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Le projet Flora Robotica

Par Dominique Desaunay

Un groupe de scientifiques européens s’est donné comme mission de redéfinir les liens qui nous unissent à la nature à l’aide de la technologie et du numérique. Le projet Flora Robotica financé par l’Union européenne cherche à mettre au point une symbiose totale entre des plantes et des robots. Ces « cyborg verts » seraient chargés de construire les habitations et les jardins de nos futures villes entièrement végétalisés.

« On devrait construire les villes à la campagne car l'air y est plus pur ». Cette citation attribuée à Alphonse Allais, journaliste et écrivain français de la Belle Epoque, célèbre pour sa plume acerbe et ses traits d’humour absurde, n'a jamais été autant d'actualité. Les liens de cause à effet, entre une végétation qui se raréfie en ville, la dégradation de qualité de l’air dans les cités et l’appauvrissement de la biodiversité dans notre monde ultra-urbanisé ne sont plus aujourd’hui à prouver, nous alertent constamment les experts qui étudient le changement climatique. En conséquence, il n’est plus temps de se prendre le chou ont décidé des chercheurs européens qui en avaient gros sur la patate devant l’imminence cette catastrophe écologique maintes fois annoncée. Ainsi est né le projet Flora Robotica, financé par l’Union européenne dans le cadre du plan Horizon 2020.

Le consortium est constitué de biologistes, d’ingénieurs, de mécaniciens, d’informaticiens et d’architectes. Il regroupe à la fois des universités, des centres de recherche et développement d’entreprises privées de Pologne, du Danemark, d’Allemagne et d’Autriche. Le projet a pour ambition de « robotiser » des plantes afin de remplacer à terme les architectures bétonnées de nos villes par des espaces de vie végétalisés auto-organisés. Les bio-ingénieurs de Flora Robotica ont déjà mis au point des machines capables de construire automatiquement des échafaudages pré-équipés de capteurs sur lesquels s’accrochent les plantes.

Ces dispositifs prennent en compte une multitude de données comme l’ensoleillement, la température, l’humidité et la fertilité des environnements. Des actionneurs de nutriments sont chargés de répondre aux besoins vitaux des végétaux. Ces assemblages sont alimentés par un système de collecte d’énergie constitué de panneaux solaires, de micro-éoliennes ou de piles à combustible microbiennes. L’ensemble est évidemment connecté par wifi à une plateforme de contrôle. Mais ce « jardin social connecté regroupant des humains, des plantes et des robots » n’est pas la seule finalité du projet, indiquent ses concepteurs sur le site web de Flora Robotica. Leur idée est de guider la croissance de ces structures architecturales à base de végétaux pour réaliser à terme des habitations. Ces bâtisseurs de verdure imaginent déjà des cités entières « cultivées » grâce à leurs robots-plantes dans lesquelles naîtront à l’abri de la pollution, dans des choux ou dans des roses, nos futurs arrières-arrières petits-enfants.

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