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Revue de presse française
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A la Une: paralysés par la neige...

Par Frédéric Couteau

« Pouvait-on éviter cela ? » : question posée en première page du Parisien, avec cette photo de véhicules coincés par la neige au sud de Paris. « Pourquoi 12 cm de neige suffisent-ils à bloquer l’Ile-de-France ? La question, invariablement, se pose quand les flocons ont la mauvaise idée de tomber à l’heure de pointe du soir et que les chasse-neige se retrouvent eux-mêmes… bloqués dans les bouchons. Comme à chaque fois, poursuit Le Parisien, les autorités doivent répondre aux mêmes doutes : les usagers ont-ils été suffisamment informés ? Les routes correctement dégagées ? "On ne pourra jamais empêcher la neige de tomber", résumait hier matin, fataliste, le porte-parole du ministre de l’Intérieur. "Et on ne peut pas la dégager avant qu’elle ne soit tombée au sol", ironise un ancien responsable de la direction des routes d’Ile-de-France. "Et puis on peut lancer toutes les alertes qu’on veut, on n’empêchera jamais des automobilistes de prendre leur voiture", soupire un prévisionniste. »

Finalement, relève La Nouvelle République du Centre-Ouest, « chaque épisode neigeux et glacé conduit au même fiasco et à un débat au sommet indéfiniment repris. "Il faut, y’a qu’à, la prochaine fois…" Dans cette cacophonie stérile nous retiendrons cette double suggestion émise par Mme Pécresse, pointe le journal, brièvement naufragée de la route mardi soir. La présidente de l’Ile-de-France invite d’abord à une réflexion sur le télétravail, alternative trop négligée. Elle souhaite d’autre part mieux mobiliser les réseaux sociaux. Quand les voitures n’avancent plus c’est l’information que l’on doit faire circuler. »

De toute façon, remarque Le Journal de la Haute-Marne, « un épisode climatique exceptionnel aura toujours des répercussions inévitables. L’expérience permet d’en atténuer l’impact, pas de le réduire à zéro. En Allemagne, souvent citée en pareil cas, pas question de circuler sur la neige sans pneus hiver. Mais quel gouvernement français oserait imposer cette mesure ? La seule solution réaliste, estime le quotidien champenois, serait un renforcement de l’information pratique, mail ou SMS. Encore faut-il éviter les excès : la dramatisation met une pression énorme sur les services de météorologie. Il y a fort à parier que les alertes rouges vont être déclenchées plus souvent que nécessaire. »

Corse : le niet de Macron

A la Une également, la fin de la visite en Corse d’Emmanuel Macron. Au final, le président a fait peu de concessions aux nationalistes corses…

« "La Corse est au cœur de la République !" Dès les premières minutes de son discours, hier à Bastia, Emmanuel Macron a douché les espoirs et les espérances des nationalistes corses, pointe en effet Paris-Normandie. Ces derniers ne se faisaient toutefois guère d’illusion : s’attendant à une fin de non-recevoir sur la plupart de leurs revendications. La co-officialité de la langue corse ? Non. Le bilinguisme reconnu et développé ? Oui. La mise en place d’un statut de résident de l’île de Beauté ? Non. La reconnaissance constitutionnelle de la Corse ? Oui. En clair, Macron a fait du Macron. »

Pouvait-on s’attendre à autre chose ? Non, répond La Voix du Nord. « En disant non à presque toutes les revendications des nationalistes corses, Emmanuel Macron a défendu l’intégrité de l’État dont il est le dépositaire. Les revendications qu’il a refusées sont autant de crans qui engageraient la Corse dans un processus irréversible de séparation. Si la porte constitutionnelle est la seule que le président ait laissé ouverte, c’est parce qu’il ne pouvait couper tous les ponts. C’est aussi un souci de cohérence. Emmanuel Macron a exhorté les Corses, et notamment les jeunes, à ne pas se replier sur une identité nostalgique, mais au contraire à ouvrir leur île sur la Méditerranée et son avenir. »

Et pourquoi pas un statut spécial ?

Libération, pour sa part, fait entendre sa différence… Pouvait-on s’attendre à autre chose ? Oui, répond le journal. « En Europe, la plupart des îles rattachées à telle ou telle nation de l’Union disposent d’un statut spécial, pointe Libération, qui va souvent bien au-delà des revendications présentées par les indépendantistes corses. La Sardaigne, la Sicile, les Baléares, Madère, les îles anglo-normandes, l’île de Man ou les Îles Féroé, en fonction de leur spécificité historique, bénéficient toutes d’une autonomie bien plus grande que la Corse. (…) Cela montre bien que l’uniformité jacobine, qui est en France une sorte de totem, est surtout une exception à l’échelle du continent, estime Libération. Pour l’instant, par une voie démocratique, après avoir déposé les armes et annoncé qu’ils répudiaient toute forme de violence, les indépendantistes corses, qui se gardent de réclamer l’indépendance, demandent seulement à se rapprocher de la norme de l’Union. Point de sécession dans ces projets, seulement l’exigence d’un avenir plus ouvert. »

Et Libération de s’interroger : « Qui peut croire que la République, en faisant droit à cette démarche, risque de se dissoudre ou de se démembrer ? Le reste est affaire de négociation. C’est la voie de la sagesse. »

Rigueur « nécessaire » ou « absurde » ?

Enfin, le dernier rapport de la Cour des comptes… et l’avertissement lancé à l’exécutif… « "Freinage tardif" des dépenses, amélioration "peu vraisemblable" de la situation des collectivités locales : les magistrats financiers de la rue Cambon, pointe Le Figaro, ne sont guère convaincus par le redressement des finances publiques annoncé par le chef de l’État. »

Commentaire du Figaro : « Comme le note la Cour des comptes, le gouvernement est loin d’avoir engagé le grand tour de vis indispensable au redressement des finances publiques. (…) A-t-on encore le choix ?, s’interroge le journal. La dépense publique absorbe aujourd’hui 55% de la richesse nationale, entretient une pression fiscale sans équivalent, tout en creusant en même temps les déficits et la dette… Avec un tel tableau, la rigueur que réclame à cor et à cri Didier Migaud ne relève d'aucun fétichisme comptable, mais du simple bon sens. »

Non, rétorque L’Humanité. « La rigueur prêtée à la Cour des comptes peut tourner à l’absurde. Quand bien même il lui arrive de signaler tel ou tel abus réel, de s’inquiéter d’une dérive financière sérieuse, le dogme, c’est la réduction de la dépense publique. Tout ce qui relève de l’action publique est pensé en termes de coût. Ce n’est pas le problème, estime le quotidien communiste. Ces coûts pourraient être assumés par une réforme démocratique de la fiscalité. La réalité, c’est qu’il s’agit d’ouvrir de nouveaux espaces au capital. »

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