc revenu également sur cette affaire pour se défendre et clarifier sa position… « Nous avions une information factuelle, la plainte pour viol d’une femme qui se débat avec cette histoire depuis vingt ans » explique l’Ebdo, et il continue : « nous avons entendu le témoignage de la femme concernée et de ses proches ». La femme en question étant Pascale Mitterand, petite-fille du défunt président, rappelant au passage que la procureure de Saint Malo leur donnera raison sur l’existence de cette plainte, Ebdo se défend enfin : « L’info vient heurter l’image publique, aussi dérangeante soit-elle, il nous semblait nécessaire de la publier ».

Dommage toutefois que le magazine ne prenne pas la peine de revenir sur la divulgation de la première accusation, démentie... Dommage, en tout cas, que l’image du nouveau magazine soit si vite entachée, car s’il s’agit du dernier-né de la presse, ses fondateurs et artisans eux ne sont pas nés de la dernière pluie, et font généralement bien leur travail, comme cette semaine avec le reportage sur Aulnay-sous-Bois, en détresse, et la rencontre avec la famille du jeune Théo qui subit encore aujourd’hui les conséquences médicales d’une interpellation bien trop musclée voilà un an.

Mais le mal est donc fait, l’image du magazine est tout de même ternie, et la polémique déclenchée.

« Faut-il tout balancer ? » S’interroge L’Obs en Une, en montrant Nicolas Hulot et d’autres personnalités impliquées dans différents dossiers de nature complètement différente… Le Point, lui, y va de son édito, je cite « Assoiffés de sang, la bête médiatique et la vile populace ont battu le haut du pavé, ces derniers temps, à la recherche de nouvelles personnalités accusées de viol » Le Point qui conclut « nous voilà maintenant dans l’ère de la suspicion et, considérée comme une perte de temps, la présomption d’innocence n’a plus lieu d’être…»

A noter que Marianne, pour sa part, n’est guère touchée par ce tapage. Le magazine préfère voler au secours de la fonction publique. « Fainéants, trop nombreux, pas rentables ? », s’interroge le magazine en minuscules. « NON, répond-il en majuscules, nos fonctionnaires sont formidables ! » S’ensuit un dossier de 10 pages pour tenter de le démontrer.

La France ne le savait pas, car le poste n’existe pas dans l’Hexagone, mais elle a un vice-président...

Et c’est Le Point qui nous le présente. « Le vice-président », c’est le titre affiché en Une, au-dessus de la photo de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, vue par l’hebdomadaire comme l’homme clé du macronisme. Pour l’anecdote, on se rappellera qu’en mai 2015, c’était L’Obs qui nommait une vice-présidente, en la personne de Ségolène Royal. Alors, comme elle, peut-être, un jour, Jean-Michel Blanquer aura-t-il la chance de devenir « envoyé spécial pour la mise en œuvre de l’alliance solaire internationale », ça l’avenir nous le dira.

Toujours est-il que cette semaine il a accordé un entretien-fleuve au Point. Mais avant de le livrer, l’hebdomadaire ne manque pas de dresser un portrait dithyrambique du locataire de la rue de Grenelle. Du passage à l’Emission Politique sur France 2 cette semaine, au conseiller anonyme d’Emmanuel Macron affirmant « Jean-Michel n’est pas qu’un technicien de l’éducation, c’est aussi quelqu’un qui la pense. » Le Point cite aussi les prédécesseurs, Jean-Pierre Chevènement qui analyse positivement l’aspect conservateur sous lequel on présente souvent Jean-Michel Blanquer. François Bayrou également qui l’assure sur un ton tout macronien : « Jean-Michel Blanquer est un homme de bon sens, or le bon sens n’est ni de droite de gauche ». Et l’entretien qui suit, naturellement, ne les fait pas mentir. Non, Jean-Michel Blanquer l’affirme, modeste, il n’a pas d’ambition politique, seulement celle de changer notre système éducatif. Il revient sur la réforme du bac qu’il entreprend, en se défendant bien d’être conservateur « je cherche à garder du passé ce qui marche et à changer ce qui ne marche pas » déclare-t-il avant de poursuivre : « peu importe que ce soit un héritage, de gauche ou de droite ».

Le Figaro Magazine, pour sa part, a visité la Russie cette semaine.

Nous, lecteurs, sommes privilégiés parce qu’il nous emmène « Dans les secrets du Kremlin » pour découvrir « comment Poutine gouverne ». Du moins c’est ce qu’annonce la Une, parce que non, il ne faut pas s’attendre en réalité à de grands secrets d’Etats. Et si secrets il doit y avoir, ce n’est plus vraiment au Kremlin, car le magazine nous explique en fait que le président russe, favori pour sa réélection en mars prochain, « gouverne de moins en moins depuis la célèbre forteresse de Moscou ». Il la délaisse au profit de sa luxueuse résidence, Botcharov Routcheï, située à Sotchi. 40 hectares sous le soleil qui baigne la mer Noire. Le Figaro Magazine s’amuse : « imaginez-vous, c’est “comme si la France devait s’habituer à ce qu’Emmanuel Macron gouverne depuis le fort de Brégançon” ». Sauf que pour la résidence de Sotchi, attention, les choses n’ont pas été faites à moitié comme le montre l’article : « une salle de sports, deux piscines, un spa, un pavillon de plage ».

« La France de Pernault » affiche le Figaro Magazine TV. On y voit le célèbre présentateur télé bras croisés, tout sourire et la promesse d’un entretien avec « l’homme qui prend chaque jour le pouls du pays ». Alors j’ai lu, et on apprend que le 22 février sur TF1, Jean-Pierre Pernault fêtera ses 30 ans à la tête du journal télévisé. « 36 ans de JT » précisera plus loin le principal intéressé, qui a pris le relais d’Yves Mourousi en 1988. En tout, 43 ans au sein de la maison TF1. « Et aujourd’hui encore, il est le patron des 13h, en rassemblant quotidiennement quelque 5,6 millions de téléspectateurs » rappelle le magazine. Alors, qu’on aime ou qu’on n’aime pas cette « télévision ultra-déformante, cette France des sabots et des forgerons » que montrent les journaux de Jean-Pierre Pernault, ça mérite bien un coup de chapeau !

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