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Chronique des médias
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Facebook a une ligne éditoriale

Par Amaury de Rochegonde

Facebook est de plus en plus au centre des critiques et semble réfléchir à ce qu’on appelle dans les médias une ligne éditoriale.

Selon un rapport publié mercredi par le Haut conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes, à la mi-2017, Facebook n’a supprimé que 11 % des contenus insultants ou menaçants pour les femmes ou constituant une forme de harcèlement moral ou sexuel. Certes, c’est mieux que YouTube qui n’a supprimé aucun de ces contenus, mais ce n’est tout de même pas satisfaisant pour une plateforme qui interdit : « les discours incitant à la haine et tout contenu qui attaque directement les personnes en raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle ».

Ainsi, de plus en plus le réseau social est pris à parti pour sa responsabilité d’hébergeur de contenus et sa modération aléatoire. Et il se rend compte qu’il ne peut plus se contenter de s’en laver les mains. Pendant longtemps, en effet, le raisonnement chez Facebook était le suivant : peu importe ce qui se partage chez nous, à condition bien sûr que cela ne relève pas du crime, et nous serons toujours gagnants du moment que cela reste chez nous. Et puis, voilà que les réseaux sociaux, et plus singulièrement Facebook, ont été mis en cause pendant la campagne électorale de 2016 pour leur rôle dans la propagation de fausses informations, les fameuses fake news.

Le 5 février, le fondateur Mark Zuckerberg a fait son mea culpa. « J’ai manqué des tendances importantes et réagi lentement à d’autres », a-t-il déclaré. Parmi ces manquements, il y a sans doute le fait que Facebook a privilégié les vidéos virales pour rendre accroc à sa plateforme, en renforçant l’usager dans ses propres opinions, fussent-elles délétères. Résultat, « nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social », avait déclaré en décembre un ancien vice-président de Facebook, parti il y a sept ans.

Après avoir cherché à s’appuyer sur les rédactions pour vérifier les faits, la plateforme a décidé en janvier de mettre en avant dans son fil d’actualité les contenus les moins clivants comme les infos locales ou celles partagées par des proches, au détriment des contenus publiés par les médias et les marques. Alors que le temps passé sur Facebook a baissé de 5% à la fin de l’année, Mark Zuckerberg a même appelé à une révision des hiérarchies pour rendre le temps sur Facebook plus précieux. Il faut, dit-il, « baisser la température sur les problèmes les plus clivants et se concentrer à la place sur les questions locales » favorisant « l’engagement citoyen », il faut « aider à nous connecter les uns les autres ». Une vision un rien messianique qui est aussi un propos, une ligne éditoriale, même si Facebook continue de se dire hébergeur et non-éditeur de média.